Gouvernance : L’âge des chefs d’Etat

 
Click to jump to 'Repères'YAOUNDE – 28 NOVEMBRE 2007
© Innocent Ebodé, Repères

Il fait débat, notamment en Afrique. Du Cameroun au Gabon, en passant par l’Egypte, l’âge de nos dirigeants pose problème. Surtout lorsque le Prince se statufie au pouvoir depuis des lustres.

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Cette catégorie de chefs d’Etat africains est de plus en plus contestée par les jeunes générations qui aspirent à tourner le dos à cette pratique féodale qui veut que le pouvoir du chef soit éternel. En revanche, les Africains de la nouvelle génération, abreuvés à la source des thèses démocratico-libertaires, sont favorables au rajeunissement de l’élite dirigeante du continent. Les cas de Joseph Kabila et de Faure Gnassingbe sont pour eux, porteurs d’espoir.

Mais le fond du débat n’est pas l’âge en tant que tel. C’est l’âge en tant qu’il est susceptible d’être un facteur limitant de l’exercice du pouvoir suprême. Un chef d’Etat très âgé peut-il efficacement diriger l’Etat ? Oui, affirment ceux qui soutiennent que l’expérience est un facteur important de la gestion des affaires publiques. Ils s’empressent de prendre l’exemple de deux octogénaires : le Sénégalais Abdoulaye Wade et le Zimbabwéen Robert Mugabe. Ils omettent de citer d’autres cas où l’âge peut constituer un handicap, comme celui de feu Bourguiba qui nommait un premier ministre pour le remercier le lendemain.

A contrario, un  » jeunot  » au palais présidentiel, peut-il être un authentique chef d’Etat ? Les tenants du renouvellement du personnel politique en Afrique, sont eux aussi affirmatifs. La preuve, Grâce à Joseph Kabila, jeune trentenaire, la situation de la République démocratique du Congo se normalise. Finalement, pour essayer de mettre tout le monde d’accord, il faut peut-être indiquer que l’âge n’est pas un critère nécessairement essentiel pour diriger l’Etat. Peut-être, sont-ce la valeur intrinsèque, la compétence et la sagesse qui font un grand homme d’Etat… Repères présente dans ces lignes une galerie de portraits non exhaustive de chefs d’Etat d’Afrique et d’ailleurs, jeunes ou vieux qui sont aux commandes. Chacun appréciera.

Abdoulaye Wade (Sénégal) : 81 ans

Fonction : Président du Sénégal
Date d’accession au pouvoir : 1er avril 2000
Durée du mandat présidentiel : 5 ans (depuis 2001)
Abdoulaye Wade, surnommé « Gorgui » (« le vieux » en wolof), est né à Kébémer le 29 mai 1926. Il suit un cursus universitaire en France, où il obtient en 1959 un doctorat en droit et sciences économiques. De retour au Sénégal, il s’illustre en tant qu’avocat à la Cour d’Appel de Dakar. Au début des années 70, il met ses compétences d’expert et de consultant au service de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) et de la Banque Africaine de Développement.
Hostile au Parti socialiste au pouvoir, il est emprisonné à plusieurs reprises. En 1974, il crée le Parti Démocratique Sénégalais (PDS). Candidat malheureux à quatre reprises à l’investiture suprême (1978, 1983, 1988 et 1993), Wade l’emporte en 2000 face au Président sortant Abou Diouf.

Omar Bongo Ondimba (Gabon) : 72 ans

Fonction : Président de la République du gabon
Date d’accession au pouvoir : 1967
Durée du mandat présidentiel : 6 ans.
Omar Bongo Ondimba est le doyen des chefs d’Etat africains du fait de sa durée au pouvoir. Depuis 40 ans, les Gabonais ne connaissent que lui. Né en 1935, il a été vice-président du Gabon sous Léon Mba,  » Le père de l’Indépendance « . Après le décès de ce dernier en 1967, celui qui s’appelait alors Albert Bongo avant de s’islamiser, accède au pouvoir. Il ne le quitte plus. Connu pour son franc-parler, Omar Bongo Ondimba a réussi à  » mettre tout le monde dans sa poche « , y compris tous les « maitres  » de la  » métropole « . Il est en effet le symbole vivant de la  » Françafrique « . Mêmes les vagues de revendications démocratiques des années 90 n’ont pas pu terrasser le vieux baobab.

