La FIJ demande aux autorités ougandaises de mettre fin au harcèlement du personnel d’un journal

janvier 31, 2008

Media release
31 January 2008

IFJ Calls on Ugandan Authorities End Harassment of Newspaper Staff

The International Federation of Journalists (IFJ) today called on Ugandan authorities to put an end to the harassment of journalists in the country after five journalists and editors of the privately-owned Daily Monitor newspaper were charged with defamation after they published stories alleging the government’s Inspector General is involved in a salary scam.

“These journalists should not be charged with defamation simply for investigating allegations of government impropriety,” said Gabriel Baglo, Director of the IFJ Africa office. “We call on the Ugandan authorities to put an end to this attempt to intimidate journalists doing critical reporting. The Inspector General should use the right of response to clear herself of these allegations instead of launching a court case as a means to silence these reports.”

Two managing editors at the Daily Monitor’s, Joachim Buwembo and Bernard Tabaire, were charged on January 28 with defaming the Inspector General of Government, Justice Faith Mwondha. They were charged after their colleagues, News Editor Robert Mukasa, Chief Parliament Reporter Emmanuel Gyezaho and Special Projects Writer Angelo Izama, were already named in the suit.

In a column published on the paper’s website Tuesday, Gyezaho said that the charges stem from two reports published in the newspaper in August 2007 accusing Justice Mwondha of claiming a judge’s salary, which was higher than the one she received as the inspector general.

All of the charged members of the Daily Monitor’s staff have been released on bail pending their trial.

Separately the Eastern Africa Journalists Association (EAJA) is calling for an investigation into an attack on journalists Rogers Muyanja from Bukedde newspaper and Herbert Ssempogo from New Vision. The two reporters were beaten in Kampala by police on January 19 when they covered an unauthorised demonstration led by opposition Members of Parliament.

The IFJ condemned the attack and backed EAJA’s calls for an investigation.

For further information contact the IFJ: +221 33 842 01 43
The IFJ represents over 600,000 journalists in 120 countries

FR

Communiqué de presse
31 janvier 2008

La FIJ demande aux autorités ougandaises de mettre fin au harcèlement du personnel d’un journal

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a demandé aujourd’hui aux autorités ougandaises de mettre fin au harcèlement des journalistes dans le pays après que cinq journalistes et directeurs du journal privé Daily Monitor ont été inculpés pour diffamation suite à la publication d’articles prétendant que l’Inspecteur Général du gouvernement est impliqué dans une escroquerie sur le salaire.

« Ces journalistes ne devraient pas être accusés de diffamation simplement pour avoir enquêté sur les allégations d’irrégularités dans le gouvernement, » a dit Gabriel Baglo, Directeur du bureau Afrique de la FIJ. « Nous demandons aux autorités ougandaises de mettre fin à cette tentative d’intimidation des journalistes faisant des reportages critiques. L’Inspecteur Général devrait utiliser son droit de réponse pour se débarrasser de ces allégations plutôt que d’intenter une action en justice comme un moyen de réduire au silence ces reportages. »

Deux directeurs de rédaction du Daily Monitor, Joachim Buwembo et Bernard Tabaire, ont été inculpés le 28 janvier pour avoir diffamé l’Inspecteur Général du Gouvernement, Justice Faith Mwondha. Ils ont été accusés après leurs collègues, le rédacteur en chef Robert Mukasa, le chef des reportages du Parlement Emmanuel Gyezaho et le rédacteur des projets spéciaux, Angelo Izama, qui étaient déjà cités dans l’affaire.

Dans une chronique publiée sur le site Internet du journal mardi, Gyezaho a dit que l’accusation découle de deux articles publiés dans le journal en août 2007 accusant le juge Mwondha de réclamer un salaire de juge, qui était plus élevé que celui qu’elle a reçu en tant qu’inspecteur général.

Tous les agents inculpés du Daily Monitor ont été libérés sous caution en attendant leur procès.

Dans un autre cas, l’Association des Journalistes d’Afrique de l’Est (EAJA) appelle à une enquête sur une attaque contre les journalistes Rogers Muyanja du journal Bukedde et Herbert Ssempogo de New Vision.

Les deux journalistes ont été battus par la police à Kampala le 19 janvier alors qu’ils couvraient une manifestation non autorisée conduite par des députés de l’opposition.

La FIJ condamne l’attaque et appuie l’appel d’EAJA à une enquête.

