Allocution du Président Zine El Abidine Ben Ali, Président de la République Tunisienne à la 20e session ordinaire de la Conférence au Sommet du Conseil de la Ligue des Etats Arabes

mars 29, 2008

(Damas, 29-30 mars 2008)
Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
Excellence, Monsieur le Président Bachar Al-Assad,
Majestés,
Altesses,
Excellence, Monsieur le Secrétaire général de la Ligue des Etats arabes,
Honorables frères,
Il me plaît d’exprimer, tout d’abord, à mon frère, Son Excellence Le Président Bachar Al-Assad, mes
vifs remerciements et ma profonde reconnaissance pour l’accueil chaleureux et l’hospitalité
attentionnée qui nous ont été réservés depuis le moment où nous avons foulé le sol accueillant de ce
pays qui a été, au fil des âges, un pôle rayonnant de civilisation. Nous formons le souhait de voir le
peuple syrien frère jouir du progrès continu, de la dignité et de l’invulnérabilité constantes, sous la
conduite clairvoyante de son Président.
Tout en vous assurant de l’admiration que nous ont inspirée, depuis notre arrivée dans ce pays
combien accueillant, les indices patents de l’essor enregistré dans tous les domaines, nous tenons à
rendre hommage à Son Excellence, le Président Bachar El Assad, pour les efforts méritoires qu’il a
déployés en vue d’assurer les meilleures conditions à la réussite de nos présentes assises.
Il m’est tout aussi agréable d’exprimer ma considération et mes félicitations à notre frère, le Serviteur
des deux Saintes Mosquées, le Roi Abdallah Ibn Abdel Aziz, pour sa contribution efficiente, tout au
long de son mandat à la présidence de la précédente session de notre Conseil, à la dynamisation de
l’action arabe commune, à la défense des causes de notre Oummah et à la promotion de ses intérêts.
Mes remerciements s’adressent, en outre, à Son Excellence, Le Secrétaire général de la Ligue des
Etats arabes, M. Amr Moussa, pour les efforts intenses qu’il a déployés avec constance, à l’effet de
renforcer le rôle de la Ligue et de l’élever au niveau des aspirations de nos peuples.
Honorables frères,
Notre présent Sommet se tient dans une conjoncture régionale et internationale extrêmement
délicate, marquée par des défis majeurs et des enjeux immenses, qui nous commandent de faire
preuve de vigilance et nous imposent un surcroît de coordination et de concertation, afin
d’acquérir les aptitudes qui puissent nous aider à persévérer, à promouvoir nos potentialités, à
protéger nos intérêts et à garantir l’avenir de nos peuples.
Notre voeu est que puisse prévaloir dans les travaux de ce Sommet l’esprit de concorde et d’entente,
afin que nous puissions identifier les meilleures voies conduisant au règlement des questions
inscrites à notre ordre du jour. Nous formons également l’espoir de voir ce Sommet offrir une
nouvelle opportunité à l’unification de nos rangs et à la consolidation de la coopération, de la
complémentarité et de la solidarité entre nos peuples.
Nul doute que la cause palestinienne reste invariablement au premier rang de nos priorités, et la
source de notre profonde préoccupation, tout particulièrement en cette période délicate qui voit Israël
intensifier ses agressions contre le peuple palestinien frère, lui imposant un blocus oppressant et lui
causant des pertes sévères en vies humaines et en dégâts matériels, avec destruction systématique
des infrastructures.
La persistance d’une situation si tragique et si grave nous impose, à tous, de réaffirmer notre appui
constant au peuple palestinien et à sa cause juste, de renforcer le soutien politique et matériel que
nous lui apportons, et d’adopter une attitude énergique de solidarité, pour lui permettre de surmonter
cette épreuve, de recouvrer ses droits légitimes et de créer un Etat indépendant.
Nous renouvelons notre appel à la communauté internationale et tout particulièrement aux parties les
plus influentes, à oeuvrer à assurer au peuple palestinien la protection internationale requise, et d’agir
