Reporter Sans Frontière : Bilan 2007

janvier 3, 2008

 






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NIGER: 100è jour de détention pour Moussa Kaka

janvier 3, 2008

Français / English


Reporters sans frontières
Communiqué de presse

28 décembre 2007

NIGER

100è jour de détention pour Moussa Kaka : Reporters sans frontières réitère sa solidarité avec son correspondant incarcéré

A l’occasion du centième jour de détention de Moussa Kaka, le 29 décembre 2007, Reporters sans frontières exprime de nouveau sa solidarité avec son correspondant au Niger, par ailleurs directeur de la station privée Radio Saraounia et correspondant de Radio France Internationale (RFI), inculpé dans le cadre d’une instruction pour « complicité d’atteinte à l’autorité de l’Etat ».

« Solidaires avec notre confrère, nous souhaitons commémorer ce centième jour de détention en lui adressant, une nouvelle fois, un message de soutien. Nous sommes toujours dans l’attente de la décision de la justice nigérienne, qui doit annoncer dans les semaines qui viennent si les écoutes téléphoniques qui ont servi à l’accuser sont légales ou non. Confiants dans l’issue de cette affaire, nous associons dans nos pensées Ibrahim Manzo Diallo, incarcéré à Agadez depuis le 9 octobre, dans le cadre d’une instruction similaire, et nous appelons à leur libération rapide », a déclaré l’organisation.

Moussa Kaka a été arrêté le 20 septembre 2007 et inculpé de « complicité de complot contre l’autorité de l’Etat ». Il lui est reproché d’avoir, au cours de contacts téléphoniques réguliers avec un chef de la rébellion touareg du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), fait preuve de « connivence » avec ce mouvement armé. Il risque la prison à vie. Fin novembre, le juge d’instruction en charge de l’affaire a décidé de déclarer illégales les écoutes téléphoniques versées au dossier, sur lesquelles l’accusation est fondée. Le procureur a fait appel de cette décision et la chambre d’accusation de la cour d’appel de Niamey doit désormais arbitrer l’affaire. Si cette dernière donnait raison à la défense de Moussa Kaka, celui-ci devrait être remis en liberté.

Ibrahim Manzo Diallo, directeur de publication du bimensuel privé Aïr Info, publié à Agadez (Nord), a été arrêté le 9 octobre 2007 et inculpé vingt jours plus tard « d’association de malfaiteurs » . Placé sous mandat de dépôt, il a été transféré à la prison civile d’Adagez. Son affaire est en cours d’instruction. Les autorités l’accusent d’avoir entretenu des rapports illégaux avec le MNJ, sur la base d’écoutes téléphoniques.

Deux journalistes français, Thomas Dandois et Pierre Creisson, en reportage au Niger pour la chaîne franco-allemande Arte, sont également incarcérés au Niger depuis le 17 décembre 2007. Ils ont été inculpés d' »atteinte à la sûreté de l’Etat » pour avoir tourné un « reportage illicite » sur le MNJ, selon le gouvernement. Ils étaient détenteurs d’un visa et d’une autorisation de tournage pour un reportage sur la grippe aviaire.


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NIGER

Message of support for Reporters Without Borders correspondent as he completes 100 days in detention

Reporters Without Borders reiterates its support for Moussa Kaka, director of privately-owned Radio Saraounia and Niger correspondent of both Radio France Internationale and Reporters Without Borders, on the eve of his 100th day in detention tomorrow on a charge of “complicity in a breach of state authority.”

“We would like to mark his 100th day in detention by sending him another message of solidarity,” the press freedom organisation said. “We are still awaiting a decision from the judicial authorities, who in the coming weeks are supposed to rule on the legality of the phone taps being used as evidence against him, and we trust the outcome will be favourable.”

Reporters Without Borders added: “Our thoughts also go out to Ibrahim Manzo Diallo, a newspaper editor held in Agadez since 9 October on a similar charge, and we urge the authorities to release both of them quickly.”

Kaka was arrested on 20 September and charged with “complicity in a conspiracy against the authority of the state” because the authorities claim that he showed that he was “in cahoots” with the Tuareg rebels of the Nigerien People’s Movement for Justice (MNJ) in the course of regular phone calls with one of the MNJ’s leaders. The charge carries the death penalty.

