BURUNDI: Une sensibilisation insuffisante des jeunes au VIH/SIDA

BUJUMBURA, 1 février

– Les enseignants du Burundi demandent que l’éducation sur le VIH/SIDA se voie accorder une place plus importante au sein des programmes scolaires, pour que les élèves du cursus secondaire et des dernières classes du cursus primaire, dont beaucoup sont sexuellement actifs, soient suffisamment informés au sujet de la pandémie.

Selon Ernest Mberamiheto, vice-ministre chargé de l’Enseignement de base et secondaire, les études menées en 2004 par le gouvernement ont révélé que 23 pour cent des enfants scolarisés avaient eu des rapports sexuels avant l’âge de 14 ans.

« Si l’infection par le VIH n’est pas sérieusement contrôlée, elle aura des répercussions néfastes sur le système éducatif dans son ensemble », a-t-il dit au cours d’un atelier sur le nouveau guide d’éducation sur le VIH lancé par le gouvernement et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) à l’attention des enseignants, au cours du mois de janvier.

Les cours d’éducation civique couvrent divers sujets, notamment les droits humains, la démocratie, la paix et l’environnement, en plus du VIH/SIDA, mais le programme des dernières classes du cursus primaire n’a pas encore été développé et l’éducation civique n’est généralement enseignée que dans les petites classes de l’école primaire, a indiqué Victoire Nahimana, directrice générale des bureaux pédagogiques burundais.

Les enseignants peuvent, à leur discrétion, aborder le VIH dans le cadre des leçons qu’ils donnent aux enfants plus mûrs, mais il n’y a pas de cours officiels sur le sujet.

« Si, en cours de français, nous tombons sur un texte qui traite du VIH/SIDA, on en parle […] un texte de lecture intitulé par exemple « les symptômes des maladies » ou « comment prévenir l’infection par le VIH » », a expliqué Jean-Michaël Hassan, instituteur à l’école primaire Kabondo, à Bujumbura, capitale du Burundi.

« De cette façon, nous amenons les enfants à discuter des maladies sexuellement transmissibles, et notamment du VIH, mais on ne me donne pas le temps d’aborder le VIH/SIDA séparément ».

Dans les établissements secondaires, les informations concernant le VIH/SIDA sont communiquées dans le cadre des cours d’éducation civique. Selon Richard Ngendakuriyo, principale du collège Mutanga, à Bujumbura, les adolescents sont plus intéressés par la sexualité et se montrent particulièrement curieux au sujet du VIH.

Le ministère de l’Education a également mis en place un système d’éducation par les pairs, dans le cadre duquel certains enfants des établissements publics sont sensibilisés au VIH et encouragés, par la suite, à organiser des séances de débat avec leurs camarades, afin de favoriser les discussions ouvertes sur la sexualité et le VIH/SIDA.

M. Ngendakuriyo estime néanmoins qu’il est urgent de ménager une place solide et officielle à l’éducation sur le VIH et la sexualité responsable dans le programme du cursus secondaire. « Jusqu’ici, au cours du premier trimestre de 2008, il s’est avéré que deux élèves étaient tombées enceintes, et deux autres ont arrêté l’école, probablement pour les mêmes raisons ».

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