sans délai en vue de stopper le processus de colonisation, de mettre un terme aux punitions
collectives, aux pratiques agressives et aux politiques unilatérales, tant elles représentent une
dangereuse menace pour les efforts de paix dans la région.
Nous appelons, en outre, à faire concourir les efforts des diverses parties concernées, à la
dynamisation de l’option pacifique, au recours à la méthode du dialogue pour le règlement des
problèmes en suspens, et à la relance des pourparlers sur la base des référentiels internationaux, de
l’initiative arabe de paix et des résultats de la Conférence d’Annapolis, d’autant que la situation dans
la région ne peut plus supporter un surcroît de tension explosive.
Dans ce même contexte, nous réaffirmons notre solidarité avec la Syrie et le Liban, deux pays frères
auxquels nous apportons notre ferme soutien pour le recouvrement de leurs territoires usurpés et la
garantie d’une vie sûre et paisible.
Honorables frères,
Nous suivons attentivement la crise politique que traverse le Liban frère, et avons l’espoir de voir nos
frères libanais parvenir à surmonter cette épreuve, avec l’attachement que nous leur connaissons à la
notion de consensus et à l’unité nationale, afin de prémunir leur pays contre les risques de discorde et
de déchirement, et de garantir à leur peuple stabilité et invulnérabilité.
Nous réaffirmons, en outre, notre solidarité avec le peuple irakien frère, et espérons qu’il parviendra,
à bref délai, à recouvrer sa sécurité et à affermir sa souveraineté, pour pouvoir se consacrer à la
reconstruction de son pays, dans un contexte d’intégrité territoriale et d’unité nationale.
Quant au Soudan frère, il connaît actuellement, des développements politiques qui incitent à
l’optimisme et dont nous espérons qu’ils constitueront une étape positive sur le chemin de la
réconciliation nationale générale, et du raffermissement de la concorde et de la cohésion entre
l’ensemble de ses citoyens.
Honorables frères,
Les réalisations encourageantes que nous avons accomplies dans les domaines de la dynamisation de
l’action arabe commune et de la promotion du processus de développement et de modernisation de
nos pays, illustrent l’importance que nous attachons à la réalisation des objectifs que nous nous
sommes engagés, par les résolutions issues des Sommets de Tunis, Alger, Khartoum et Ryadh, à
atteindre. Elles confirment, également, notre volonté de poursuivre l’oeuvre de réforme et de
modernisation, en tenant compte des défis à relever et des paris à gagner.
C’est dans ce contexte que s’inscrit notre souci d’établir un plan pilote d’initiation aux principes des
droits de l’homme, pour la période 2009-2014, pour illustrer notre conviction quant à la nécessité de
diffuser la culture des droits de l’homme, d’en enraciner les principes et d’y initier nos sociétés
arabes, d’une manière qui soit en harmonie avec notre patrimoine culturel et civilisationnel et nos
nobles valeurs humaines.
Nous exprimons, en outre, l’optimisme que nous inspire le démarrage des activités du Conseil arabe
de paix et de sécurité, espérant qu’il saura poser un jalon supplémentaire sur la voie de la
consolidation de l’action arabe commune et de la consécration des fondements de la sécurité et de la
quiétude dans notre région.
Dans ce contexte, nous renouvelons notre appel à la communauté internationale afin qu’elle unisse
ses efforts dans la lutte contre le terrorisme, qui est devenu un péril transcontinental, portant atteinte
de manière flagrante à la souveraineté des Etats et à toutes les conventions et chartes onusiennes. La
Tunisie a joué un rôle précurseur en mettant en garde contre ce fléau et en préconisant d’y remédier
selon un processus préventif global, fondé essentiellement sur la nécessité d’en tarir les sources et
d’éliminer les conditions propices à son émergence et à sa propagation.
