Appel à candidatures – Volontariat francophone

octobre 25, 2007

Pour plus d’informations:
http://www.francoph onie.org/ actions/developp ement/volontaria t.cfm

L’Organisation internationale de la Francophonie lance un projet de
Volontariat francophone.
Ce projet-pilote qui encourage la mobilité Sud-Sud, permet à des
volontaires âgés de 21 à 35 ans de valoriser leurs compétences tout
en contribuant à des actions en faveur du développement. Le premier
appel à candidatures pour la sélection de 21 volontaires est ouvert
du 24 octobre au 23 novembre 2007. Les jeunes ressortissants de pays
membres de l’OIF, répondant aux critères d’éligibilité et souscrivant
aux valeurs du volontariat francophone sont invités à postuler selon
les modalités définies par l’OIF afin d’offrir leurs compétences
pendant 12 mois au profit d’actions mises en œuvre, dans 9 pays, par
l’OIF, l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), l’Association
internationale des Maires francophones (AIMF) et les partenaires de
la Francophonie.
Le volontariat francophone, un projet-pilote de l’OIF
Le projet de volontariat francophone est un projet de l’OIF pour les
années 2007-2009 souhaité par le Secrétaire général de la
Francophonie et adopté par le XIe Sommet des chefs d’Etats et de
gouvernements de la Francophonie (Bucarest, 2006). S’inscrivant dans
les actions de coopération de l’OIF en faveur de la jeunesse, il est,
dans un premier temps, mené conjointement avec l’Agence universitaire
de la Francophonie (AUF) et l’Association internationale des Maires
francophones (AIMF) et a vocation à associer TV5, l’Université
Senghor et les partenaires de l’espace francophone.

La mise en œuvre de ce projet-pilote commence par le déploiement d’un
premier groupe de 21 volontaires en février 2008 dans 9 pays
francophones : Bulgarie, Moldavie, Roumanie Cambodge, Vietnam, Laos,
Niger, Togo, Canada (Canada Nouveau-Brunswick) .

Les volontaires sont sélectionnés par appel public à candidatures.

Le premier appel à candidatures pour la sélection de 21 volontaires
est ouvert du 24 octobre au 23 novembre 2007. Un second appel à
candidatures sera lancé ultérieurement pour une affectation prévue
en juillet 2008.

3 domaines d’intervention
Les trois domaines d’intervention du projet de volontariat
francophone sont :
La promotion et le renforcement du français dans un contexte
multilingue;
Les technologies de l’information et de la communication comme
supports dans les domaines de l’éducation et de la culture;
Le renforcement des capacités locales en développement économique,
social et culturel.

Qu’est-ce qu’un volontaire ?
Un volontaire francophone est une personne qui s’engage
temporairement, bénévolement et exclusivement de tout autre
engagement, à temps plein, au service d’un projet de la Francophonie
à l’étranger.
Adhérant à l’esprit du volontariat, le volontaire fait preuve de
responsabilité , d’initiative et d’autonomie dans le respect de la
culture de ses interlocuteurs et du pays d’accueil. Conscient de son
apport circonscrit et limité dans le temps, il veille, dès le début
de sa mission à s’intégrer aux équipes locales et à s’adapter au
contexte afin que les actions qu’il mène puissent être poursuivies
par ses homologues locaux.

Parce qu’il est bénévole à plein temps, le volontaire n’est pas
soumis aux règles du droit du travail ni au Statut et Règlement du
Personnel de l’OIF.

Le volontaire perçoit des indemnités qui lui permettent de vivre
décemment sur son lieu d’affectation :

une indemnité mensuelle de subsistance
une indemnité mensuelle de logement
Le volontaire bénéficie en outre des assurances suivantes :

assurance médicale souscrite par l’OIF et soumise à conditions
Assurance rapatriement sanitaire
Responsabilité civile souscrite par l’OIF et soumise à conditions
L’OIF assure le transport aller-retour entre le pays d’origine du
volontaire et le pays d’affectation.