The investigating judge assigned to the case ruled at the end of November that the telephone taps on which the charge was based were illegal. The prosecutor appealed against this decision and the Niamey appeal court must now give a ruling on the issue. If it rules in Kaka’s favour, he ought to be freed.

Diallo, who is the editor of Aïr Info, a fortnightly based in the northern city of Agadez, was arrested on 9 October and was charged 20 days later with “criminal association” with the MNJ. The charge is also based on telephone taps. He is now being held in Agadez prison pending trial.

Two French journalists who went to Niger on assignment for the Franco-German TV station Arte, Thomas Dandois and Pierre Creisson, have been held on a charge of “breach of national security” since 17 December. The authorities claim they were making an “illicit report” about the MNJ. They had a visa and permission to do a report on bird flu.


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Leonard VINCENT
Bureau Afrique / Africa desk
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LIBERTE DE LA PRESSE : L’ANNEE 2007 EN CHIFFRES

janvier 3, 2008
Reporters sans frontières
Paris, le 2 janvier 2008
POUR DIFFUSION IMMEDIATE
(Plus de chiffres dans le PDF en pièce jointe)
LIBERTE DE LA PRESSE : L’ANNEE 2007 EN CHIFFRES
– 86 journalistes tués en 2007, une hausse de 244 % en cinq ans
– L’Irak, la Somalie et le Pakistan sont les pays les plus meurtriers
– Plus de 880 journalistes arrêtés en un an
– Plus de 2600 sites Internet et blogs fermés en un an
Les chiffres essentiels :
En 2007 :
86 journalistes tués
20 collaborateurs des médias tués
887 journalistes interpellés
67 enlevés
1511 agressés ou menacés
528 médias censurés
Et concernant Internet :
37 blogueurs interpellés
21 agressés
2676 sites fermés ou suspendus
A titre de comparaison, en 2006 :
– 85 journalistes tués
– 32 collaborateurs des médias tués
– 871 journalistes interpellés
– 56 enlevés 
– 1 472 agressés ou menacés
– 912 médias censurés
Le nombre de journalistes tués a augmenté de 244 % en cinq ans
Au moins 86 journalistes ont été tués dans le monde en 2007. Depuis 2002, ce nombre est en augmentation constante. En cinq ans, il est passé de 25 à 86, correspondant à une hausse de 244 %. Il faut remonter à 1994 pour trouver un chiffre plus élevé. Cette année-là, 103 journalistes avaient trouvé la mort dont près de la moitié pendant le génocide au Rwanda, près d’une vingtaine en Algérie, victimes de la guerre civile, et une dizaine en ex-Yougoslavie.
Plus de la moitié des journalistes tués en 2007 l’ont été en Irak.
La réaction de Reporters sans frontières :
« Aucun pays n’a jamais connu un aussi grand nombre de journalistes tués que l’Irak. Depuis l’invasion américaine, en mars 2003, au moins 207 professionnels des médias y ont été tués. Ni la guerre du Viêt-nam, ni le conflit dans l’ex-Yougoslavie, ni même les massacres en Algérie ou le génocide rwandais n’avaient fait autant de victimes parmi les professionnels de la presse. »
« Il faut absolument que les autorités irakiennes et américaines – qui elles-mêmes se sont rendus coupables de violences graves envers des journalistes –  prennent des mesures pour tenter de juguler cette violence. Les journalistes irakiens ne sont pas victimes de balles perdues, ils sont délibérément pris pour cibles par des groupes armés. Le gouvernement irakien ne peut pas mettre fin soudainement à la violence qui sévit dans le pays. Mais il peut, en revanche, adresser un signal fort aux assassins en faisant tout son possible pour les rechercher et les traduire en justice. »
« La Somalie et le Pakistan n’avaient pas compté autant de journalistes tués depuis plusieurs années. La Somalie continue de ressembler à un far-west où triomphe la seule loi du plus fort. Les médias y sont des cibles faciles. Au Pakistan, les journalistes sont pris entre les feux croisés de l’armée, des groupes islamistes et des organisations criminelles. Seule bonne nouvelle cette année, il n’y a pas eu de journalistes assassinés en raison de leur travail en Colombie. C’est la première fois depuis quinze ans. »