Pour plus d’informations, merci de contacter le + 221 33 842 01 43
La FIJ représente plus de 600 000 journalistes dans 120 pays dans le monde


Conférence de presse du président de la Lijaf à Accra

janvier 30, 2008

INVITATION
Press Conference at Alisa Hotel, North Ridge, ACCRA
The International League of Journalists for Africa is very happy to invite you to a press Conference at The Alisa Hotel, North Ridge, this Friday, 1 February 2008, on “Sports, peace, and development in Africa. The role of African media”.
Speakers: Mr. Valentin Mbougueng, Executive President of The International League of Journalists for Africa
Mr  Mohamed Zribi, Director General of Sports, Ministry of Sports of Tunisia, will make a presentation on the Tunisian experience in relation to sports, peace and development.
Time: 1 pm- 3 pm
A cocktail reception will follow the conference.
Lijaf’s Agendas 2008 will also be offered
Contact person: Valentin Mbougueng. Tel. 0245 666 706

 


MAURITANIE: Retour des réfugiés mauritaniens, l’opinion publique reste sceptique

janvier 30, 2008

NOUAKCHOTT, 30 janvier

– Alors que les premiers convois de réfugiés négro-mauritaniens du Sénégal entament aujourd’hui leur retour historique vers la Mauritanie, certains Mauritaniens craignent que ce retour ne soit qu’un fardeau pour le pays et les rapatriés.

« Ce [retour] n’est pas la priorité du moment », s’est exclamé Khadi, un jeune homme natif de Zouérat, la plus grande ville du nord de la Mauritanie.

Comment le pays pourrait-il prendre en charge des rapatriés lorsqu’il a déjà des difficultés à fournir des produits et des services de base à la population, s’est-il interrogé.

La hausse générale du prix des denrées alimentaires de base avait provoqué des manifestations dans tout le pays l’année dernière, car bon nombre de Mauritaniens n’avaient plus les moyens de se procurer de produits à base de farine de blé, l’aliment de base de la Mauritanie.

En Mauritanie, plus de 70 pour cent des produits alimentaires doivent être importés car les sols mal irrigués du pays ne produisent pas assez pour nourrir les trois millions d’habitants que compte le pays.

Selon les statistiques 2006 de la Banque mondiale, les deux tiers des Mauritaniens en âge de travailler sont sans emploi, et d’après le rapport 2006 du gouvernement mauritanien sur la stratégie de réduction de la pauvreté, près de la moitié de la population mauritanienne vit dans la pauvreté, et un tiers dans la pauvreté extrême.

« Les gens souffrent et manquent de tout. On n’a pas d’eau, pas d’électricité, pas de travail ! Et il faudrait en plus accueillir des milliers de personnes supplémentaires ? C’est complètement stupide », s’est dit Khadi.

Tensions interethniques

Les conflits intercommunautaires avec les Maures arabes sont à l’origine des expulsions de 1989 des négro-mauritaniens vers le Sénégal voisin. Ces expulsions avaient été décidées par le gouvernement majoritairement arabophone du président de l’époque, Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya.

Autoritaire, le président Taya a été renversé en 2006, à la suite d’un coup d’Etat, et le pays a organisé ses premières véritables élections en 2007.

Lors de sa prise de fonction, en mars 2007, le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi avait incité les réfugiés mauritaniens à rentrer chez eux, mais selon un éminent journaliste mauritanien de Nouakchott, ce retour risque de raviver les tensions interethniques.

« Les nationalistes arabes sont opposés à ce retour », a expliqué le journaliste.

« Ils craignent que le retour des négro-mauritaniens n’entraîne un déséquilibre démographique qui leur soit défavorable. Du coup, ils créent des rumeurs pour déstabiliser l’opinion ».

Une attitude irréfléchie ?

Quant au gouvernement, il minimise le risque d’une résurgence des tensions autour du problème de l’ethnicité ou du contrôle des ressources.

« Conformément au souhait du chef de l’Etat, tous les Mauritaniens qui voudront rentrer le pourront et ils seront bien accueillis », a affirmé Yahya Ould Ahmed el Waghef, ministre secrétaire général de la Présidence, chargé du dossier des réfugiés.

M. Waghef rejette toute forme de scepticisme. « C’est vrai qu’il y a quelques mois, on rencontrait parfois des personnes sceptiques [.], mais aujourd’hui, les sceptiques sont minoritaires », a-t-il confié à IRIN.

« Les gens ont compris que tout avait été mis en ouvre pour que le retour se passe dans de bonnes conditions ».

