Interview intégrale de Paul Biya sur France 24

octobre 31, 2007

31.10.2007 Interview intégrale de Paul Biya sur France 24

Président Paul Biya « Le Talk de Paris »
Sources :Ulysse GOSSET
Bienvenue sur France 24, pour cette nouvelle édition du Talk de Paris. Une émission exceptionnelle, consacrée aux relations entre la France et le Cameroun. Entre la France et le Cameroun, c’est une longue histoire, mais c’est aussi une longue histoire entre la France et notre invité, le Président Paul Biya, que je salue. Monsieur le Président, je dois dire que votre parole est rare car vous n’avez pas accordé d’interview à une télévision française depuis vingt ans, je vous remercie donc d’avoir choisi le Talk de Paris. Je dois rappeler aussi que l’on vous a surnommé le Sphinx, puisque vous êtes un homme qui parle peu et donc quand vous parlez, on vous écoute avec attention. Je voudrais tout d’abord vous demander, puisque vous êtes à Paris et que vous avez rencontré le Président Sarkozy, comment l’on pourrait qualifier ces nouvelles relations aujourd’hui, cette nouvelle page qui s’ouvre des relations franco-camerounaises et d’abord comment ça se passe, personnellement, avec le Président Sarkozy ?
Paul BIYA
Eh bien je vous remercie. Mes premiers mots seront de remercier le Président de la République française, Monsieur Nicolas Sarkozy, pour l’invitation qu’il m’a adressée à visiter Paris et à visiter la France. (…) Je dois dire que le premier contact que j’ai eu avec lui était chaleureux, cordial, profond. C’est un politicien chevronné donc il connaît les problèmes, il connaît l’Afrique et je suis tout à fait heureux de noter cette continuité dans la relation entre la France et le Cameroun.
Ulysse GOSSET
Alors, vous dites « continuité », et en même temps Nicolas Sarkozy incarne une certaine rupture, un nouveau ton, un nouveau style : alors est-ce qu’il y a rupture, nouveau ton, nouveau style entre la France et le Cameroun aussi, et ou est-ce qu’on a tourné la page de ce qu’on a appelé la « France-Afrique » ?
Paul BIYA
A vrai dire, de mon point de vue je pense qu’il y a plus rupture dans la forme et continuité dans le fond (…) maintenant la nouvelle politique africaine de la France est en cours d’élaboration et il y a peut-être des changements, mais je crois que la rupture est surtout formelle. Nous pensons qu’il y a une certaine continuité.
Ulysse GOSSET
Qu’est-ce que vous attendez de la France et de Nicolas Sarkozy en particulier ?
Paul BIYA
Ce que nous attendons de la France c’est qu’elle continue à accorder sa coopération et son amitié à l’Afrique. Nous avons des liens anciens, des liens culturels, au moment où nous assistons à l’impérialisme linguistique de certaines langues, il n’est pas inutile de préserver un espace où l’on parle français. Et je crois que la France est un grand pays, membre permanent du Conseil de sécurité et quelquefois dans les affaires du monde, ces grands pays peuvent avoir besoin des voix des pays africains. Nous attendons qu’on continue cette relation économique, culturelle, financière qui a toujours existé.
Ulysse GOSSET
Je l’ai dit en commençant cette émission, vous êtes l’un des doyens du continent, vous êtes au pouvoir depuis maintenant près qu’un quart de siècle et donc vous êtes l’un des symboles de cette « France-Afrique » d’avant. Est-ce que la page est tournée ? Est-ce qu’elle est en train de se tourner ?
Paul BIYA
Elle est en train de se tourner… Je crois que c’est la relation avec la France, les formes extérieures qui vont changer. Je crois que la concertation va continuer et je pense que le Président Sarkozy va mettre l’accent sur le partenariat. Il veut que les Africains eux-mêmes disent ce qu’ils attendent de la France, il ne veut pas que ce soient des actes unilatéraux disant « On vous fait ceci, on vous fait cela » mais plutôt « Qu’est-ce qu’on peut faire ensemble ? » et je pense qu’il y a déjà là un début de changement. Tout à l’heure, et je ne crois pas dévoiler un secret, j’ai invité le Président de la République à faire une visite au Cameroun et il a accepté immédiatement et avec joie. J’observe donc qu’il veut maintenir une continuité, une discussion ouverte, il veut savoir ce que les Africains veulent et la France verra ce qu’elle peut faire.
Ulysse GOSSET
Et, geste important, la France a contribué à annuler une grande partie de la dette, ce qui vous permets à vous de partir d’un bon pied.

Paul BIYA
Oui, bien sûr, et j’ai profité de l’occasion pour remercier le Président Sarkozy pour ce geste que la France a fait. La France a annulé une bonne partie de notre dette et en langage codé on parle de C2D et non seulement cette dette a été annulée mais on est en train de transformer cette annulation en projets concrets dans des secteurs précis : agriculture, santé, éducation, infrastructures, en liaison étroite avec la France.
Ulysse GOSSET
Monsieur le Président, comme le veut la tradition de cette émission, je vous propose de revenir sur votre parcours politique, qui est assez impressionnant, en regardant ce portrait, qui a été réalisé par l’un des journalistes de France 24, Guillaume Couderc. Regardons ensemble.

Diffusion du portait.
Ulysse GOSSET
Monsieur le Président, vous avez vu ce portrait. On a noté le rôle que joue maintenant votre épouse auprès de vous et on a vu surtout cette longue carrière tumultueuse avec beaucoup d’événements. Vous vous êtes retrouvé, dans ce portrait ?