Tous les journalistes tués en Irak (47 victimes), à l’exception d’un reporter russe, étaient de nationalité irakienne. La plupart travaillaient pour des médias irakiens et ont été victimes d’assassinats ciblés. Le mobile est souvent difficile à établir avec précision, mais il est, chaque fois, lié au travail des victimes ou à la nature du média qui les emploie. Les groupes armés visent les journalistes des médias proches d’un courant religieux différent du leur et ceux qui collaborent avec les organes de presse étrangers ou financés par des fonds étrangers. 
Pour ne rien arranger, les autorités font preuve d’un immobilisme inquiétant. Le gouvernement irakien n’a, pour le moment, trouvé aucune réponse efficace à cette violence. L’une des rares propositions faites par les dirigeants du pays a été de permettre aux journalistes de s’armer à leur tour, pour pouvoir se défendre en cas d’attaque…
En Somalie (8 tués), une vague d’attentats inédite a ponctué l’une des années les plus meurtrières depuis dix ans, au cours de laquelle des insurgés islamistes ont harcelé les troupes du gouvernement de transition et de son allié éthiopien. Dans ce contexte, alors que la presse étrangère évite généralement de se rendre dans l’un des pays les plus dangereux du monde, les journalistes somaliens, en première ligne, ont été les victimes de la violence et de l’anarchie. 
La moitié des huit journalistes tués en 2007 ont été victimes d’assassinats ciblés, perpétrés par des tueurs à gages. Trois d’entre eux étaient des personnalités importantes du monde des médias, dont le cofondateur de Radio HornAfrik, un célèbre chroniqueur et le directeur du groupe de presse Shabelle Media. Depuis ces assassinats, la plupart des responsables de médias indépendants ont quitté le pays par crainte d’être les prochains sur la liste. Les journalistes de Mogadiscio craignent que leur ville ne devienne un « petit Bagdad ».
Au Pakistan (6 tués), les attentats-suicides et les violents combats entre l’armée et les islamistes expliquent en partie l’augmentation du nombre de journalistes tués en 2007. Muhammad Arif, de la chaîne Ary One World, est l’une des 133 victimes de l’attentat-suicide qui a visé l’opposante Benazir Bhutto, en octobre, à Karachi. En avril, un kamikaze qui voulait assassiner un ministre a tué 28 personnes dont Mehboob Khan, un jeune photographe free-lance.
En juin, c’est Noor Hakim, du quotidien en ourdou Pakistan et vice-président de l’Union des journalistes des zones tribales (TUJ), qui a été tué dans un attentat commis dans la zone tribale de Bajaur (Nord-Ouest). Javed Khan, cameraman de DM Digital TV, a été tué alors qu’il couvrait, en juillet, l’assaut sur la Mosquée rouge, à Islamabad, par les forces de sécurité.
Au Sri Lanka (3 tués), l’intensification des combats entre les forces de sécurité et les Tigres tamouls s’est accompagnée d’une sale guerre menée par les militaires et les paramilitaires contre les journalistes tamouls, notamment à Jaffna. En 2007 encore, le quotidien Uthayan a été particulièrement visé : un jeune journaliste a été assassiné et un secrétaire de rédaction a été kidnappé. Deux autres reporters ont été tués dans des zones contrôlées par le gouvernement.
En Erythrée (2 victimes), pays placé en dernière position du classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, un journaliste est mort en prison. Fessehaye Yohannes, dit « Joshua », l’une des plus grandes figures de la vie intellectuelle du pays, est mort en début d’année 2007, vraisemblablement en raison de conditions de détention extrêmement éprouvantes. Quelques mois plus tard, un autre journaliste, Paulos Kidane, est mort d’épuisement à quelques kilomètres de la frontière avec le Soudan, alors qu’il tentait de fuir son pays. Il n’avait pas supporté d’avoir été incarcéré et torturé l’année précédente.
Moins de collaborateurs de médias (« fixeurs », chauffeurs, traducteurs, techniciens, agents de sécurité, etc.) ont été tués en 2007 que l’année précédente (20 en 2007, contre 32 en 2006).
