MONDE: Plus de travailleurs pour de meilleurs soins de santé

JOHANNESBOURG, 24 décembre 2007

– Le monde présente un déficit de plus de quatre millions de travailleurs de la santé, mais une nouvelle proposition de changement en matière de prestation de soins pourrait permettre de pallier la pénurie et d’injecter du sang neuf dans le système.

Le numéro du New England Journal of Medicine paru le 13 décembre contient un article, intitulé Rapid Expansion of the Health Workforce in Response to the HIV Epidemic [Expansion rapide du personnel de santé en réaction à l’épidémie de VIH], qui présente le plan de bataille élaboré par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour lutter contre cette pénurie et révolutionner notre façon d’envisager les soins de santé.

Ce plan, baptisé Traiter, former, fidéliser, vise à traiter et à prévenir le VIH chez les travailleurs de la santé, à former les nouveaux venus pour faciliter le « transfert des tâches », et à tenter de fidéliser les travailleurs déjà en exercice.

Au Swaziland, notamment, selon un rapport publié par l’OMS en 2006, le secteur de la santé publique est paralysé par le manque de personnel : 44 pour cent des postes de médecins, 19 pour cent des postes d’infirmiers et 17 pour cent des postes d’infirmiers auxiliaires sont vacants.

Selon les auteurs, le deuxième domaine d’intervention du plan – la formation – constitue l’impératif le plus difficile à satisfaire pour pouvoir accroître le personnel de santé, tout en confiant certaines tâches, telles que l’administration des traitements, à des travailleurs de la santé moins spécialisés, dans le cadre du transfert des tâches.

Le transfert des tâches a été mis en ouvre avec succès, à la fois dans des pays à faibles revenus et à revenus élevés. La République démocratique du Congo a introduit cette pratique dans les années 1970 et 1980 pour pallier la pénurie de travailleurs de la santé pleinement qualifiés. Plusieurs études montrent que les médecins pourraient déléguer certaines tâches standardisées à des auxiliaires sans que cela affecte la qualité des soins.

Ces dernières années, aux Etats-Unis et en Australie, certaines interventions médicales autrefois pratiquées par les médecins sont de plus en plus confiées aux infirmières, et les études menées en parallèle font état d’une amélioration de la qualité des soins, accompagnée d’une réduction des coûts.

Le rôle des responsables cliniques et des assistants médicaux est déjà essentiel dans l’administration des traitements contre le VIH au Kenya, en Ethiopie et au Malawi, et serait également en passe de le devenir en Zambie.

Toutefois, le nouveau modèle sanitaire présenté par l’OMS va au-delà du personnel médical (infirmiers et cliniciens, notamment), puisqu’il vise également les communautés, une approche déjà adoptée dans certains pays, tels que l’Afrique du Sud, la Zambie, l’Inde ou le Lesotho.

Les auteurs ont néanmoins averti que le passage à des soins de santé innovants devrait s’accompagner d’une évolution des mentalités ; selon eux, les nouveaux systèmes ne permettront pas d’arranger les choses rapidement : il faudra créer des systèmes de formations et de qualifications, ainsi que des protocoles standardisés, notamment sur la prescription de traitements médicaux simplifiés.

L’adoption de ces nouveaux modèles passera par l’engagement politique et financier des gouvernements, des bailleurs et des organisations internationales.

Les Directives du plan Traiter, former, fidéliser seront présentées à l’occasion de la toute première conférence mondiale sur le transfert des tâches, qui se tiendra à Addis-Abeba, en Ethiopie, à la mi-janvier 2008.

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