Nous avions, également, préconisé la convocation, sous les auspices des Nations Unies, d’une
Conférence internationale en vue d’établir une stratégie collective de lutte contre le terrorisme et la
mise au point, en la matière, d’un code de conduite engageant toutes les parties.
La Tunisie s’est toujours préoccupée de coopérer avec tous les pays frères et amis en vue de
raffermir les conditions de la sécurité, de la paix et de la solidarité dans le monde, de s’attacher à la
légalité internationale, de rechercher des solutions équitables et justes aux problèmes internationaux
en suspens, de promouvoir les valeurs et vertus universelles communes, et de jeter les ponts de la
communication, de l’entente et de la complémentarité entre les diverses civilisations, cultures et
religions.
C’est sur cette base que nous renouvelons notre appel en faveur de la consécration d’un dialogue
constructif avec autrui, un dialogue fait de consensus, de respect mutuel et de partenariat équilibré.
Nous réaffirmons, en outre, la nécessité pour nous de ne ménager aucun effort pour faire connaître
nos spécificités culturelles remarquables et nos apports majeurs à la civilisation universelle, et
élaborer un plan d’action efficace aux plans intellectuel et médiatique, en vue de corriger les idées
erronées propagées sur notre culture et notre civilisation et de contrecarrer les mensonges et les
diffamations qui prennent pour cibles les symboles et les composantes sacrées des religions.
Honorables frères,
La dynamisation du système panarabe d’action économique et sociale est de nature à nous inciter à
hâter la recherche de formules propres à aplanir les obstacles qui empêchent la concrétisation de
l’intégration et de la complémentarité entre les économies de nos pays, à accélérer la mise en place
du marché arabe commun et à coopérer de manière fructueuse pour améliorer notre compétitivité
face aux blocs économiques régionaux et internationaux.
Nous nous félicitons, dans ce contexte, de la tenue du Sommet économique et social arabe que le
Koweit frère abritera au début de l’année prochaine, et qui constituera, nous l’espérons, une étape
marquante sur la voie de l’instauration d’un partenariat solidaire et durable de développement qui
contribue à la réalisation de la prospérité et de l’invulnérabilité de nos pays.
Devant la révolution envahissante que notre monde connaît, aujourd’hui, dans les domaines de la
science et surtout des technologies de la communication et de l’information, nous renouvelons notre
appel en faveur de l’assimilation des connaissances et des sciences modernes, de la diffusion de la
culture numérique dans nos pays et de l’initiation accrue de nos sociétés à l’économie du savoir.
L’Organisation arabe des technologies de la communication et de l’information, dont les activités ont
démarré à la fin de l’année écoulée, constitue un apport essentiel aux efforts intenses que nous
déployons pour nous adapter à l’évolution de la connaissance et des sciences et de réduire le fossé
numérique qui nous sépare des pays développés.
Pour conclure, nous formulons le souhait que nos présentes assises réussissent à adopter des
décisions et des recommandations qui puissent contribuer au renforcement de l’action arabe
commune et au raffermissement des relations de coopération et de complémentarité entre nos pays,
dans le sens des aspirations de nos peuples et qui soient à la mesure des divers défis auxquels nous
sommes confrontés.
Je tiens, enfin, à remercier, une fois de plus, Son Excellence le Président Bachar Al-Assad pour
l’hospitalité qu’il nous a réservée et pour le souci d’assurer les meilleures conditions au déroulement
de nos travaux, à lui souhaiter la pleine réussite durant son mandat à la présidence de la vingtième
session de notre Conseil, et à former mes voeux de voir ces assises réussir à concrétiser les objectifs
pour lesquels elles se sont tenues.
Merci de votre attention.