A la différence d’autres organisations, Reporters sans frontières ne prend en compte que les professionnels des médias dont elle est certaine que leur mort est liée à leur devoir d’informer. Plusieurs cas n’ont pas été comptabilisés, soit parce qu’ils sont encore en investigation, soit parce qu’ils ne relèvent pas du domaine de la liberté de la presse (mort accidentelle ou motivée par d’autres raisons que la profession de la victime).
Deux procès essentiels en 2008
Environ 90 % des assassinats de journalistes restent totalement ou partiellement impunis. Souvent, les gouvernements des pays dans lesquels des journalistes ont été tués parient sur le temps et l’oubli pour protéger les assassins de toute sanction. Reporters sans frontières lutte contre cette impunité en continuant de se mobiliser, année après année, sur des affaires passées. 
En 2007, l’organisation a ainsi dénoncé, neuf ans après les faits, le comportement scandaleux des autorités du Burkina Faso qui ont rendu un non-lieu dans l’enquête sur l’assassinat du journaliste Norbert Zongo alors qu’il existait des éléments accablants contre des éléments de la garde présidentielle. Elle a également condamné fermement les blocages dans l’enquête sur l’assassinat, en décembre 2004, de son correspondant Deyda Hydara, en Gambie. Là encore, la piste la plus sérieuse mène dans les couloirs du palais présidentiel.
Reporters sans frontières a également demandé l’élargissement du mandat du futur tribunal international pour le Liban à tous les assassinats commis dans le pays depuis 2004, dont ceux des journalistes Gébrane Tuéni et Samir Kassir, tués en 2005.
La réaction de Reporters sans frontières :
« La lutte contre l’impunité des assassins de journalistes est primordiale. Deux procès qui vont se tenir en 2008 sont essentiels. Celui des assassins de Hrant Dink, en Turquie, et celui des assassins d’Anna Politkovskaïa, en Russie. Ces deux crimes, commis aux portes de l’Europe, doivent être résolus de manière exemplaire. Les auteurs matériels comme les commanditaires doivent êtres sévèrement punis. De l’issue de ces deux procès dépend, en partie, l’avenir des journalistes, non seulement turcs et russes, mais également de tous ceux qui mènent des enquêtes sensibles dans des pays dangereux. »
Hrant Dink, directeur du magazine turco-arménien Agos, a été tué le 19 janvier 2007 dans une rue d’Istanbul. Vraisemblablement visé par des militants ultranationalistes turcs, le procès de ses assassins présumés, qui doit reprendre le 11 février 2008, devra établir toutes les responsabilités dans cette affaire et faire la lumière sur des complicités éventuelles au sein des forces de l’ordre. 
Le procès des assassins d’Anna Politkovskaïa est attendu avec impatience. En pleine année électorale – le scrutin présidentiel est prévu le 2 mars – la Russie doit mettre fin à la longue série d’assassinats de journalistes restés impunis. Dix-huit journalistes ont été tués depuis l’élection de Vladimir Poutine à  la présidence, en mars 2000. Anna Politkovskaïa est la dernière en date. Un seul de ces assassinats a été élucidé et ses responsables traduits en justice.
Plus de deux journalistes arrêtés chaque jour en 2007
Au 1er janvier 2008, 135 journalistes étaient emprisonnés dans le monde. Ce chiffre ne varie guère depuis quelques années. Les journalistes libérés sont aussitôt remplacés par de nouveaux détenus. Au total, 887 journalistes ont été privés de leur liberté au cours de l’année 2007. C’est au Pakistan que Reporters sans frontières a recensé le plus grand nombre de cas d’interpellations de journalistes : 195. Viennent ensuite Cuba, avec 55 arrestations et l’Iran, avec 54.
La réaction de Reporters sans frontières :
« Une trentaine de gouvernements dans le monde continuent de faire jeter en prison les journalistes qui les dérangent. Pour ces dirigeants d’un autre temps, l’emprisonnement reste la seule réponse aux critiques formulées par les hommes et les femmes de presse. Nous demandons la libération immédiate des 135 journalistes emprisonnés dans le monde. »
