RDC: Risques d’épidémie au sein des populations déplacées du Nord-Kivu

KINSHASA, 19 octobre

– Les travailleurs humanitaires craignent qu’une épidémie de rougeole et de choléra ne frappe les populations déplacées de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), l’accès à ces populations étant rendu difficile par les combats entre les forces gouvernementales et les soldats dissidents dans la province du Nord-Kivu ravagée par la guerre.

« Etant donné les difficultés d’accès auxquelles nous sommes confrontés, de nombreuses personnes vulnérables n’ont pas pu recevoir une assistance », a expliqué Christophe Illemassene, chargé de l’information publique et du plaidoyer au Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) à Kinshasa, la capitale.

« Les travailleurs humanitaires craignent l’apparition de maladies telles que le choléra et la rougeole », a-t-il affirmé. « Des mouvements de population se poursuivent en dépit d’une trêve dans les combats ».

Selon OCHA, la situation sécuritaire dans les districts de Masisi et Rutshuru est imprévisible, malgré les négociations entre les parties au conflit, ce qui rend difficile l’accès aux populations vulnérables dans certaines régions.

« En attendant, l’aide continue d’être acheminée vers les sites situés aux alentours de Goma [la capitale du Nord-Kivu], et la préoccupation des organisations humanitaires à l’heure actuelle est d’atteindre les populations de localités inaccessibles telles que la ville de Masis, Mweso (Masisi), Bunagana/Jomba (Rutshuru) et Nyanzale (Rutshuru) », peut-on lire dans le récent rapport de situation humanitaire d’OCHA publié le 17 octobre.

Malgré les difficultés d’accès, les agences humanitaires sont parvenues à livrer des produits alimentaires et non alimentaires aux populations vulnérables de Mugunga, Bulengo, Mushake, Kabaya, ainsi qu’à celles du secteur sud de la ville de Sake.

« Désarmer le général dissident Nkunda »

Après le refus du général dissident Laurent Nkunda de réintégrer ses combattants dans l’armée nationale, le président Kabila a indiqué au cours d’une conférence de pressé le 17 octobre qu’il avait donné « le feu vert à l’armée pour se préparer à désarmer, par la force au besoin, M. Nkunda et toutes les troupes qui lui sont fidèles ».

« M. Nkunda est un criminel et vous savez qu’un mandat d’arrêt international a été délivré contre lui », a-t-il poursuivi.

M. Kabila a fait savoir par ailleurs que son gouvernement se préparait à désarmer par la force et à extrader des combattants hutus rwandais qui s’étaient réfugiés en RDC après le génocide rwandais de 1994, génocide auquel bon nombre de ces combattants auraient participé activement.

M. Nkunda, qui se présente comme le protecteur des populations tutsies de l’est de la RDC, a à plusieurs reprises accusé l’armée de la RDC de collaborer avec ces combattants rwandais.

Les combats entre les forces de M. Nkunda et les troupes gouvernementales se sont intensifiés depuis le mois de septembre et ont contraint au moins 370 000 civils à abandonner leur maison pour se réfugier dans des localités souvent inaccessibles aux travailleurs humanitaires.

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