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Sarkozy conclut sa tournée africaine

février 29, 2008

Vendredi 29 février 2008

sarkozy-afrique-m.jpg La tournée de Nicolas Sarkozy en Afrique du Sud a été marquée par l’annonce d’une redéfinition de la politique militaire française en Afrique. Les explications de Jean-Bernard Cadier.

Nicolas Sarkozy a officiellement achevé vendredi une visite d’Etat en Afrique du Sud, où il a exposé sa « nouvelle politique africaine » et installé sa nouvelle épouse dans son rôle de « première dame ».

Tout au long de sa visite, le président français s’est appuyé sur l’exemple de l’Afrique du Sud, première puissance économique du continent Africain 18 ans après l’abolition des lois d’apartheid en 1990, où la France espère notamment vendre ses réacteurs nucléaires de nouvelle génération (EPR).

« Quand je vois ce qui se passe au Zimbabwe et quand je vois ce qui se passe en Afrique du Sud, je me dis que l’exemple à suivre c’est quand même celui de l’Afrique du Sud », a-t-il dit à des journalistes à Johannesburg.

« Je ne veux pas opposer l’Afrique anglophone et l’Afrique francophone », a-t-il poursuivi. « Il y a l’Afrique dans son ensemble (…), ce milliard d’habitants qui doit espérer, qui doit croire en l’avenir, qui doit croire en la réconciliation, qui doit croire dans le développement. »

Au lendemain d’une étape de quelques heures au Tchad, un des pays de la « Françafrique », il a plaidé jeudi au Cap, devant le Parlement sud-africain, pour une « refondation » des relations franco-africaines et annoncé notamment la renégociation des accords de défense de la France avec huit pays africain.

Il a souligné qu’il avait choisi à dessein d’évoquer cette nouvelle politique dans un pays non francophone « pour montrer que la France a vocation à rayonner sur tout le continent ».

Quant à la renégociation des accords de défense avec les pays de la « Françafrique », elle ne signifie nullement un désengagement de la France, a-t-il expliqué à la communauté française de Johannesburg.

« Bien au contraire. La France va s’engager d’autant plus qu’elle aura eu le courage de lever le malentendu », a-t-il ajouté. « Il y a des pays qui souhaiteront qu’on reste avec une présence militaire, on restera. Il y en a d’autres qui souhaiteront qu’on évolue. Eh bien on évoluera. »

« La France a vocation à être en Afrique pas simplement par ses armées (mais) par sa culture, par sa langue, par son savoir faire économique, par l’investissement qu’elle va faire dans la formation des élites africaines, par la définition d’une nouvelle politique de l’immigration », a-t-il fait valoir.

Le message du chef de l’Etat français semble avoir été beaucoup mieux reçu en Afrique du Sud que lors de son voyage au Sénégal et au Gabon, en juillet dernier.

Il est vrai que dans son discours de jeudi au Parlement sud-africain, il s’est abstenu de reprendre les thèmes les plus controversés de son discours de Dakar sur « l’homme africain », qui n’était pas, selon lui « assez entré dans l’histoire ».

MEA CULPA ?

Salué par le président Thabo Mbeki – qui ne semble pas lui avoir tenu rigueur d’avoir confondu les All Blacks néo-zélandais et les Springboks sud-africains champions du monde de rugby en 2007 – le discours du Cap l’a aussi été par le président du principal parti au pouvoir en Afrique du Sud, l’African national congress (ANC), à l’issue d’une rencontre avec Nicolas Sarkozy.

« Je soutiens la position du Président Nicolas Sarkozy », a déclaré vendredi Jacob Zuma à des journalistes à l’issue d’un entretien avec le président français. « Il a soulevé un point très important : on ne peut pas envisager les relations entre l’Europe et l’Afrique avec le vieil état d’esprit colonial. »

Jacob Zuma brigue la succession de Thabo Mbeki, dont il est un grand rival, mais des soupçons de corruption et de fraude fiscale relayés par ses adversaires, pèsent sur lui.

La presse sud-africaine retenait aussi le projet de « refondation » des relations franco-africaines dans ses gros titres. « Sarkozy déclare une nouvelle ère dans les relations franco-africaines », titrait ainsi le « Cape Times ».

Nicolas Sarkozy a rejeté toute idée de reniement de son discours de Dakar, qui avait irrité la plupart des responsables africains – sauf Thabo Mbeki – mais esquissé un mea culpa.

Le discours du Cap est « le complément de celui de Dakar », a-t-il dit. « Mais sans doute que c’était de ma faute si le discours de Dakar n’a pas été immédiatement compris. » Ce voyage était aussi le premier déplacement officiel hors de France de Carla Bruni-Sarkozy.

Mercredi à N’Djamena, la chanteuse et ancienne mannequin d’origine italienne a rencontré la femme d’un opposant tchadien disparu et dîné avec plusieurs centaines de militaires français.

Au Cap, elle a visité dans un bidonville le siège d’une organisation non gouvernementale et accompagné Nicolas Sarkozy lors de la visite d’un centre de traitement du sida. Vendredi, elle a visité avec le chef de l’Etat la prison de Robben Island, où furent emprisonnés les principaux dirigeants du mouvement anti-apartheid, dont Nelson Mandela.

