Addis Abeba: Ouverture du 10e sommet de l’UA avec le Kenya au centre des préoccupations


Click to jump to 'AFP'ADDIS ABEBA – 31 JANVIER 2008
© AFP
Les chefs d’Etat et de gouvernement des 53 Etats membres de l’Union africaine (UA) ont entamé leurs travaux jeudi à Addis Abeba avec au centre de leurs préoccupations la crise majeure au Kenya, l’un des pays d’Afrique les plus stables jusqu’à la fin de l’année dernière.
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En ouverture du sommet, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon a jugé qu’il était de la « responsabilité particulière » des leaders kényans de « résoudre la crise pacifiquement ».

Il a également appelé dans son discours les acteurs de la crise kényane à « calmer les violences et à résoudre leurs différends par le dialogue et un processus politique ».

Le président de la Commission de l’UA, Alpha Oumar Konaré, a jugé que « toute l’urgence » au Kenya était « d’éteindre le feu ». Il a exhorté les protagonistes de la crise à « arrêter, arrêter, arrêter » sous peine de voir le Kenya « brûler », dans un discours devant le sommet, auquel participe le président kényan Mwai Kibaki.

« L’actualité brûlante a mis sur votre agenda le dossier du Kenya. Tragiquement, le Kenya est le pays qui a toujours donné, accueilli les autres, leur a toujours parlé pour qu’ils fassent la paix, un pays d’espoir pour notre continent », a-t-il déclaré.

Au Kenya, « on parle d’épuration ethnique, de génocide, nous ne pouvons pas nous croiser les mains », a-t-il souligné.

Le Kenya, pays d’Afrique de l’Est réputé pour sa stabilité jusqu’à la fin de l’année dernière, est secoué par une crise née de la contestation par l’opposition de la réélection de M. Kibaki lors de la présidentielle du 27 décembre.

Cette crise a déjà fait en plus d’un mois près de 1.000 morts et 250.000 à 300.000 déplacés.

Le président en exercice de l’UA, John Kufuor, avait effectué début janvier, sans succès, une mission de médiation. Il a depuis passé le relai à l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, actuellement à Nairobi.

L’opposition kényane, dont une délégation se trouve également en Ethiopie, avait demandé à l’UA de ne pas accueillir M. Kibaki. Mais l’organisation panafricaine a souhaité jouer l’apaisement.

A l’instar de précédents sommets de l’organisation, le thème officiel de la réunion, « le développement industriel de l’Afrique », sera occulté par les crises qui minent le continent, notamment le Kenya, la Somalie, et le Darfour (province de l’ouest du Soudan).

M. Ban doit ainsi lors de ce sommet évoquer les difficultés de déploiement de la force de paix hybride UA-ONU au Darfour, en guerre civile depuis près de cinq ans.

Le dossier de la Somalie, en guerre civile depuis 1991, figure également à l’agenda. L’UA a engagé en mars 2007 une force de paix en Somalie (Amisom) pour tenter de stabiliser le pays, mais l’organisation ne parvient pas à convaincre ses membres de fournir des troupes.

L’UA est aussi engagée au Darfour, dans le cadre d’une force conjointe avec l’ONU, la Minuad, également confrontée à des problèmes de sous-effectifs qui devraient être évoqués pendant le sommet.

Sur le plan interne à l’organisation, l’élection du successeur du président de la Commission, ainsi que celle du vice-président et des commissaires figure au programme, mais a déjà été reportée. Un nouveau report in extremis reste possible.

Trois candidats restent en lice, dont le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Gabon, Jean Ping, donné favori en cas d’élection.

Lancée en 2002, l’UA est inspirée de l’Union européenne (UE). Parmi ses organes constitutifs figurent la Conférence, organe suprême qui regroupe les chefs d’Etat et de gouvernement, la Commission, chargée de l’application des politiques de l’Union, et le Conseil exécutif (ministres).

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