Paul BIYA
Dans ses grandes lignes, ce portrait correspond à la réalité. Bien sûr, il ne m’arrive pas souvent d’accorder des interviews mais j’ai fait beaucoup de discours, j’en ai trois tomes. Je crois d’ailleurs que le portrait est bon, de manière générale, évidemment pour ce qui est de mon épouse. Elle mène une activité sociale et le fait savoir, donc elle est un peu plus moderne que moi. J’étais parti de l’idée que ce qui compte, ce n’est pas tellement ce que les gens disent, mais ce qu’ils pensent. Mais aujourd’hui, faire des interviews c’est aussi faire : les temps on changé.
Ulysse GOSSET
Il y a une urgence pour l’Afrique, c’est la question du SIDA, et je sais que votre épouse y est largement impliquée, notamment avec la création de cet institut de recherche à Yaoundé avec deux grandes personnalités du monde médical, les professeurs Gallo et Montagnier. C’est extrêmement important. Pourquoi avoir fait ça et quelle est l’importance de ce projet pour vous ?
Paul BIYA
Oui, c’est extrêmement important. Vous savez que l’Afrique est frappée par des pandémies : paludisme, tuberculose et surtout le SIDA. Ce centre joue vraiment un rôle important dans la prévention contre le SIDA et le professeur Gallo, que j’ai vu tout à l’heure, et aussi le professeur Montagnier ont bien voulu s’associer à mon épouse et à d’autres. Je dois dire aussi que c’est au cours d’un sommet de l’OUA, l’Union africaine en 1996 que mon épouse avait pris l’initiative de réunir des épouses de chefs d’Etat qui étaient présentes pour faire quelque chose ensemble.
(…) Nous n’avons pas de structures de recherche aussi sophistiquées et aussi développées qu’en Europe, mais il est bon tout de même que nous apportions notre contribution à la recherche des moyens d’éradiquer cette maladie. J’ai discuté avec le professeur Montagnier. Il m’a dit qu’ils utilisaient la pharmacopée traditionnelle, ils essaient – il y a de petites structures de recherche chez nous, il y a même des personnes qui prétendent guérir le SIDA. On acceuille tout cela, encadré par des chercheurs de renom comme les professeurs Gallo et Montagnier. Nous pensons que nous pouvons apporter notre contribution au lieu d’être là à attendre et à pleurer. J’ai également parlé à l’Unesco et j’ai remercié l’Unesco, qui nous aide à faire des actions de prévention contre le SIDA en milieu scolaire et pour tout cela mon épouse est présente, dans le cadre de ses activités.
Ulysse GOSSET
L’un des événements majeurs de l’année au Cameroun, ça a été l’action que vous avez lancée contre la corruption. L’image à ce propos n’est pas très bonne dans le monde, au classement mondial vous êtes l’un des pays les plus corrompus et là, vous avez fait mettre en prison des ministres et une vingtaine d’hommes d’affaires qui étaient accusés ou condamnés pour certains déjà, de corruption. Est-ce que vous êtes déterminé à mettre fin à la corruption au Cameroun et est-ce que c’est possible ?

Paul BIYA
Vous savez, la corruption est un vice qui n’est pas spécifique au Cameroun, c’est un phénomène mondial, mais nous avons pensé qu’un pays comme le nôtre, qui ne dispose pas de ressources énormes, a intérêt à limiter les déperditions d’argent et de fonds. Nous sommes déterminés à aller de l’avant et nous avons non seulement procédé à des arrestations avec des traductions de responsables devant les tribunaux, mais nous avons aussi mis en place un certain nombre de structures : une commission nationale de lutte contre la corruption, une agence pour lutter contre le blanchiment d’argent, on a créé une cour des comptes etc. Nous avons un certain nombre de structures permanentes qui ont pour finalité de chercher à éradiquer la corruption et tout un service de bonne gouvernance. Nous pensons arriver à de bons résultats. Tenez, je peux donner quelques résultats : les recettes du port de Douala, qui atteignaient un certain niveau mais qui, dès qu’on a commencé à appliquer la lutte contre la corruption, ces recettes ont augmenté de 30 ou 40 %, donc c’est intéressant.
Ulysse GOSSET
Et qu’est-ce que vous dites à ceux qui n’y croient pas, qui disent que c’est de la poudre aux yeux ?
Paul BIYA
Ce n’est qu’avec le temps, qu’ils verront que ce n’est pas de la poudre aux yeux. Je peux donner encore un résultat : prenez par exemple les salaires que l’Etat paie aux fonctionnaires. Nous avons noté qu’il y avait des agents qui touchaient deux, trois, voire quatre salaires, et grâce aux mesures d’assainissement du fichier de soldes, nous avons pu économiser quelques milliards par mois. Les gens qui croient que c’est une mode se trompent. C’est vraiment un axe majeur dans la politique de redressement de notre économie. Nous avons poursuivi ces actions dans les marchés publics, dans les produits pharmaceutiques… C’est une lutte absolument capitale pour le redressement des finances publiques et pour les mœurs. Egalement, quand les investisseurs viennent au Cameroun, c’est absurde qu’on dise à un investisseur « C’est bien, vous voulez faire une usine, mais moi vous me donnez combien ? ». C’est quelque chose qui dégoûte et décourage les investisseurs donc on a créé un bureau chargé de l’accueil des investisseurs où tout est centralisé.
Ulysse GOSSET
Cela veut dire que vous allez avoir une nouvelle génération de dirigeants au Cameroun qui va venir et que vous espérez voir débarrassé de ce fléau.
Paul BIYA
C’est ça et je dois dire que cette lutte est très populaire. La population m’écrit tous les jours, pour me dire « Attention, tel acte est un détournement », mais évidemment je fais des recherches, car si je les prenais au mot peut-être que les prisons ne seraient pas assez grandes. C’est une lutte qui est très soutenue par la population, par les bailleurs de fonds, par la population européenne, par la France, par tous les pays avec qui nous sommes en coopération. Je ne suis pas naïf, je ne pense pas qu’on ramène la corruption à zéro mais il faut la ramener à des niveaux insignifiants, qui ne perturbent pas le développement.
Ulysse GOSSET
Ça va prendre combien de temps ? Jusqu’à la fin de votre mandat ?
Paul BIYA
Même avant la fin de mon mandat, on verra déjà des résultats. Nous commencerons bientôt à noter de bons résultats.
Ulysse GOSSET
Eh bien nous allons suivre avec beaucoup d’attention, car en échange de cette lutte contre la corruption vous obtenez un allègement de la dette de la part des pays européens et occidentaux donc c’est très important pour le Cameroun en général.
Ulysse GOSSET
Monsieur le Président, comme le veut la tradition de cette émission, je vous propose d’écouter une question d’un écrivain, d’une écrivain connue, talentueuse, Calixthe Beyala, qui s’adresse à vous.
Diffusion de la question de Calixte Beyala