« A travers le monde entier, Nelson Mandela représente un espoir pour l’humanité. C’est un homme qui, après 28 ans de prison, dit qu’il faut pardonner à ceux qui l’ont oppressé », a expliqué le président après une visite à l’ancien président sud-africain. « Avec Carla, nous avons voulu venir à Johannesburg pour le rencontrer. »

Carla Bruni-Sarkozy a dit qu’elle envisageait d’accompagner son mari dans d’autres voyages. « J’espère pouvoir m’engager dans l’humanitaire. Il m’aide beaucoup pour cela », a-t-elle confié.

L’Elysée a fait savoir que « l’avion de la présidence de la République » avait décollé pour Paris en fin d’après midi mais sans préciser si le couple présientiel était à bord. En début de semaine, les autorités sud-africaines affirmaient que Nicolas et Carla Sarkozy prolongeraient leur visite officielle par une visite privée, ce que l’Elysée n’a pas confirmé.


Jean Bosco Talla : J’enquêtais sur les châteaux de Zoétélé

février 19, 2008
 
Click to jump to 'Mutations'YAOUNDE – 19 FEVRIER 2008
© Mutations
Le directeur de publication du Front explique la mésaventure à l’origine d’une plainte de Polycarpe Abah Abah contre lui.
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La presse vous a annoncé interpellé à Zoétélé. Que vous est-il arrivé ?

Après la publication de la liste des 64 présumés délinquants économiques par Le Messager, La Nouvelle Expression et Le Jour, notre rédaction s’est posée la question de savoir selon quels critères les noms de personnalités étaient insérés. On s’est dit qu’il doit y avoir des indices visibles. C’est ainsi qu’en janvier nous nous sommes interrogés sur les maisons de ces personnalités qui donnent à penser : Ondo Ndong, Polycarpe Abah Abah, Gilles Roger Belinga, Rémy Ze Meka… Comme il y en avait 64, nous avons promis une suite à nos lecteurs.

Mais certaines réactions après notre article de janvier estimaient qu’en ne mentionnant pas une villa construite à 100m d’une autre à Odza[banlieue chic de Yaoundé), nous protégions quelqu’un qui nous manipulerait et qui serait d’ailleurs en train d’édifier un château à Zoétélé. Cette cité était donc un site fertile d’observation.

Que s’est-il donc passé ?

Le mardi 12 février, une dame nous a demandé de rebrousser chemin, non loin d’une barrière sur la route, parce que nous étions sur une voie privée, mais on apercevait au loin la maison de Polycarpe Abah Abah. Sur le chemin du retour, un homme nous a invité à venir dans son boukarou pour converser et nous nous sommes retrouvés, le moto-taxi et moi, au milieu d’une meute menaçante de gens qui disaient que je devais être lynché si j’étais un journaliste. Je me suis alors présenté comme un étudiant mais ils ont arraché téléphone et dictaphone avant de me ramener en ville et me remettre aux gendarmes.

Que vous ont dit les gendarmes ?

Le commandant de compagnie qui passait par là m’a d’abord reçu gentiment avant de demander mon arrestation, après une conversation au téléphone avec un interlocuteur inconnu, ainsi que celle du stagiaire qui m’attendait en ville et qui est venu me retrouver. Vers 21h45, on est venu me faire sortir. On m’a passé des menottes et bandé les yeux avant d’éteindre toutes les lumières. On m’a alors expliqué qu’on me ramenait à Bafoussam, mais vers 1h du matin, je me suis retrouvé à Douala, à la légion de gendarmerie. Les gendarmes m’ont ensuite transporté à la brigade de gendarmerie du port nord. Un capitaine a exigé que l’on m’amène ailleurs après avoir signalé mon passage. Je me retrouve donc à la gendarmerie dite de la base maritime pour un même scénario, puis on retourne à Zoétélé. Où les gendarmes me demandent comment ont-ils fait pour me laisser en vie… Pendant trois jours, je n’avais pas pu manger et je ne savais pas ce qu’on me reprochait.

Et que vous reprochait-on ?

C’est jeudi, trois jours après, que le commandant de brigade de Zoétélé m’a appris, alors que je lui signalais que je ne savais pas pourquoi j’avais été arrêté et violenté, qu’une plainte avait été déposée contre moi par Polycarpe Abah Abah pour violation de domicile et tentative de vol aggravé. J’ai alors été présenté au procureur de la République qui m’a convoqué ce jeudi.