« A la menace des emprisonnements, il faut désormais ajouter celle des kidnappings. Le nombre de prises d’otages de journalistes a augmenté en 2007. En Irak et en Afghanistan, le kidnapping est devenu une pratique courante et plusieurs journalistes ont été exécutés par leurs ravisseurs. Les gouvernements doivent lutter contre ce phénomène en traduisant en justice les responsables de ces enlèvements. »
La Chine (33 journalistes emprisonnés) et Cuba (24) sont, depuis quatre ans maintenant, les deux plus grandes prisons du monde pour les professionnels de la presse. Les gouvernements de Pékin et de La Havane libèrent les journalistes au compte-gouttes, à la fin de leur peine. Et d’autres les remplacent aussitôt.
En Azerbaïdjan, sept nouveaux journalistes ont été arrêtés en 2007, portant à huit le nombre total de détenus. Cette situation, nouvelle dans le pays, reflète une vraie dégradation de la situation de la liberté de la presse et un durcissement des autorités envers les journalistes les plus critiques.
Aux 135 journalistes emprisonnés, il faut ajouter 65 cyberdissidents détenus pour s’être exprimés sur la Toile. La Chine conserve son leadership dans cette course à la répression avec 50 cyberdissidents derrière les barreaux. Huit autres sont en prison au Viêt-nam. En Egypte, le jeune internaute Kareem Amer a été condamné à quatre ans de réclusion pour avoir critiqué le chef de l’Etat sur son blog et dénoncé la mainmise des islamistes sur les universités du pays.
L’emprisonnement n’est pas le seul moyen de priver un journaliste de sa liberté. En 2007, au moins 67 professionnels des médias ont été kidnappés dans quinze pays. La zone la plus risquée reste l’Irak, où 25 journalistes ont été enlevés depuis le début de l’année 2007. Dix otages ont été exécutés par leurs ravisseurs. En Afghanistan, les deux collaborateurs du journaliste italien Daniele Mastrogiacomo, enlevés en mars 2007, ont été tués par leurs ravisseurs. Au Pakistan, cinq journalistes ont été kidnappés, dont certains par les forces de sécurité elles-mêmes, avant d’être relâchés sains et saufs.
Au moins 14 journalistes sont actuellement retenus en otages, tous en Irak.
Plus de 2600 sites et blogs censurés
Des gouvernements comme la Chine, la Birmanie ou la Syrie tentent de faire du Web un Intranet, un réseau limité aux seuls échanges à l’intérieur du pays, entre les personnes dûment autorisées. Au moins 2676 sites Internet ont été fermés ou suspendus dans le monde en 2007. La majorité de ces sites étaient des forums de discussion. 
La censure la plus forte a eu lieu avant et pendant le 17e Congrès du Parti communiste chinois. Quelque 2500 sites, blogs et forums ont été interdits en quelques semaines. La Syrie s’est également illustrée en bloquant plus d’une centaine de sites et de services Internet en fin d’année 2007. Le réseau social Facebook, le service d’e-mail Hotmail ainsi que le logiciel de téléphonie Skype, sont inaccessibles. Tous trois sont accusés par le gouvernement de Damas d’avoir été infiltrés par les services secrets israéliens.
En octobre 2007, pendant les manifestations des moines birmans, la junte militaire de Rangoon a tenté de tarir le flot d’informations qui sortaient du pays via Internet, en coupant purement et simplement l’accès à la Toile. Des sites critiques envers le régime, la censure s’est étendue à tous les moyens de communication : caméras, appareils photo, téléphones portables, etc.
La réaction de Reporters sans frontières :
« Dans certains pays, Internet est désormais autant censuré que la presse traditionnelle. La Chine est le plus grand censeur du Web sur la planète. La cyberpolice fait preuve d’un zèle inquiétant avant chaque événement politique d’ampleur. En 2007, c’est au cours des mois qui ont précédé l’ouverture du Congrès du Parti communiste chinois que les censeurs ont été les plus actifs. Environ 2500 sites et blogs, dont un grand nombre étaient de nature politique, ont été rendus inaccessibles. »
Demandes d’interviews :