Calixthe BEYALA,ECRIVAIN

Mes hommages Monsieur le Président,
« Ma question porte sur l’international. Il y a 20 ans on avait l’impression qu’il y avait plus de Camerounais occupant des postes importants dans les institutions internationales. Nous remarquons aujourd’hui un recul de cette présence camerounaise. Comment expliquez-vous cette situation ? Que comptez-vous faire pour y remédier ? La deuxième question porte également sur l’international. Les artistes et intellectuels camerounais sont des véritables ambassadeurs de sa culture, de son économie, de sa diversité. Or il s’avère que nous avons l’impression que l’Etat camerounais les néglige et qu’il estime peut-être que le travail fait par ces intellectuels n’est pas digne d’intérêt. Comment expliquez-vous cela ? Que comptez-vous faire pour remédier à ce malaise ? »
Ulysse GOSSET
Monsieur le Président, malaise intellectuel et recul de l’influence camerounaise à l’étranger ?
Paul BIYA
Je commencerais par les artistes. J’ai nommé à la tête du Ministère des arts et de la culture un écrivain de talent, Oyono Ferdinand. Il a mis sur pieds un statut absolument révolutionnaire qui permet aux artistes d’être rémunérés (peintres, sculpteurs), jusque là, c’était presque du bricolage. Nous sommes en train de réhabiliter la fonction artistique. (…) J’ai été très impressionné, l’autre jour, en visitant l’exposition de peinture moderne camerounaise. C’était absolument remarquable et à partir de produits camerounais. J’ai demandé à l’ambassadeur et à ceux qui étaient là de me rappeler la nécessité de revoir les moyens de dynamiser encore plus le secteur artistique et culturel. Cet écrivain n’est plus en mesure de s’occuper de cette mission et j’ai nommé une dame, la nouvelle ministre de la Culture, qui prend cette affaire très à cœur et je pense que nous pourrons encore améliorer la position des artistes dans le pays. Les hommes politiques passent mais les artistes et leurs œuvres restent. J’ai dit à ma compatriote que nous allions accorder plus d’importance encore à ce secteur.
Sur le problème des postes internationaux, je ne serais pas aussi affirmatif, parce que la nomination dans les organisations internationales obéit à une certaine rotation entre les pays. Prenons par exemple l’Unesco. Nous avons eu successivement quatre camerounais, chacun pendant quatre ans, comme membres du Conseil exécutif. Il y a quelques jours on a décidé de mettre quelqu’un d’autre mais c’est normal, c’est la règle du jeu. Mais nous continuons à lutter pour que des Camerounais accèdent à des postes importants. Nous venons d’obtenir qu’un Camerounais devienne Directeur général des bois tropicaux, ce qui a été une lutte gigantesque. Il a fallu l’appui de la Chine, du Brésil et de la France pour gagner ce poste. Nous venons également de faire élire un camerounais à un organe important à l’échelle mondiale : les douanes. Donc, s’il y a des gens qui perdent leur poste, il y en a d’autres qui arrivent. Et ne soyons pas égoïstes, nous ne sommes pas seuls. Tous les pays veulent avoir leurs représentants dans des organisations internationales. Nous nous battons. Quelquefois nous gagnons, et quelquefois nous perdons.
Nous arrivons au terme de la première partie de cette émission, Monsieur le Président, je vous propose de regarder ensemble le journal de France 24 et nous nous retrouvons dans quelques minutes. A tout de suite.

Ulysse GOSSET
Retour sur le plateau du Talk de Paris pour cette émission spéciale avec notre invité, le Président du Cameroun, Paul Biya. Je vous propose, Monsieur le Président, de revenir sur cette nouvelle page qui s’ouvre entre le Cameroun et la France en écoutant le discours du Président Sarkozy à Dakar. C’est un discours qui a suscité une véritable polémique, regardons cela ensemble.
Diffusion Extrait du discours :
Le drame de l`Afrique, c`est que l`homme africain n`est pas assez entré dans l`histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l`idéal de vie est d`être en harmonie avec la nature, ne connaît que l`éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.
Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n`y a de place ni pour l`aventure humaine, ni pour l`idée de progrès.
Dans cet univers où la nature commande tout, l`homme échappe à l`angoisse de l`histoire qui tenaille l`homme moderne mais l`homme reste immobile au milieu d`un ordre immuable où tout semble être écrit d`avance.
Jamais l`homme ne s`élance vers l`avenir. Jamais il ne lui vient à l`idée de sortir de la répétition pour s`inventer un destin.
Ulysse GOSSET
Monsieur le Président, votre commentaire ?
Paul BIYA
J’ai écouté ce discours. Je crois qu’il mérite d’être lu et relu,

Ulysse GOSSET
Certains l’ont jugé colonialiste, d’autres racistes et le Président sud-africain a dit « Pas du tout, c’est un bon discours ».
Paul BIYA
Si vous voulez mon avis, je suis plus proche du point de vue du Président sud-africain. (…) Il me semble que ce discours pose les jalons d’une nouvelle ère de coopération entre la France et l’Afrique. C’est un discours qui s’adressait aux adultes. Ce que moi j’ai surtout retenu, c’est qu’il fallait que les africains cessent de se plaindre du passé colonial, de l’aliénation coloniale et qu’ils assument le double héritage : l’héritage africain – qui est le leur, qui est inné – et ce qu’ils ont pu acquérir au contact avec les milieux occidentaux, et qu’ils se tournent vers l’avenir. Je crois que c’est ce qu’il faut faire. Beaucoup de pays ont été colonisé, par les Romains, par exemple. Ou le Japon qui, à l’ère du Meiji, était plus ou moins colonisé. Ils ont acquis la technologie et une certaine culture occidentale et aujourd’hui c’est une grande puissance. Je crois que c’est cet appel qui est lancé à la jeunesse. Voilà, je crois, ce qu’on doit avoir compris de ce discours. Il y a également de très beaux passages où il cite l’apport de notre culture nègre à l’âme moderne. Nous allons vers une civilisation de métissage, on ne peut pas aller à l’universel en se repliant sur un âge d’or précolonial. Nous sommes un peu tout ça : nous sommes africains, il y a eu l’apport de l’Occident, il y a eu l’apport des religions chrétiennes, musulmanes, nous sommes fait de tout cela. Mais l’important est de se projeter vers l’avenir et d’entrer dans la modernité.
Ulysse GOSSET
Le Président Sarkozy parle aussi d’immigration choisie, est-ce que vous êtes d’accord ?

Paul BIYA
En ce qui concerne l’immigration, je m’abstiendrais de donner un accord. L’immigration est un domaine de politique intérieure. La France est un pays amené à définir souverainement sa politique d’immigration. Ce que nous avons à faire, c’est nous adapter et, peut-être, faire quelques suggestions et des souhaits, dire que cette nouvelle politique d’immigration, nous souhaitons qu’elle soit appliquée avec humanité et avec souplesse.
Ulysse GOSSET
Mais certains de vos collègues africains ont dit « Chez nous, il n’y a pas de générosité ou d’hospitalité choisie, on accepte tout le monde, on invite tout le monde et tout le monde est le bienvenu ».
Paul BIYA
Chez nous c’est chez nous, et ici c’est la France.
 