Pourquoi vos collègues ont-ils pointé un doigt accusateur vers le ministre de la Défense Rémy Ze Meka ?

La connexion avec lui peut être appréciée avec le kidnapping vers Douala. Ça doit être la Sémil (Sécurité militaire). Sinon, je ne comprends pas pourquoi je me suis retrouvé à Douala.

Jean Baptiste Ketchateng

Traitement : La presse fait chorus sur l’affaire J-B Talla

L’arrestation du directeur de publication du Front vue par la presse camerounaise.

Jeudi prochain, Jean Bosco Talla, le directeur de publication délégué du journal Le Front sera entendu par le procureur de la République près des tribunaux de grande instance du Dja et Lobo à Sangmélima. C’est ce que révèle l’édition d’hier du quotidien Le Jour. Avec ce rendez-vous, l’on espère que la lumière sera faite sur une affaire qui fait les choux gras de la presse d’ici et d’ailleurs depuis la semaine dernière. C’est le dimanche 10 février dernier alors qu’il enquêtait sur le patrimoine de certaines personnalités originaires de l’arrondissement de Zoétélé que Jean Bosco Talla et son reporter Hervé Kémété ont été arrêtés par des gendarmes. Comme le souligne Mutations du 13 février dernier et reprenant les propos de Peter William Mandio, le propriétaire du titre Le Front,  » Ils s’y étaient rendus pour des reportages. Il se trouve que de hauts commis de l’Etat sont originaires de cette partie du pays et qu’ils y ont construits de nombreux châteaux « .

Parlant de commis de l’Etat, il se trouve que ces derniers ont pour identité Polycarpe Abah Abah, ancien ministre de l’économie et des finances et Rémy Ze Meka l’actuel ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense qui auraient, aux dires de Claude Tadjon dans Le Jour d’hier, déjà déposé des plaintes pour tentative de cambriolage, violation de domicile et espionnage. Dans le même article, Me Togué, l’avocat de Jean Bosco Talla, déclare que son client bénéficie d’un « élargissement provisoire  » depuis le 13 février avant d’ajouter que « Jeudi prochain, lorsqu’il sera présenté au procureur de la République, on sera fixé sur son inculpation ou pas ».

Selon le site internet http://www.actuphoto.com,  » le directeur délégué du Front et le journaliste (Hervé Kémété) ont ensuite été présentés au procureur de la République de Zoétélé, le 12 février vers 17 heures. Ils ont ensuite été transférés au commissariat du port, à Douala, où il ont été détenus pendant deux jours « . Des péripéties qui ont finalement débouché sur une libération provisoire. Une liberté qui intervient selon Le Messager après leur arrestation à Zoétélé et leur incarcération probable à Douala, puis à Yaoundé. Non sans expliquer que : « Le travail du Front se situe dans la perspective d’une contribution des médias à la lutte contre la corruption et, surtout, le détournement de fonds publics. Que le directeur délégué du Front soit interpellé dans ce cadre, conforte les journalistes de cette publication sur le fait que le pouvoir cherche à écraser la presse afin qu’elle se taise sur les détournements opérés sur le dos des citoyens. Actuellement, les reporters du Front redoutent une perquisition du siège de leur journal, voire de leurs domiciles respectifs.

Ils interpellent les forces vives du pays afin qu’elles ouvrent les yeux sur les cas abus commis sur les reporters qui ne demandent qu’à faire leur travail.  » En rappel,  » Jean Bosco Talla, enseignant, a pris depuis deux mois la direction du Front. Habitué des enquêtes anti-corruption au sein de la société civile, le directeur de la publication de ce journal qui avait pris le parti d’être un franc-tireur sur la scène médiatique pour lui donner une  » nouvelle identité  » « , souligne le quotidien Mutations du 13 février sous la plume de Jean-Baptiste Kétchateng.

Parfait Tabapsi


Quel avenir pour l’audiovisuel public français? s’interroge la FEJ à la veille de la journée d’action

février 12, 2008

12 février 2008
[English version below]

La Fédération européenne des journalistes, le groupe européen de la Fédération internationale des journalistes, s’est déclarée préoccupée aujourd’hui par les incertitudes qui planent sur l’avenir de l’audiovisuel public français et qui motivent la journée d’action prévue le 13 février.