Cédric Gervet
Chargé de communication / Communication officer
Reporters sans frontières
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Un journaliste de la province de Namibe condamné à 30 jours de prison pour avoir couvert une manifestation de vendeurs de rue

décembre 31, 2007
Reporters sans frontières
Communiqué de presse

31 décembre 2007

ANGOLA

Un journaliste de la province de Namibe condamné à 30 jours de prison pour avoir couvert une manifestation de vendeurs de rue

Reporters sans frontières proteste contre la condamnation à trente jours de prison d’Armando Chicoca, correspondant de la station privée Radio Ecclesia dans la province de Namibe (Sud-Ouest), après qu’il a été arrêté pendant une manifestation de vendeurs de rue.

« L’arrestation et la condamnation d’Armando Chicoca ont des allures de règlements de comptes des autorités locales avec un journaliste qui dérange. C’est pourquoi, à l’évidence, la justice n’a pas été rendue sereinement et de manière équitable. Il est important que l’appel interjeté par la défense soit examiné rapidement et que la justice reconnaisse que ce journaliste n’a rien à faire en prison », a déclaré l’organisation.

Le 28 décembre, le tribunal correctionnel de Namibe a condamné Armando Chicoca à trente jours de prison et au paiement de 17 000 kuanzas (environ 170 euros) de frais de justice pour « désobéissance à l’autorité de l’Etat ». L’accusation d’incitation à la révolte n’a pas été retenue. Le journaliste a fait appel du jugement, qui devrait être examiné par la Cour suprême.

Il avait été arrêté à proximité du Marché du 5 avril, le 22 décembre, alors qu’il recueillait les protestations de propriétaires d’échopes que la police locale était en train de détruire sans ménagement. Les autorités l’accusent d’avoir brisé le cordon de sécurité et d’avoir incité la population à jeter des pierres. Ce jour-là, les forces de l’ordre faisaient face à la colère des vendeurs de rue, qui avaient organisé des manifestations contre la décision du gouverneur de la province, Boavioda Neto, de démanteler les marchés sauvages et de contraindre les commerçants à s’installer dans un marché, jugé trop petit. La police a réprimé les manifestations.

Alors qu’il enregistrait des interviews de manifestants, le journaliste a été violemment pris à partie par la police, qui lui a confisqué son matériel de reportage et l’a conduit de force au commissariat. Transféré à la prison civile de Namibe, Armando Chicoca a été privé de visite jusqu’à son passage devant le tribunal, le 28 décembre. A la sortie du tribunal, le président de la Commission des droits de l’homme dans la région, le juriste Raul Mangueira, a déclaré qu’au cours du procès auquel il avait assisté, l’accusation de « désobéissance » n’avait pas été prouvée.

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ANGOLA

Provincial radio reporter gets 30 days for covering protest by street vendors

Reporters Without Borders condemns the 30-day prison sentence passed by a criminal court in the southwestern city of Namibe on 28 December on Armando Chicoca, the correspondent of privately-owned Radio Ecclesia, following his arrest during a demonstration by street vendors six days earlier.
 
“Chicoca’s arrest and conviction seem to have been a case of the authorities punishing a journalist who is a nuisance, rather justice being administered in a fair and proper manner,” the press freedom organisation said. “The appeal filed by the defence must be heard quickly and the judicial authorities must see that Chicoca has no place in jail.”
 
The court dismissed a charge of inciting revolt, but found Chicoca guilty of “disobeying state authority.” He was ordered to pay 17,000 kuanzas (170 euros) in court costs as well as getting a one-month sentence. His appeal is to be heard by the supreme court.
 
Chicoca was arrested near a market in Namibe on 22 December while interviewing the owners of stalls that were being demolished by the police. The authorities accused him of failing to respect a police security cordon and urging protesters to throw stones.
 
The protests were staged by street vendors objecting to an order issued by provincial governor Boavioda Neto on 10 December to dismantle unauthorised markets and force vendors to move to a new location which they say is too small. The police used force to disperse the demonstrators.
 
While conducting his interviews, Chicoca was grabbed by the police, his equipment was seized and he was escorted to a police station. From there he was taken to Namibe prison, where he was unable to see a lawyer until he appeared in court for the trial on 28 December.
 
Raul Mangueira, a lawyer who heads a regional human rights commission, said after attending the trial that the prosecution failed to produce evidence in support of the charge of disobeying state authority.

RSF: This release has been corrected to fix and clarify comments from EFJ Chair Arne König. A corrected version follows.

novembre 14, 2007

Media Release
12 November 2007

End Culture of “Government Snooping” on Media Says IFJ as Survey Backs Concern over Protection of Sources

The International Federation of Journalists (IFJ) and its regional group, the European Federation of Journalists, today warned of the increasing state interference in the media industry in Europe and around the word after a global study shows that many countries do not have adequate protection for journalists’ sources.

“We see a disturbing and unacceptable level of intrusion by government authorities in media content,” said IFJ General Secretary Aidan White. “Increasingly security services and police are trying to identify journalists’ sources. There is more evidence of systematic telephone tapping and much of this is carried out with the implementation of data retention laws under the pretext of the ‘war on terrorism’ or immigration policies.”

The study of protection of journalists’ sources, carried out by Privacy International, found that there is widespread legal recognition of the right around the world but in many places, including “democratic countries,” protection of sources is increasingly under threat.