Ulysse GOSSET
Et le test ADN. Vous savez que la France vient de passer une loi qui l’autorise, dans certaines conditions, avec un contrôle, les tests ADN pour voir quelles sont les filiations, par exemple pour les enfants qui veulent venir en France. Est-ce que cela vous a choqué, comme cela a choqué, d’ailleurs, certains ministres français du gouvernement de Nicolas Sarkozy.
Paul BIYA
C’est un débat intéressant, qui oppose les moralistes, les politiciens, les juristes. Là, comme c’est un aspect d’une réglementation générale sur laquelle je me refuse de m’exprimer, s’agissant d’une loi d’un autre pays.
Ulysse GOSSET
Mais au Cameroun, est-ce que ça a été bien pris, ce test ADN ?
Paul BIYA
Au Cameroun, je crois que la plupart ont rejeté ce test ADN.
Ulysse GOSSET
Et vous ?
Paul BIYA
Je m’abstiens de porter un jugement …
Ulysse GOSSET
On sent une petite critique dans l’absentions, quand même.
Paul BIYA
Je m’abstiens de porter un jugement car je crois que ce sont des décisions qui ont été prises en toute souveraineté. Il m’est revenu d’ailleurs qu’il y a d’autres pays qui recourent à ces tests, d’autre pays européens et peut-être qu’il y en a d’autres. Il me semble que l’Afrique doit faire tout ce qu’elle peut pour essayer de rendre acceptable ou supportables les lois qui se font et qui les concernent. Mais quand ces lois sont votées, notre devoir est de les respecter, par respect pour la souveraineté des pays.
Ulysse GOSSET
Parlons un peu de vous personnellement, vous êtes au pouvoir depuis un quart de siècle. Vous avez été confronté à une tentative de coup d’Etat contre vous et tout le monde se demande jusqu’à quand vous allez rester en politique. Je vous propose d’écouter une question qui nous est venue de l’un de nos téléspectateurs. Regardons ensemble.
Diffusion de la question
Louis KEUMAYOU

Président de l’Association de la presse panafricaine (APPA)
Correspondant du quotidien camerounais « Le Messager »
Monsieur le Président,
« Certaines mauvaises langues vous prêtent la volonté de changer la constitution en 2011 pour vous représenter à la présidence du Cameroun. Est-ce que vous pouvez nous dire aujourd’hui si oui ou non vous serez candidat à votre propre succession en 2011 ? »
Ulysse GOSSET
Alors c’est la grande question au Cameroun. Vous êtes effectivement élu jusqu’en 2011, et après ?
Paul BIYA
Ce que je peux déjà dire, c’est que les élections présidentielles camerounaises en 2011 sont certaines mais je les considère comme lointaines. J’ai un mandat de sept ans et j’ai fait la moitié de ce mandat. A l’heure actuelle nous avons d’autres priorités et la constitution telle qu’elle est aujourd’hui ne me permet pas de briguer un troisième mandat. Cela étant, nous avons d’autres urgences : lutte contre la corruption, contre le SIDA, contre la pauvreté. Il faut assurer la stabilité dans l’Afrique centrale et j’estime que ces problèmes d’élections sont posés prématurément. Il y a d’autres urgences en ce moment. La constitution à l’heure actuelle ne me permet pas d’envisager un autre mandat.
Ulysse GOSSET
Mais est-ce que vous pourriez faire comme d’autres chefs d’Etat africains qui transmettent le pouvoir, en disant par exemple, « Je ne me présente plus », dans une grande tradition démocratique ?
Paul BIYA
Nous avons fait tous ces efforts pour bâtir une démocratie. Le moment venu, il y aura des candidats et je crois que l’idée de préparer quelqu’un, cela relève de méthodes proches de la monarchie ou de l’oligarchie. Les Camerounais sont assez mûrs, ils pourront choisir, le moment venu.
Ulysse GOSSET
Il n’y a pas de dauphin, alors ?
Paul BIYA
Je crois que dans une république, le mot « dauphin » résonne mal.
Ulysse GOSSET
Mais vous, vous auriez envie de vous représenter ou pourrez-vous, éventuellement, ne pas le faire ? Quel est votre sentiment aujourd’hui ?
Paul BIYA
Le Cameroun a vraiment d’autres problèmes à résoudre que celui-là mais je laisse ceux qui veulent ouvrir ce débat. Parce qu’il y a aussi des gens qui disent que pour assurer la continuité il faut que le président se représente. Je laisse le débat se dérouler mais pour le moment, la constitution ne me permet pas un troisième mandat et je sais aussi que les constitutions ne sont pas faites ne varietur, le peuple lui-même détermine ce qui est bon pour lui, alors nous sommes à l’écoute, mais je somme mes compatriotes de s’atteler à des tâches plus urgentes.
Ulysse GOSSET
Il y a aussi des Camerounais, sans attendre 2011, qui vous demandent d’aller dans le sens de plus de démocratie. Ecoutons cette autre question de l’un de vos compatriotes.
Diffusion de la question Jean Paul Tchakote.