« On nous promet une télévision sans publicité mais aussi sans fournir de garanties de financement alternatif, ce qui constitue un grave danger pour la survie de l’audiovisuel public » a déclaré le Président de la FEJ Arne König.

Les syndicats des journalistes français dont quatre sont membres de la FEJ, représentant les 16000 employés de l’audiovisuel public (Radio France, RFI, France Télévisions, TV5), ont lancé un mouvement d’action suite à la décision inattendue et unilatérale du Président de la République de remettre en cause le système actuel de financement du service public de l’audiovisuel. Cette décision, prise sans consulter les professionnels du secteur, menace les emplois, la nature et la mission même du service public.

L’intersyndicale appelle l’ensemble des salariés des entreprises du groupe public à une manifestation unitaire le 13 février 2008 à 14h. Un blog a également été créé à cette fin : http://cmatelepublique.blogspot.com

« Nous ne contestons pas le fait que l’absence de pression commerciale puisse contribuer à plus de qualité ou plus d’indépendance des programmes, comme c’est le cas dans certains pays d’Europe, mais la décision ne comporte ni consultation ni stratégie, ce qui est inacceptable » a déclaré M. König.

L’Intersyndicale, qui a rencontré les conseillers du Président de la République ce matin même, rappelle que ce projet entraîne un manque à gagner de plus de 800 millions d’euros et s’émeut de projets de «privatisation» de France 3, dont les décrochages régionaux pourraient être transférés à la presse régionale.

La FEJ rappelle que la BBC, qui représente la référence en matière d’audiovisuel public dans le monde, connait également en ce moment un bras de fer avec les syndicats pour un plan de restructuration mettant en jeu plus de 3000 emplois.

Pour plus d’informations: +32 2 235 22 15
La FEJ représente plus de 250000 journalistes dans plus de 30 pays d’Europe

Summary in English :

EFJ Fears for Future of French Public Broadcasting as Journalists Prepare Day of Action

The European Federation of Journalists (EFJ), the European group of the International Federation of Journalists, today said it fears for the future of public brodcasting in France and supported the Day of action organised tomorrow to protest President Sarkozy’s plan to strip the broadcaster of commercial revenue.

“Advertising will be removed but there is no guarantee of alternative sources of funding, which is a great danger for the survival of public broadcasting” said EFJ Chair Arne König.

Following the unexpected announcement from French President Nicolas Sarkozy that commercial incomes would be suppressed in public brodcasting, journalists’ unions called for a day of action to take place tomorrow 13 February. Journalists want to defend the public service mission and the 16000 jobs at their broadcasters.

Sarkozy’s sudden decision was made without any consultation with journalists or their unions and his new plan does not offer any proposal to compensate for the €850 million commercial income that French public broadcasters currently receive. Today unions representatives met with the advisors of the French President and raised their concerns that to deal with the steep loss in revenue, the government may privatise of local channels, which some government officials have said could be one way to solve budgetary problems.

The EFJ condemned the unilateral approach of the French President and said that the fight of unions in public broadcasting is not just a French problem. In the UK, a struggle is going on between unions and management at the BBC as a restructuring plan at the public broadcaster is putting 3000 jobs at risk.

For more information contact the EFJ at +32 2 235 22 15
The EFJ represents over 250,000 journalists in over 30 countries in Europe


IFJ Appeals to Microsoft as Russia Uses Anti-Piracy Campaign as a Cover for Media Intimidation

février 9, 2008

Media Release
8 February 2008
The International Federation of Journalists (IFJ) today called on Microsoft Corporation to reach a deal with Russian journalists over copyright issues following a blitz of lawsuits by the government, which is targeting independent media outlets.

“Under the pretence of concern over piracy issues the government is waging a new campaign to silence its media critics,” said Aidan White, IFJ General Secretary. “The government is using legitimate concerns over copyright protection to justify a new assault on press freedom.”

The IFJ says that piracy is endemic in Russia, where more than 90 per cent of Russian media use unlicensed software. In a largely undeveloped media market many outlets cannot afford software licenses, so the IFJ’s affiliate the Russian Union of Journalists (RUJ) has begun negotiations with Microsoft to agree a new system that will allow the poorest media operations either to get initial licensees for free or have access to heavily-discounted licenses.

