ISRAËL: La Cour suprême veut des précisions sur les sanctions à Gaza

ISRAEL-TPO, 9 novembre

– Le 7 novembre, la Cour suprême israélienne a donné une semaine à l’Etat pour expliquer comment il prévoit de garantir que les dernières sanctions imposées à Gaza, notamment la réduction de l’approvisionnement en carburants et les coupures de courant, n’aient pas de conséquences néfastes du point de vue humanitaire.

La Cour donnait suite à une requête déposée par 10 associations israéliennes et palestiniennes de défense des droits humains, et le directeur adjoint du Service d’eau des municipalités côtières de Gaza (SEMCG), pour exiger la levée des restrictions.

Depuis la mise en place des sanctions, le 28 octobre, Israël a réduit l’approvisionnement en diesel de plus de 40 pour cent et l’essence industrielle, essentielle au fonctionnement de la centrale électrique de Gaza, d’environ neuf pour cent, selon le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et les compagnies pétrolières de Gaza.

Israël a déclaré avoir réduit l’approvisionnement en carburants d’environ 15 pour cent en tout, mais s’est abstenu de restreindre l’approvisionnement en électricité, le procureur de la république israélienne, Menahem Mazuz, ayant ordonné une révision des politiques adoptées pour assurer que celles-ci ne provoqueraient pas de crise humanitaire.

Malgré tout, selon les associations de défense des droits humains, la seule réduction de l’approvisionnement en carburants est illégale et équivaut à une « punition collective ».

« Nous espérons que la Cour n’acceptera pas la position de l’Etat. Ils ne devraient pas imposer de fermetures ni de sanctions ainsi pour des raisons politiques », s’est indigné Issam Younis d’el Mezan, un des requérants.

« Il y a en permanence 15 pour cent des habitants de Gaza qui ne reçoivent pas assez d’eau courante à domicile », a indiqué Maher Najjar, directeur adjoint du SEMCG.

Et ce chiffre risque d’augmenter, a-t-il ajouté. « Aujourd’hui, il ne reste plus de carburant pour faire fonctionner le système hydraulique, et l’on en a tout juste assez pour maintenir en activité pendant encore une semaine les systèmes d’assainissement ».

D’autres responsables ont exprimé des préoccupations sur ce qu’il adviendrait des hôpitaux en cas de coupures de courant.

Les responsables israéliens ont pourtant affirmé que ces sanctions, qui visent à couper davantage Israël de Gaza et à persuader les militants palestiniens de cesser de lancer des roquettes contre les villes du sud du pays, n’auraient pas de conséquences humanitaires préjudiciables.

Le gouvernement a déclaré devant la cour, le 2 novembre que cette qualification de « punition collective » était « erronée et absurde ».

Manifestations contre les sanctions

L’association des camionneurs qui transportent le carburant à Gaza par le poste-frontière de Nahal Oz, entre Israël et la bande de Gaza, et l’association des propriétaires de stations-service ont organisé des sit-ins le 6 novembre, pour protester contre les sanctions.

Les réserves de diesel dont dispose Gaza ne lui suffiront pas pour plus de cinq jours environ si le volume d’importation reste ce qu’il est, à en croire les compagnies pétrolières.

John Ging, directeur des bureaux de l’UNRWA – l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine – à Gaza, a expliqué à IRIN le 7 novembre que l’amenuisement des réserves de carburant porterait atteinte à l’acheminement des secours et à la santé des populations.

« Immédiatement, on se focalise sur le carburant dont ont besoin les municipalités pour faire fonctionner les puits d’eau et les stations de pompage des eaux usées. Mais aussi les camions poubelle qui ramassent les ordures et sans lesquels nous serons confrontés à des problèmes de santé publique », a-t-il indiqué, notant par ailleurs que l’UNRWA avait reçu ses réserves de carburant au marché local de Gaza.

Il faut également du carburant pour faire rouler les camions qui transportent l’aide alimentaire auprès des populations les plus pauvres de Gaza où quelque 1,1 million de personnes, sur 1,5 million d’habitants, reçoivent des rations des Nations Unies.

Dans le cadre de ces nouvelles sanctions, il était prévu de fermer le point de passage de Sufa, qui permet l’entrée à Gaza de 65 pour cent des réserves alimentaires ; seul le point de passage de Kerem Shalom devait rester ouvert. Or, entre le 1er et le 3 novembre, Kerem Shalom a lui aussi été fermé par Israël, selon OCHA.

« Il doit toujours y avoir un point de passage humanitaire ouvert pour permettre l’entrée dans Gaza », a insisté M. Ging.

Des pénuries de produits fromagers et carnés, de riz, d’aliments en conserve et d’huile ont été constatées dans certaines régions de Gaza. Dans d’autres zones, certains produits ne sont plus du tout disponibles.

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