Question Jean-Paul TCHAKOTE
Président de la section du Front Social Démocrate (SDF) de France
Bonjour monsieur le Président,
« Nous venons de vivre des élections couplées municipales et législatives, le 22 juillet dernier, et les partielles le 30 septembre. Au cours de ces élections nous avons noté une importante abstention, moins de 15% d’électeurs inscrits dans certaines circonscriptions, ce qui correspond à moins de 7% du potentiel électoral, voire beaucoup moins compte tenu du fait que les chiffres issus du dernier recensement ne sont toujours pas publiés. Monsieur le Président, admettez-vous l’idée d’un dialogue national basé sur une réconciliation véritable avec le retour de la dépouille du Président Ahidjo, un dialogue avec vos opposants y compris monsieur John Fru Ndi que vous n’avez toujours pas rencontré en 17 années de multipartisme ? »
Ulysse GOSSET
C’est la question fondamentale du dialogue entre un Président et son opposition. Est-ce que c’est possible au Cameroun ?
Paul BIYA
D’abord les statistiques qu’il donne sont sujettes à contestation. L’abstention n’était pas aussi importante. Et je note aussi qu’ailleurs dans le monde il y a une tendance à l’abstention au moment des votes. Les élections ont enregistré une participation au moins égale à la moyenne de 60 % et il y a eu des régions où l’on a voté à 90 %. Voilà pour les statistiques.
Quant au dialogue, nous sommes pour le dialogue. Je prends les élections du 22 juillet dernier, les élections législatives et municipales. Nous les avons gagnées. Nous avons gagné 140 députés contre 13 pendant les partielles. Nous pouvions occuper tous les postes. Qu’est-ce que nous avons fait ? Nous avons ouvert un dialogue avec les partis politiques pour leur dire « Il faut partager, nous vous demandons de vous associer à nous dans la gestion du parti. » On l’a fait à l’assemblée nationale. Le bureau de l’assemblée nationale comprend les membres de mon parti mais aussi les membres des partis de l’opposition. Les commissions à l’assemblée, le poste de vice-président, on s’est réparti cela. Après, le dialogue est difficile avec une opposition qui, malgré sa défaite, demande à présider l’assemblée nationale, vous vous rendez compte ? Ils ont fini par accepter la vice-présidence. Il a cité le cas du leader de l’opposition, Monsieur Fru Ndi. C’est vrai qu’on ne s’est pas rencontrés et il ne me démentira pas : on avait pris rendez-vous pour discuter et il a choisi le village, mon village, qui n’est pas très loin de Yaoundé. J’étais d’accord mais au dernier moment c’est lui qui n’est pas venu. Nous dialoguons avec les leaders de l’opposition, je m’inscris en faux contre cette remarque.
Ulysse GOSSET
Donc vous seriez d’accord pour le revoir ?
Paul BIYA
Mais je suis prêt à le rencontrer, je n’ai pas de problèmes, nous avons encore un Sénat à élire, nous avons des assemblées régionales à élire, nous voulons qu’il y ait de la monnaie dans la gestion des affaires de l’Etat. Mais je n’ai aucune espèce de mépris contre qui que ce soit, une bonne partie des membres de mon gouvernement viennent de l’opposition.
Ulysse GOSSET
Donc vous êtes comme Nicolas Sarkozy, en France… ?
Paul BIYA
Voilà ! Et les membres de mon parti sont un peu réticents mais je leur dis qu’il faut partager.
Ulysse GOSSET
Donc le Cameroun est en train de changer, c’est ça votre message ?
Paul BIYA
Le Cameroun est en train de changer, je le fais depuis même avant ces élections, nous étions majoritaires mais j’ai donné des portefeuilles aux partis de l’opposition. Il en est de même pour les fonctions à l’assemblée nationale, je n’ai fait que reconduire une politique d’ouverture qui est ancienne et qui est, je crois, utile dans nos pays jeunes comme le nôtre, pour faire en sorte que la loi de participation à la gestion de la chose publique soit forte. J’ai cru comprendre qu’il y avait un problème pour ce qui est de l’ancien président.
Ulysse GOSSET
Oui, la dépouille du Président Ahmadou Ahidjo…
Paul BIYA
Oui, il y a eu des événements malheureux, sur lesquels je ne reviendrai pas, en 1984, et l’assemblée nationale, sur ma proposition, a voté une loi d’amnistie. Ceux qui ont vécu ces tristes événements ont retrouvé leurs droits, il y en a même qui sont au gouvernement. Le problème du rapatriement de la dépouille de l’ancien président est, selon moi, un problème d’ordre familial.
Ulysse GOSSET
Et vous seriez d’accord ?
Paul BIYA
Je n’ai pas d’objection, et je dois dire que le fils de mon prédécesseur est député. Je n’ai pas de problème avec la famille de mon prédécesseur, ses filles et ses fils vont et viennent et personne ne les a jamais inquiétés. Si la famille de mon prédécesseur décide de faire transférer les restes du Président rapatrier Ahidjo, c’est une décision qui ne dépend que d’eux, je n’ai pas d’objections ni d’observation à faire.
Ulysse GOSSET
Dernier chapitre de cette émission spéciale, Monsieur le Président, le Cameroun va jouer un rôle essentiel dans la mise en place de la force européenne au Darfour, au Tchad et en Centrafrique, puisqu’il va accueillir le passage des soldats qui iront vers les zones concernées et que vous allez former, près de Yaoundé, un certain nombre d’officiels qui vont participer au maintien de l’ordre. Alors c’est important d’avoir un Cameroun stable, qui accepte cette contribution, vous confirmez ?
Paul BIYA
Je peux vous confirmer que c’est un acte de confiance vis-à-vis du Cameroun et nous pensons aussi que c’est dans l’intérêt du Cameroun. Nous avons une position assez centrale, assez stratégique. Il se trouve qu’il y a des zones assez perturbées non loin du Cameroun. Nous avons demandé à l’OUA, à l’ONU et à l’Union européenne de nous aider à stabiliser la région. Je viens encore de remercier le Président de la République française pour l’action très décisive qu’il a conduite dans ce domaine. Donc il faut aussi que nous apportions notre contribution, nous sommes prêts à accueillir d’abord ces écoles de formation et nous avons donné notre accord pour aider au convoyage de matériel, notamment pour ce qui est du Tchad et de la RCA et à partir du territoire camerounais ce sont nos forces qui vont…
Ulysse GOSSET
Et vous allez également contribuer à la force elle-même, la force hybride ?
Paul BIYA
Nous sommes déjà en train de contribuer, nous avons des policiers en Côte d’Ivoire, au Darfour, au Tchad, en République démocratique du Congo, à Haïti. Maintenant que le conflit avec le Nigeria est presque résolu, nous allons pouvoir apporter une contribution plus significative en termes de contingent militaire. Nous le faisons avec joie pour participer à la remise en ordre des économies et des Etats de la région. C’est notre intérêt aussi.
Ulysse GOSSET
Effectivement, car c’est une crise grave qui a déjà fait plusieurs centaines de milliers de morts, 200 000 morts au Darfour. On va réussir à régler la crise du Darfour à votre avis ?
Paul BIYA
Je pense qu’il faut essayer. Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre. Ni de réussir pour persévérer. Il faut commencer. Mais je crois qu’avec l’intervention de l’Union européenne, de l’ONU et de l’Union africaine. Et si y ajoute un dialogue sincère entre les parties en présence, il ne fait pas de doute qu’on va résoudre ce problème.
Ulysse GOSSET
Enfin, dernière question, Monsieur le Président. Le sommet Europe-Afrique à Lisbonne, au Portugal, vous allez y aller ? Faut-il inviter Mugabe ?
Paul BIYA
Je peux vous dire que je suis heureux d’y aller et que j’y serai. Je considère simplement qu’étant donné l’importance des enjeux il me semble insignifiant de s’arrêter sur le cas d’une personne en particulier. Mugabe dirige un Etat, nous voulons un dialogue global entre l’Europe et l’Afrique. Je souhaiterais que nos amis européens et notamment la Grande-Bretagne accepte que toute l’Afrique qui veut y participer y participe. En tout cas en ce qui me concerne, je peux vous donner l’assurance que j’y serai !
Ulysse GOSSET
Très bien, Monsieur le Président Paul Biya je vous remercie de nous avoir accordé cette interview, je le rappelle, la première depuis vingt ans à une télévision française. Merci de l’avoir accordé à France 24
Paul BIYA
C’est moi qui vous remercie et j’espère que nous n’attendrons pas vingt ans pour recommencer. (rires)
Ulysse GOSSET
et bien entendu je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour une nouvelle émission spéciale du Talk de Paris. A bientôt.

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par Ulysse Gosset

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Paul Biya à France 24 : les constitutions sont faites pour être changées !

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Détendu, sûr de lui, mais toujours circonspect, Paul Biya, le chef de l’Etat Camerounais a répondu pendant une quarantaine de minutes aux questions de Ulysse Gosset sur « Le talk de Paris » de la chaîne de télévision française internationale France 24. Il a également répondu aux préoccupations de quelques téléspectateurs enregistrées via webcam : l’écrivaine camerounaise Calyxthe Beyala, Louis Keumayou (journaliste en France), Jean-Paul Tchakote (responsables SDF de France, opposition).
© Paul Biya à France 24

 

Des questions d’actualité camerouno-camerounaise, franco-africaine et internationales ont été posées directement au chef de l’Etat pour des réponses directes, immédiates, même les plus « tabou » de l’heure comme le retour de la dépouille de l’ex-président Ahmadou Ahidjo, les relations avec Ni John Fru Nfi (SDF), chef de file de l’opposition, ou la réforme de la constitution pouvant permettre à Paul Biya de rempiler en 2011.