Pourtant, selon un observateur de la vie politique locale, l’attitude du gouvernement est irréfléchie.

« Nous devons garder à l’esprit que les responsables des expulsions de 1989 sont toujours au pouvoir actuellement », a-t-il fait remarquer, en s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, les Mauritaniens ne jouissant toujours pas, selon lui, de la liberté d’expression, malgré le nouveau gouvernement démocratique.

« D’où les réticences, même dans le camp du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi à [trop s’engager dans ce problème], ».

Processus de rapatriement

Selon le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), sur les 35 000 réfugiés mauritaniens installés depuis 18 ans au Sénégal, 24 000 ont exprimé le désir de retourner en Mauritanie, bien que le gouvernement mauritanien ait affirmé attendre entre 15 000 et 20 000 rapatriés.

Après plusieurs reports de la date de début du rapatriement et malgré les nombreuses questions restées sans réponse, 115 négro-mauritaniens, qui avaient passé plus de 18 ans au Sénégal, sont arrivés le 29 janvier à Rosso, une ville du sud-est, limitrophe du Sénégal.

Les autorités mauritaniennes et sénégalaises collaborent avec le HCR pour gérer en plusieurs étapes le processus de rapatriement des réfugiés qui a commencé avec un premier convoi de 20 familles.

Le HCR et le le Programme alimentaire mondial (PAM) distribueront aux rapatriés des couvertures, des moustiquaires, des produits sanitaires de base et de la nourriture pendant trois mois ; les rapatriés mauritaniens devront ensuite se prendre en charge.

Pour Moussa, un négro-mauritanien de Nouakchott, la capitale, c’est après le départ des agences des Nations Unies que les problèmes pourraient devenir plus sérieux.

« Les réfugiés n’ont reçu aucune garantie concrète », s’est-il insurgé.

« Vont-ils retrouver leurs maisons et leurs terres ? Qui va les indemniser et comment ? Selon moi, le problème n’a pas été traité à fond ».


KENYA: Les enfants déplacés en péril

janvier 30, 2008

NAKURU, 30 janvier

– Les flambées de violence qui secouent Nakuru, dans la vallée du Rift, ont entraîné une augmentation vertigineuse du nombre des déplacés installés dans le plus grand camp de la ville, mais selon les responsables du camp, il devient de plus en plus difficile d’assurer la sécurité de ces déplacés, et les enfants sont particulièrement touchés.

« À l’heure actuelle, nous avons plus de 5 900 PDIP [personnes déplacées dans leur propre pays] au camp, et plus de 2 800 d’entre eux sont des enfants », a indiqué à IRIN Jesse Njoroge, coordinateur du camp monté dans le champ de foire de Nakuru.

« De nombreux enfants viennent seuls, les familles étant contraintes d’abandonner leur domicile dans la précipitation ».

Selon Mary Muthumbi, des services de protection de l’enfance du district de Nakuru, au moins un enfant a déclaré avoir subi des sévices sexuels depuis l’ouverture du camp, le 30 décembre.

« Malheureusement, bien que l’affaire ait été prise en charge par la Société juridique de la vallée du Rift, l’enfant n’est pas capable d’identifier son agresseur, alors il s’avère assez difficile d’engager des poursuites », a-t-elle expliqué à IRIN.

Les volontaires du camp sont peu surveillés, et sous prétexte de soutenir les déplacés ou de leur apporter des dons, bon nombre de personnes parviennent à pénétrer dans le camp sans faire l’objet d’une inspection préalable. La police est débordée par les violences qui continuent de secouer Nakuru, et n’a guère été en mesure, jusqu’ici, d’assurer la protection des populations.

Au cours de l’attaque lancée contre le camp le 26 janvier, les enfants se sont trouvés piégés au beau milieu des échauffourées, se faufilant entre les jeunes armés de machettes pour tenter d’aller se mettre à l’abri, dans les grandes tentes qui leur servent de refuges.

« Aujourd’hui, la situation va de mal en pis, car les violences sont devenues complètement tribales, alors il est même devenu difficile de travailler au camp », a déclaré Mme Muthumbi. « Mes employés des services de la protection de l’enfance appartiennent aux communautés ethniques non-kikuyues, et la majorité kikuyue du camp est méfiante voire hostile à leur égard, alors, pour l’instant, nous les avons retirés du camp ».

Avant le retrait des services de protection de l’enfance, certaines mesures ont été prises pour assurer que les enfants soient identifiés et protégés, a expliqué Mme Muthumbi. « Nous plaçons les enfants non accompagnés dans une même tente à leur arrivée, et généralement, au bout de quelques jours, un de leurs parents ou un membre de leur famille arrive et les emmène », a-t-elle précisé.

