AFRIQUE DU SUD: Un nouveau traitement de PTME bientôt disponible

JOHANNESBOURG, 1 janvier 1980

– L’attente est enfin terminée. Les femmes enceintes séropositives d’Afrique du Sud auront désormais accès aux médicaments susceptibles de réduire davantage leur risque de transmettre le virus à leurs bébés, le ministère de la Santé ayant enfin publié et transmis aux établissements hospitaliers les directives recommandant l’administration d’un traitement combiné à base de deux médicaments, plus efficace, en lieu et place de la monothérapie antirétrovirale (ARV).

Devant les pressions croissantes des activistes frustrés, la Commission des politiques du Conseil national de la santé a organisé une réunion extraordinaire, le 25 janvier 2008, pour adopter les nouvelles directives, qui prévoient notamment d’administrer de la zidovudine – également connue sous le nom d’AZT – aux femmes enceintes séropositives, dès la 28e semaine de grossesse et jusqu’à l’accouchement, ainsi qu’une dose unique de névirapine pendant le travail. Le nourrisson recevra, quant à lui, une dose unique de névirapine, puis un traitement AZT pendant sept jours

Au début de la semaine du 25 janvier, la Treatment Action Campaign (TAC), groupe de lobbying pour la lutte contre le sida, et la Société sud-africaine des cliniciens VIH, dont les 14 000 membres exercent dans le domaine du VIH/SIDA, avaient appelé le ministère de la Santé à finaliser les modifications apportées au nouveau régime pour assurer une meilleure protection aux nourrissons.

« En Afrique du Sud, pays à revenu moyen où la majorité des femmes accouchent dans des structures publiques, le fait que les femmes séropositives se voient offrir un régime inférieur aux normes préconisées pour protéger leurs enfants reflète tristement [l’inefficacité de] notre système de santé », avait déclaré la TAC.

Les directives de l’Organisation mondiale de la santé en matière de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant (PTME) recommandent l’administration d’une association d’ARV, qui permet de réduire le risque de transmission à cinq pour cent seulement.

La difficulté consiste désormais à s’assurer que ces directives sont communiquées aux travailleurs de la santé des établissements de santé publique et que les médicaments nécessaires leur sont fournis pour que les jeunes mamans et leurs bébés puissent en bénéficier au plus vite.

Un nouveau traitement « pas si compliqué »

Malgré tout, si les zones équipées d’infrastructures adéquates n’auront pas de difficultés à appliquer ces nouvelles directives, les régions rurales pourraient connaître quelques problèmes, a admis le professeur Glenda Gray, co-directrice de l’Unité de recherche sur le VIH au stade périnatal de l’université Witwatersrand de Johannesburg.

« De toute évidence, les régions plus rurales, où il y a moins de médecins et de ressources humaines, et où il y aura des problèmes d’approvisionnement en médicaments, vont avoir du mal […] mais cela ne veut pas dire que ce n’est pas possible ». Qu’elles que soient les difficultés, le nouveau régime n’est pas « si compliqué », et « quand on veut, on peut », a-t-elle estimé.

Selon un communiqué du gouvernement, l’alimentation des nourrissons « reste un domaine problématique ». Les directives reconnaissent que des informations scientifiques concluantes manquent pour orienter l’élaboration de politiques dans ce domaine, et recommandent de laisser aux mères le choix de nourrir leurs bébés exclusivement au sein ou au lait maternisé pendant six mois.

« Tant que le lait maternel sera infecté [et] qu’il y aura un risque de transmission du VIH, il faudra leur laisser le choix. On ne peut pas exiger des mères qu’elles allaitent quand d’autres choix s’offrent à elles, et on ne peut pas non plus s’attendre à ce que les mères pauvres nourrissent leurs bébés au lait maternisé […] nous devons leur laisser le choix », a suggéré le professeur Gray.

Le lait maternisé offre le risque de transmission le plus faible, mais seulement si les mères ont accès à de l’eau salubre, à l’électricité et à un approvisionnement ininterrompu en lait maternisé ; dans le cas contraire, l’allaitement est généralement l’option la plus sûre.

Pour appliquer ces directives, il faudra augmenter le budget consacré à la PTME pour 2008/09, qui passera de 85 millions de rands (11,8 millions de dollars) à 281 millions de rands (39 millions de dollars) ; le ministère de la Santé sollicitera des fonds supplémentaires auprès du Trésor public pour pouvoir financer ce programme.

Le programme de PTME devra également améliorer son système de gestion des dossiers médicaux, assurer un accès adéquat aux services de laboratoire, et un approvisionnement ininterrompu en médicaments, et en lait maternisé et autres compléments nutritionnels, a déclaré le ministère de la Santé.

Charity Bhengu, porte-parole du ministère de la Santé, a déclaré à IRIN/PlusNews que les directives étaient en cours de modification finale et pourraient être consultées par le grand public sur le site web du ministère dans le courant de la semaine.

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