« Le problème du rapatriement de la dépouille de l’ancien président est, selon moi, un problème d’ordre familial » dira Paul Biya après avoir rappelé les « évènements malheureux » (coup d’Etat raté) de 1984, et rappelé qu’une loi d’amnistie avait été votée et que « Ceux qui ont vécu ces tristes événements ont retrouvé leurs droits, il y en a même qui sont au gouvernement ». Son fils est député, ses filles et fils ne vont et viennent-ils pas sans que personne ne les a jamais inquiétés ?

La question de l’alternance politique du Cameroun n’a pu être évitée, autant sur sa re-cadidature comme sur celle un dauphin. Paul Biya a semblé éluder la question en laissant le débat à ceux qui veulent débattre, mais en rappelant que la constitution lui interdit un nouveau mandat, mais précision capitale, les constitutions sont faites pour être changées ! Et que « le peuple lui-même détermine ce qui est bon pour lui ».

Mais pour l’instant, il « somme mes compatriotes de s’atteler à des tâches plus urgentes ». En attendant l’échéance « certaine » mais « lointaine » de la présidentielle de 2011, la lutte contre la corruption est l’une des préoccupations actuelle de l’opinion. « C’est une lutte absolument capitale pour le redressement des finances publiques et pour les mœurs » a répondu le chef de l’Etat, et de préciser que « Même avant la fin de mon mandat, on verra déjà des résultats. Nous commencerons bientôt à noter de bons résultats ».

Une séquence du discours du chef de l’Etat français Nicolas Sarkozy va être diffusée lors de l’entretien, extrait d’un discours à l’université Cheik Anta diop de Dakar lorsqu’il déclarait «Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles (…) tout semble être écrit d’avance. Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ». Paul Biya dira partager cet avis de Nicolas Sarkozy. » Pour Paul Biya, « il fallait que les africains cessent de se plaindre du passé colonial, de l’aliénation coloniale et qu’ils assument le double héritage : l’héritage africain – qui est le leur, qui est inné – et ce qu’ils ont pu acquérir au contact avec les milieux occidentaux, et qu’ils se tournent vers l’avenir. »

Sur la question du dialogue avec l’opposition camerounaise, Paul Biya déclarera que malgré les 153 (sur 180) députés de son parti (RDPC) à l’Assemblée nationale, des postes ont été donnés à l’opposition, tout comme des portefeuilles ministériels. Il ajoutera que le leader de l’opposition Ni John Fru Ndi n’est pas venu à la dernière minute à une rencontre prévu de commun accord à son village Mvomeka, non loin de Yaoundé. Il serait d’ailleurs prêt à nouveau à le rencontrer.

En somme, une interview rare, comme le précisait Ulysse Gosset en début d’entretien. Mais le président Biya dira faire beaucoup de discours, car pour lui, « ce qui compte, ce n’est pas tellement ce que les gens disent, mais ce qu’ils pensent. Mais aujourd’hui, faire des interviews c’est aussi faire : les temps on changé. » Les Camerounais ont vu sur leur petit écran, un président finalement plus proche que l’éloignement dont il enrobe son pouvoir, un président bien informé de la situation de son pays et de la marche du monde si l’on en douterait encore. Finalement, un président…plus humain ! Dommage qu’on doive attendre 20 ans encore pour voir « paupol » aussi vif que live !

Publié le :
31/10/2007

L’UNESCO recrute le directeur de l’Institut

octobre 31, 2007

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UNESCO

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Bureau de l’UNESCO à Moscou

Actualités de référence

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Mesurer l’impact de l’utilisation des TIC au service de l’éducation

L’UNESCO recrute le directeur de l’Institut pour l’application des technologies de l’information à l’éducation

31-10-2007 (Paris)

L’UNESCO recrute actuellement un expert de haut niveau en éducation et TIC, qui sera chargé de définir la stratégie et d’assurer le fonctionnement de l’Institut pour l’application des technologies de l’information à l’éducation de Moscou.

L’Institut pour l’application des technologies de l’information à l’éducation (ITIE), implanté à Moscou, est l’institut spécialisé de l’UNESCO dans l’échange d’information, la recherche et la formation concernant l’application des technologies de l’information et de la communication (TIC) à l’éducation.

L’ITIE mène des activités de recherche, de formation et d’information dans les domaines suivants : soutien au renforcement des capacités nationales pour l’application des TIC dans les systèmes éducatifs ; création d’un environnement propice à la circulation de l’information et donc à l’éducation ; amélioration de la qualité de l’éducation grâce aux TIC ; et incitation à utiliser les TIC dans l’éducation pour apprendre à vivre ensemble.

Principales fonctions du directeur :

Sous l’autorité du Directeur général et la supervision directe du sous-directeur général pour l’Education (ADG/ED), et guidé par le Conseil d’administration de l’ITIE, le directeur de l’Institut définit la stratégie de l’Institut et en assure le fonctionnement ; il planifie et exécute son programme et fait rapport à ce sujet et assure la direction intellectuelle de l’ITIE.

Le titulaire établit, dans le cadre du Programme et budget de l’UNESCO, et en étroite coopération avec l’ADG/ED, le Programme et budget de l’Institut, en conformité avec la politique générale de l’UNESCO, ainsi que les résolutions de la Conférence générale, les grandes orientations et les principaux axes du programme de l’UNESCO relatif à l’éducation ; organise les réunions annuelles du Conseil d’administration de l’ITIE, rédige et soumet à ce dernier des rapports sur l’exécution du Programme et les propositions relatives au projet de programme général et de budget de l’Institut ; met en œuvre le programme et budget approuvé par le Conseil d’administration, en coopération avec l’ADG/ED ; assure une étroite coopération avec le Secteur de l’éducation et les autres secteurs, les bureaux hors Siège, les instituts spécialisés de l’UNESCO et les autres services et unités concernés ; supervise et gère le personnel de l’Institut en consultation avec le Conseil d’administration, l’ADG/ED et le directeur du Bureau de la gestion des ressources humaines de l’UNESCO ; maintient des relations avec les hauts fonctionnaires des gouvernements coopérant à la mise en œuvre du programme de l’ITIE ; assure la mobilisation des ressources extrabudgétaires ; et établit et maintient d’étroites relations professionnelles et des partenariats avec les organisations internationales gouvernementales et non gouvernementales, les institutions internationales et nationales et le secteur privé dans le domaine de compétence de l’Institut.