About 100 countries have adopted laws on protection of sources, which allow journalists to keep promises to confidential sources that their identities will not be revealed, the study said. In many jurisdictions, however, protection is undermined by regular use of search warrants on media offices and journalists’ homes because few countries have specific legal protections on media-related searches. Protections are also weakened by the use of legal and illegal surveillance, the survey found.

The IFJ is seeing an increase in attacks on protection of sources and journalists’ right to work without government surveillance. In recent cases in the Netherlands, Denmark, Germany, Portugal and France journalists have been brought to court, fined or jailed for not revealing their sources.

Last week in Sweden, a country that has a reputation as a strong protector of confidential sources and journalists’ rights, police raided the offices of a TV station in Stockholm. The raid was staged to obtain a copy of a restaurant bill paid by a reporter at a meeting with a State secretary. According to the Swedish Union of Journalists, this was a serious breach of the constitution.

“A raid should only be allowed after a prior court decision,” said Arne König, Chair of the European Federation of Journalists. “There should always be an ombudsman accompanying the police during the raid and afterwards when examining the documents. This is what is needed in the legislation so sources can feel confident when talking to journalists.”

The Privacy International study is available at http://www.privacyinternational.org/silencingsources

For more information contact the IFJ at 32 2 235 2207
The IFJ represents over 600,000 journalists in 120 countries worldwide


RSF:SOMALIA Government asked to explain closure of three radio stations in two days

novembre 14, 2007

Reporters Without Borders

Update


14 November 2007


SOMALIA


Government asked to explain closure of three radio stations in two days


Reporters Without Borders today called on Somalia’s transitional government to explain why it has arbitrarily closed three independent radio stations in the past two days, breaking its promises and leaving the capital with virtually no independent news outlets.


“A government’s undertakings are still valid even in war time,” the press freedom organisation said. “The Somali civilian authorities signed a charter guaranteeing press freedom but they have clearly given way to the military forces in the capital, which are openly flouting the rights of its journalists. The public has been left in the dark, the media have been silenced one by one, and their employees have been forced underground or into exile. The consequences of this authoritarian behaviour are disastrous.”


Twenty-four hours after closing independent Radio Shabelle, Somali government forces yesterday raided the studios of two other privately-owned radio stations in Mogadishu, Radio Banadir and Radio Simba, ordering them to cease broadcasting at once. “They said the closure order concerned all the independent radio stations in Mogadishu, Simba Radio news editor  Mustafa Haji told Agence France-Presse.


The federal transitional government has not commented publicly on these raids, which have coincided with a major sweep by Somali government forces supported by Ethiopian troops through the capital’s Bakara market neighbourhood in search of weapons and Islamist insurgents.


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SOMALIE


Trois radios de Mogadiscio fermées en 24 heures : les autorités somaliennes doivent s’expliquer


Reporters sans frontières demande au gouvernement fédéral de transition somalien de s’expliquer sur la fermeture arbitraire, en l’espace de deux jours, de trois radios indépendantes, au mépris de ses engagements et au risque de réduire au silence les derniers organes d’information de la capitale.


« Même en temps de guerre, les engagements pris par un gouvernement restent valables. Or, les autorités civiles somaliennes, signataires d’une charte garantissant la liberté de la presse, ont manifestement abdiqué devant les forces militaires, qui bafouent ouvertement les droits des journalistes de Mogadiscio. La population tenue dans l’ignorance, les médias un à un réduits au silence, leurs employés poussés à l’exil ou la clandestinité : les conséquences de cette vague autoritaire sont désastreuses », a déclaré l’organisation.


Au lendemain de la fermeture de la station indépendante Radio Shabelle, le 12 novembre 2007,  les forces gouvernementales somaliennes ont fait violemment irruption dans les bureaux de deux autres radios privées de Mogadiscio, Radio Banadir et Radio Simba, leur ordonnant de cesser d’émettre. « Ils ont déclaré que l’ordre de fermer la station concernerait toutes les stations indépendantes à Mogadiscio », a déclaré Mustafa Haji, rédacteur en chef de Radio Simba, à l’Agence France-Presse (AFP).


Le gouvernement ne s’est pas publiquement exprimé sur ces opérations, menées alors que l’armée somalienne, appuyée par l’armée éthiopienne, a lancé une opération de ratissage du grand marché de Bakara, à la recherche d’insurgés islamistes et de caches d’armes.


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Leonard VINCENT

Bureau Afrique / Africa desk

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