The talks come as the authorities have initiated 20 criminal cases against journalists and several media outlets including Novaya Gazeta in Samara, the Tollyatinskoye Obozrenie and other independent media.

Software piracy is costing Microsoft more than $150,000,000 a year, the RUJ estimates. The union says that providing the poorest 3500 media outlets with free software for 35,000 computers and introducing a three-year discount arrangement for other media would make software access affordable and would help the company to claw back much lost revenue.

The IFJ has written to Microsoft Chief Executive Steve Ballmer supporting the RUJ’s appeal for a quick decision to approve this arrangement and to have it put into immediate effect.

“This deal is win-win for journalism and for Microsoft,” said White. “Microsoft will increase its revenue, protect its licensed software and will also help media fight off the unwelcome attentions of authorities who have an agenda that is more about targeting troublesome journalists than about ending the scandal of copyright piracy.”

For more information contact the IFJ at + 32 2 235 2207
The IFJ represents over 600,000 journalists in 120 countries worldwide


KENYA : VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME, le HCR ENQUÊTE

février 7, 2008

 New York, Feb  6 2008

Louise Arbour, la Haut Commissaire aux droits de l’homme, va déployer à partir d’aujourd’hui une mission d’enquête au Kenya, avec l’accord des autorités, afin de recueillir informations et témoignages sur les graves violations des droits de l’homme qui auraient été commises dans le pays ces dernières semaines.
« La vérité et la responsabilité revêtent une importance critique pour mettre fin aux violences et prévenir de futures violations des droits de l’homme », a affirmé Louise Arbour, selon un <« http://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/media.aspx« >communiqué publié aujourd’hui à Genève.
La mission, qui travaillera pendant une période initiale de trois semaines, cherchera à recueillir directement des informations auprès des victimes et des témoins des violations, des responsables du gouvernement, des représentants de l’opposition, ainsi qu’auprès de la société civile et de la Commission nationale des droits de l’homme.
Les conclusions de l’enquête devront inclure des recommandations pour la création de mécanismes de suivi des responsabilités qui seront rendues publiques par la Haut Commissaire.


MUTILATIONS GÉNITALES :3 MILLIONS DE FILLES EXPOSÉES CHAQUE ANNÉE

février 7, 2008

UNFPA : New York, Feb  6 2008

A l’occasion de la Journée internationale contre la mutilation/coupure génitale féminine, le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) appelle à un engagement plus ferme à mettre fin à ces pratiques, dont souffrent entre 130 et 140 millions de femmes et de filles dans le monde.
« Nous invitons les dirigeants à prendre des mesures pour mettre fin à la mutilation génitale féminine, conformément à la résolution adoptée l’an dernier par le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) », a déclaré Thoraya Ahmed Obaid, la Directrice exécutive de l’UNFPA, dans un message transmis aujourd’hui.
En mars 2007, le CEDAW a adopté le texte « Mettre fin à la mutilation génitale féminine », qui avait été présenté par l’Afrique du Sud au nom du Groupe africain.
« Dans cette résolution, les États ont réaffirmé que la mutilation génitale féminine violait les droits des femmes et des filles. Ils ont déclaré que cette pratique constituait une atteinte irréparable, irréversible à leur intégrité physique », a rappelé Thoraya Obaid.
Malgré les atteintes à la santé sexuelle, reproductive ainsi que psychique que représente cette pratique, le Fonds pour la population estime qu’entre 100 à 140 millions de femmes et de filles dans le monde entier l’ont subie, et qu’environ trois millions de filles courent chaque année le risque de la subir.
Thoraya Obaid a demandé d’urgence un « redoublement des efforts » pour arrêter la pratique sous toutes ses formes.
« Nous exhortons tous les décideurs, à tous les niveaux, à assumer un rôle de pointe dans la réalisation de cet objectif », a-t-elle lancé, en invitant les gouvernements à mettre au point des politiques efficaces pour éliminer la mutilation génitale féminine.
« Nous invitons les dirigeants nationaux et communautaires à soutenir l’élaboration de programmes de prévention et d’éducation qui tiennent compte des croyances et réalités locales », a-t-elle ajouté en rappelant que cette pratique est encore couramment pratiquée dans au moins 17 pays.