Titres et expérience :

Doctorat en éducation et/ou en sciences sociales, de préférence en TIC dans l’éducation.
Expérience avérée et bonne connaissance des TIC dans l’éducation, y compris des tendances et innovations technologiques applicables à l’éducation.
Au moins 15 ans d’expérience professionnelle de haut niveau dans l’administration et l’organisation de programmes de recherche et de formation. Une expérience de la recherche sur l’application des TIC serait un avantage.
Solide connaissance des tendances et pratiques actuelles en matière de politiques et stratégies des TIC à l’échelle internationale.
Aptitude à déceler les nouveaux besoins en matière d’éducation, trouver de nouveaux moyens d’action et à mobiliser des ressources auprès des agences de financement.
Compétences avérées en matière de gestion.
Connaissance très pointue des technologies de l’information.
Maîtrise parfaite de l’anglais et du russe écrits et parlés. La connaissance d’une autre langue officielle de l’UNESCO (français, arabe, chinois ou espagnol) serait un atout.

Compétences requises :
Le candidat retenu devra faire preuve des compétences suivantes :
aptitude à définir une orientation stratégique claire et gérer un programme ambitieux ;
compétences technologiques et bonne connaissance de l’utilisation et des applications des TIC ;
aptitude à diriger et motiver des équipes dans un environnement multiculturel et à assurer la formation continue et le perfectionnement du personnel ;
aptitude à communiquer, de façon efficace et convaincante, oralement et par écrit, et à exercer une supervision et un contrôle appropriés ;
aptitude à établir des plans et des priorités et à les mettre en application efficacement.

Conditions d’emploi :
Il s’agit d’un poste de la classe D-1 du régime commun des Nations Unies, à laquelle correspondent un traitement de base et une indemnité d’ajustement pour affectation dont le total, au taux de change actuel du dollar, s’élève, par an, à environ 157 630 USD (avec personnes à charge) ou 147 700 USD (sans personne à charge), exonéré d’impôts. De surcroît, l’UNESCO offre un ensemble d’avantages intéressants, notamment un congé annuel de 30 jours ouvrables, un voyage dans le pays d’origine, une allocation pour frais d’études pour les enfants à charge, un régime de retraite et une assurance médicale. L’engagement initial sera d’une durée de deux ans, renouvelable.

Présentation des candidatures :
Les candidatures à ce poste doivent être présentées via le site web :
www.unesco.org/emplois

Les personnes n’ayant pas facilement accès à l’Internet peuvent, à titre exceptionnel, adresser leur dossier de candidature par courrier postal en adressant un curriculum vitae complet, en anglais ou en français, de préférence sur l’imprimé réglementaire de l’UNESCO, au :
Chef de la Section du recrutement et des effectifs, Bureau de la gestion des ressources humaines
UNESCO, 7 Place de Fontenoy
75352 Paris 07-SP, France.
Il pourra être fait appel à un centre d’évaluation dans la procédure de recrutement à ce poste.
Les dossiers de candidature devront parvenir à l’UNESCO avant le 7 décembre 2007. Prière de rappeler le numéro du poste “EU/RP/RUS/ED/0900”.

Les candidatures féminines sont encouragées ainsi que les candidatures de ressortissants d’Etats membres non représentés ou sous-représentés.

Ce courriel a été envoyé à [abenacanal2@yahoo.fr]
Cliquez ici pour annuler instantanément votre souscription.
Cliquez ici pour modifier vos preferences.

Secteur de la communication et de l’information
1, rue Miollis, 75732 Paris Cedex 15, France
+ 33.1.4568 4243

Le Directeur général condamne des assassinats

octobre 31, 2007

Contacts

UNESCO, Division de la liberté d’expression, la démocratie et la paix

Source

Communiqué de presse UNESCO No.2007-139

Liens de référence

Service d’information de l’UNESCO

Le Directeur général condamne des assassinats et un enlèvement de journalistes en Iraq

Arrêtez de tuer des journalistes
© Derstandard

31-10-2007 (Paris)

Le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, a condamné l’assassinat le 28 octobre de Shehab Mohammad al-Hiti, journaliste dans un hebdomadaire récemment créé, al-Youm. Il a également condamné l’assassinat du chauffeur d’une correspondante de Radio Free Europe/Radio Liberty dont le corps a été retrouvé le 22 octobre. La correspondante est portée disparue depuis cette date.

Les noms du chauffeur assassiné et de la journaliste enlevée n’ont pas été communiqués pour protéger la vie de la journaliste.
« Je condamne l’assassinat de Shehab Mohammad al-Hiti et du chauffeur de la correspondante de Radio Free Europe/ Radio Liberty », a déclaré le Directeur général. « Et le sort de la correspondante me préoccupe beaucoup. Harceler, intimider, enlever et tuer les journalistes et ceux qui ont le courage de travailler avec eux dans des conditions extrêmement dangereuses, c’est porter atteinte aux droits de l’homme de la société toute entière. Les Iraquiens, comme chacun d’entre nous, jouissent du droit fondamental et inaliénable de s’informer sur les évènements et de les commenter. On ne peut pas laisser la violence prendre le pas sur la liberté d’expression ».

Shehab Mohammad Al-Hiti, âgé de 27 ans, a été vu pour la dernière fois le 28 octobre alors qu’il quittait son domicile pour se rendre dans les locaux d’al-Youm, un magazine lancé ce mois-ci. Son cadavre a été retrouvé le même jour à Ur, dans les environs de Bagdad. Il est le 122e journaliste tué en Iraq depuis mars 2003, selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Le CPJ rapporte aussi que 42 assistants des médias ont été tués dans le pays depuis le début de la guerre, ce chiffre incluant le chauffeur de la correspondante du service en langue arabe de la radio financée par les Etats-Unis.

L’UNESCO est la seule agence des Nations Unies qui dispose d’un mandat pour défendre la liberté d’expression et la liberté de la presse. L’article 1 de son Acte constitutif déclare que l’Organisation se propose « d’assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion, que la Charte des Nations Unies reconnaît à tous les peuples ». Pour y parvenir, l’Organisation doit favoriser « la connaissance et la compréhension mutuelle des nations en prêtant son concours aux organes d’information des masses et recommande, à cet effet, tels accords internationaux qu’elle juge utiles pour faciliter la libre circulation des idées, par le mot et par l’image…»

Ce courriel a été envoyé à [abenacanal2@yahoo.fr]
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Newletter Afrique Centrale

octobre 31, 2007

bandeau news

Union Africaine

Jean Ping aux commandes de l’UA ?