Manmohan Singh : 75 ans (Inde)

Fonction : Premier ministre de l’Inde
Date d’accession au pouvoir : 22 mai 2004
Durée du mandat : variable
Manmohan Singh (« lion charmant » en français) est né le 26 septembre 1932 à Gah, dans la province du Penchab (aujourd’hui située au Pakistan). Economiste de formation, il a suivi de brillantes études à Oxford et à Cambridge. Membre du Parti du Congrès, ancien ministre des Finances et ancien gouverneur de la Banque centrale indienne, il est considéré comme le père du processus de réforme économique du pays.

En 2004, Sonia Gandhi, présidente du Parti du Congrès, est pressentie pour occuper le poste de Premier ministre (en Inde, c’est lui qui détient le pouvoir exécutif). Evincée à la suite d’une violente campagne sur ses origines étrangères, elle y renonce mais parvient à imposer Manmohan Singh, un Sikh. Ce dernier prête serment le 22 mai et devient ainsi le premier chef de gouvernement issu d’une minorité religieuse, tous ses prédécesseurs ayant été hindous.

Paul Biya (Cameroun) : 74 ans

Fonction : Président du cameroun
Date d’accession au pouvoir : 6 novembre 1982
Durée du mandat présidentiel : 7 ans renouvelable une fois (depuis 1996)

Né le 13 février 1933 à Mvomeka’a, village du Sud Cameroun. En 1975, il est nommé Premier ministre du Cameroun par le Président Ahmadou Ahidjo au poste de chef de gouvernement qu’il va occuper durant 7 ans. Le 06 novembre 1982, M. Paul Biya accède à la magistrature suprême, suite à la démission de M. Ahmadou Ahidjo, intervenue deux jours plus tôt.

Le 06 avril 1984, M. Paul Biya échappe à un coup d’Etat.

Le 24 mars 1985, il dissout l’Union nationale camerounaise (Unc) et crée son propre parti politique, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc).

En Octobre 1992, avec 39% des suffrages, M. Paul Biya est déclaré vainqueur de la présidentielle, le premier scrutin pluraliste après l’indépendance du Cameroun en 1960.

Cette victoire est vivement contestée par l’opposition qui paralyse le pays durant de longs mois.

En 1997, le Président améliore son score. Il obtient cette fois 97% des suffrages. Un véritable raz-de-marée qu’il va confirmer en 2004, pour son second et en principe dernier septennat.

Mwai Kibaki : 76 ans (Kenya)

Fonction : Président du Kenya
Date d’accession au pouvoir : 30 décembre 2002
Durée du mandat présidentiel : 5 ans.
Mwai Kibaki est né le 15 novembre 1931 à Nyeri. En 1955, il obtient une bourse et part étudier à Londres. De retour au Kenya, il participe à la lutte pour l’indépendance et à la rédaction de la Constitution parlementaire. Il est d’abord membre du KANU, le parti au pouvoir depuis l’indépendance.
En 2002, représentant de la « Coalition Arc-en-ciel », il remporte, à 71 ans, l’investiture suprême face à Uhuru Kenyatta, 42 ans. Kibaki met alors un terme aux 24 années de règne de Daniel Arap Moi.

Quelques autres “vieux”

Malietoa Tanumafili II Chef de Samoa 93 ans
Girma Wolde-Giorgis Président de l’Ethiopie 82 ans
Sellapan Rama Nathan Président de Singapour 82 ans
Abdallah 1er Roi d’Arabie Saoudite 82 ans
Georgio Napolito Président de l’Italie 82 ans
Robert Mugabe Zimbabwe 82 ans
Valdas Adamkus Lituanie 81 ans
Fidel Castro Président de Cuba 81 ans
Hosni Moubarak Président de l’Egypte 78 ans
Tassos Papadopoulos Chypre 73 ans
Stjepan Mesic Croatie 72 ans

Les « Bébés Présidents »

Les chefs d’Etat les plus jeunes se trouvent en Afrique.
Joseph Kabila, Président de la RDC 36 ans
Mswati III, Roi du Swaziland 39 ans
Faure Gnassingbe, Président du Togo, 41 ans
Yahya Jammeh, Président de la Gambie, 41 ans
Mohammed VI Roi du Maroc 42 ans

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