Les enfants qui n’ont pas été identifiés ont été placés dans des foyers pour enfants ou des orphelinats de Nakuru, a-t-elle ajouté. À en croire M. Njoroge, un grand nombre d’enfants ont néanmoins été accueillis par des familles de la région qui n’avaient pas été préalablement évaluées, ce qui expose ces enfants au risque d’être enlevés ou victimes de maltraitances.

« Ces gens viennent au camp et concluent un accord informel avec les parents, à qui ils promettent d’héberger leurs enfants, mais quelques jours plus tard, les parents se rendent compte qu’ils ne veulent pas vivre sans leurs enfants et viennent nous voir ; mais nous n’avons aucun moyen de les retrouver », a-t-il confié. « Dans certains cas, les volontaires se rendent compte qu’en fait, ils n’ont pas les moyens d’héberger et de nourrir ces enfants, et les ramènent, et nous devons alors commencer à rechercher leurs familles ».

Normes de protection minimum

Selon Stenor Vogt, conseiller spécialiste de la protection de l’enfance au Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), les enfants sont gravement affectés par la séparation d’avec leurs parents, et sont généralement plus facilement traumatisés par le changement.

« La meilleure des choses, dans ces situations, c’est de trouver un moyen d’empêcher les séparations ; si ce n’est pas possible, il est essentiel que les enfants non accompagnés ou séparés de leurs parents soient identifiés et rendus le plus tôt possible à leurs familles », a-t-il recommandé.

À la suite du génocide rwandais, les enfants qui étaient restés dans leurs familles – même élargies – avaient moins de problèmes psychosociaux que ceux qui avaient été placés dans des institutions après le déplacement ou la perte de leurs parents, a également noté M. Vogt.

« Dans le camp, les communautés et les familles sont hébergées dans les mêmes zones, pour cultiver leur sens des responsabilités et essayer de faire en sorte que chaque enfant soit pris en charge par quelqu’un qu’il connaît », a expliqué M. Njoroge, le coordinateur du camp.

Des espaces pour enfants doivent être aménagés au sein même du camp, a souligné M. Vogt, pour que les enfants puissent jouer ensemble et pour assurer leur suivi de façon à déceler les traumatismes physiques ou psychologiques dont ils peuvent souffrir.

« Il faut scolariser les enfants le plus tôt possible, pour leur donner l’impression de vivre normalement et mieux assurer leur protection ; à l’école, ils sont en effet suivis par leurs professeurs », a-t-il ajouté. « Les enfants s’en sortent très bien s’ils sont placés assez tôt dans un environnement normal – s’ils vont à l’école et sont avec leurs familles ».

Selon M. Vogt, qui forme à la protection de l’enfance les personnes chargées de s’occuper d’enfants à Nakuru, l’avantage du Kenya repose sur le fait que, conformément à la culture, les enfants tendent à rester avec des membres de leur famille ou de leur communauté même lorsqu’ils perdent un parent, ce qui réduit leur risque d’être victimes de maltraitances ou d’un traumatisme supplémentaire.

D’après Mme Muthumbi, des autorités du district de Nakuru, les enfants en âge d’aller à l’école primaire ont été placés dans deux établissements de la ville, les écoles primaires de Moi et de Lenana, où de grandes tentes ont été montées pour les accueillir. Les besoins des enfants en matière de santé, d’assainissement et de nutrition, a-t-elle noté, sont assez bien gérés par le gouvernement et les organisations non-gouvernementales (ONG).

« Aujourd’hui, ceux qui nous posent un problème sont les enfants en âge d’aller à l’école secondaire, qui n’ont pas encore été placés », a-t-elle ajouté. « Maintenant que les violences ont repris, il sera encore plus difficile de commencer à les placer ».

Un grand nombre de ces jeunes en âge d’aller à l’école secondaire sont en effet membres de l’unité de protection informelle du camp, qui monte la garde jour et nuit pour prévenir les attaques des gangs locaux. Certaines adolescentes commencent à avoir des rapports sexuels en échange de vivres ou d’argent, a en outre noté M. Njoroge.

Selon les estimations de l’UNICEF, les violences qui déchirent le Kenya à l’heure actuelle ont fait 100 000 déplacés parmi les enfants kényans, dont au moins 75 000 vivent dans des camps de PDIP, aux quatre coins du pays.