Le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a été porté mardi à la tête de Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC), succédant au président du Congo, Denis Sassou Nguesso. (31/10/2007)

suite de l’article

Tchad

N’Djamena calme le jeu

Le gouvernement tchadien a assuré mardi ne pas chercher « à se servir » de l’affaire née de la tentative d’une association française d’emmener de l’est du Tchad en France 103 enfants de la région, assurant qu’elle n’empêcherait pas le déploiement prévu d’une force européenne. « N’ayant rien à se reprocher, le gouvernement tchadien ne cherche aucunement à se servir de cette affaire malheureuse contre qui que ce soit », affirme le gouvernement dans un communiqué publié mardi soir à N’Djamena. (31/10/2007)

suite de l’article

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IFJ Accuses Chad over Journalists Caught in ‘Child Kidnap’ Case

octobre 31, 2007

Version française ci-dessous

EN

Media Release
30 October 2007

IFJ Accuses Chad over Journalists Caught in ‘Child Kidnap’ Case

The International Federation of Journalists (IFJ) today called on the government of Chad to release journalists accused along with members of a French NGO of kidnapping children from the border between Chad and the Darfur region in Sudan.

“Regardless of the merits of the kidnapping case against the members of the group that planned to transport the children, the journalists documenting it should not be considered accomplices,” said IFJ General Secretary Aidan White. “They are only observers and should be released immediately and all charges against them should be dropped.”

The case involves a French group called Zoe’s Ark, which has told the press it wanted to help the children, not abduct them. Members of the group were attempting to fly with 103 children from Chad to France where the children were supposed to live with host families. The French government has condemned the operation and its ambassador has said those involved would face the Chadian justice system.

Two journalists who were covering Zoe’s Ark while it was in Chad are being tried with the members of the group. A third journalist who appears to have been with the group for personal and not professional reasons is also being charged. In all 9 French nationals, including the three journalists and six associated with the NGO, are being charged with kidnapping the children. Seven Spanish nationals who were working as the flight crew for the plane chartered to transport the children are being charged as accomplices.

The IFJ and French affiliates SNJ and SNJ-CGT say that journalists covering this event are protected under international law and should not be subject to official action.

“It’s a grave mistake to confuse the work of journalists with that of their subjects,” said White. “We urge the authorities in Chad to clear the journalists who were with Zoe’s Ark for professional reasons of any charges and to release them immediately.”

For more information contact the IFJ at 32 2 235 2207
The IFJ represents over 600,000 journalists in 114 countries worldwide.

FR

Communiqué de presse
30 octobre 2007

La FIJ interpelle le Tchad à propos des journalistes impliqués dans l’affaire des “enfants enlevés”

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) a appelé aujourd’hui les autorités Tchadiennes à libérer les journalistes qui sont accusés d’enlèvement d’enfants en compagnie des membres d’une ONG française qui opérait au Darfour et au Tchad.

« Quels que soient les accusations portées contre les membre de cette organisation qui projetait de déplacer des enfants, les journalistes qui travaillaient sur ce sujet ne peuvent pas être considérés comme des complices » a déclaré le secrétaire général de la FIJ Aidan White. « Ils ne sont que des observateurs ; ils doivent être libérés immédiatement et blanchis de toute accusation ».

L’affaire concerne un groupe français appelé “l’Arche de Zoé”, qui déclare vouloir aider les enfants mais pas les enlever. Ses membres tentaient de quitter le Tchad avec 103 enfants originaires du Darfour pour les emmener dans des familles d’accueil en France. Le gouvernement français a condamné ces opérations et son ambassadeur a déclaré que les personnes impliquées allaient être traduites en justice au Tchad.

Deux journalistes qui couvraient les activités de l’Arche de Zoé au Tchad ont été accusés en même temps que les membres de l’association. Une troisième journaliste qui se trouvait dans le groupe pour des raisons personnelles a également été mise en accusation. En tout neuf ressortissants français ont été accusés d’enlèvement d’enfants. Sept espagnols qui travaillaient pour la compagnie aérienne chargée du transport des enfants ont également été accusés de complicité.

La FIJ et deux de ses membres français, le SNJ et le SNJ-CGT, estime que les journalistes qui couvraient ces évènements étaient protégés par le droit international et ne devraient pas être mis en accusation.

« C’est une grave erreur de confondre le travail des journalistes avec le sujet de leurs reportages », a déclaré M. White. «Nous demandons aux autorités tchadiennes de lever les accusations contre les journalistes qui couvraient les activités de l’Arche de Zoé pour des raisons professionnelles et de les libérer immédiatement ».

Pour plus d’informations contactez la FIJ au +32 2 235 2207
La FIJ représente plus de 600,000 journaliste dans 114 pays dans le monde.


UNICEF : LES ENFANTS TCHADIENS ‘PRESQU’ENLEVÉS’ EN BONNE SANTÉ

octobre 31, 2007

New York, Oct 30 2007  6:00PM
Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (<« http://www.unicef.org/french/index.php« >UNICEF) a annoncé aujourd’hui que les 103 enfants tchadiens qui ont fait l’objet d’une « tentative d’enlèvement » de la part d’un groupe de travailleurs sociaux appartenant à une organisation non gouvernementale française (ONG) étaient en bonne santé et dans de bonnes dispositions.
La porte-parole du Secrétaire général, Michèle Montas, a précisé ce matin lors du point de presse quotidien que, d’après l’UNICEF, les enfants, qui résidaient pour l’instant dans un orphelinat d’Abèche, avaient reçu de la nourriture et des jouets et étaient sous la surveillance d’une dizaine de membres de l’agence humanitaire, dont le chef de la section de la protection de l’enfant. Une quarantaine d’autres membres du personnel de l’UNICEF reçoivent par ailleurs une formation en matière de soins de l’enfant.
Entretemps, des enquêteurs tentent de déterminer d’où viennent ces enfants et s’ils ont de la famille. En attendant, selon certaines sources, les neuf travailleurs sociaux de l’ONG française l’Arche de Zoé, coupables d’avoir voulu faire sortir ces enfants illégalement du pays, seraient inculpés de tentative d’enlèvement et d’escroquerie par les autorités tchadiennes.
À la suite de cet incident, l’UNICEF a < » http://www.unicef.org/media/media_41118.html« >réitéré son appui aux instruments internationaux adoptés en matière de droits et d’adoption des enfants.
Le premier, la Convention relative aux droits de l’enfant, stipule sans équivoque que chaque enfant a le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux. Lorsque cela s’avère impossible, il faudra lui procurer un environnement familial alternatif approprié, de préférence à un placement en institution, solution à n’adopter qu’en dernier ressort, prévoit le document.
Le second est la Convention de La Haye sur l’adoption internationale. Celle-ci affirme, en particulier, que l’adoption internationale ne peut être accordée que par les autorités compétentes, selon les mêmes normes et mêmes garanties que les adoptions nationales, et que les personnes qui participent au processus d’adoption internationale ne peuvent en tirer des gains financiers inappropriés.