Premier appel à candidature pour la sélection de 21 volontaires
L’Organisation internationale de la Francophonie lance un appel à
candidatures pour la sélection de 21 volontaires en vue de leur
affectation dans 9 pays francophones et dans trois domaines
d’intervention.

Limite de dépôt des dossiers : 23 novembre 2007
Critères d’éligibilité
Le (la) candidat(e) sera sélectionné(e) sur la base de ses
compétences dans son domaine d’intervention, de sa motivation et
selon les critères suivants :
Etre une femme ou un homme entre 21 et 35 ans
Avoir la majorité légale dans son pays d’origine et le pays
d’affectation
Etre reconnu(e) médicalement apte
Etre résident(e) et ressortissant( e) d’un des 55 Etats ou
Gouvernements membres de la Francophonie (lien vers la liste des
membres)
Etre titulaire d’un diplôme universitaire ou équivalent
Etre en règle avec les lois et l’administration de son pays, et
détenir un passeport en cours de validité (plus de 18 mois)
Le (la) candidat(e) s’engage pour 12 mois et s’engage à rejoindre son
pays d’origine à la fin de sa mission
Le recrutement du (de la) candidat(e) est strictement individuel, le
projet excluant toute prise en charge de la famille ou de toute autre
personne. Un volontaire ne peut faire valoir sa qualité de volontaire
francophone pour être rejoint par un tiers.
Bonne maîtrise parlée et écrite de la langue française
Le (la) candidat(e) ne peut postuler qu’à un seul poste
Le (la) candidat(e) ne pourra effectuer qu’un seul et unique mandat
comme volontaire à l’OIF
Le (la) candidat(e) ne peut pas être volontaire dans son propre pays
Le non respect d’un de ces critères entraînera systématiquement la
non recevabilité des candidatures.
Les candidatures en provenance des pays membres du Sud et des pays
membres de l’Europe centrale et orientale sont encouragées.
Les candidatures féminines sont encouragées.

Modalités de candidature et inscription
Le candidat postule uniquement à un seul poste proposé (voir dossiers
de candidature) et remplit le formulaire de candidature après l’avoir
téléchargé en reportant scrupuleusement la référence et l’intitulé du
poste sur la page de garde.
L’envoi du dossier de candidature se fait uniquement par courriel à
l’adresse volontariat- candidature@ francophonie. org
Aucune candidature envoyée par voie postale ne sera traitée. Le
candidat inscrit impérativement et exclusivement dans l’objet du
courriel la référence du poste (exemple : OIF_Togo1_BRAO) .
Seules les pièces suivantes doivent être jointes au courriel :
curriculum vitae, copie de son diplôme le plus élevé ; attestation
pour l’emploi et/ou le stage le plus significatif dans son
expérience ; copie du passeport (page sur l’identité et validité
uniquement). Le dossier complet doit être présenté au plus tard le 23
novembre 2007, date limite de l’appel à candidature. Tous les
documents et les informations nécessaires à la constitution d’un
dossier de candidature peuvent être demandés auprès de l’OIF (voir
contact) ou consultés ci-après (voir dossiers de candidature) .

Examen et étapes de sélection
Le comité de sélection du projet volontariat francophone, composé de
l’OIF, de l’AUF et de l’AIMF procède à l’examen des candidatures en
tenant compte des critères d’éligibilité.
Les candidats présélectionnés sont convoqués dans leurs pays par les
relais nationaux de l’OIF pour un entretien, et un test écrit de
maîtrise du français.
Le candidat est ensuite informé de sa sélection et passe un examen
médical. Sous réserve de l’obtention d’un certificat d’aptitude
médicale, et des autorisations administratives requises (visas) le
volontaire signe son accord de volontariat, et les dates de mission
sont fixées.
Chaque candidat sélectionné participe à une session de « préparation
à la mission de volontaire francophone » avant sa prise de fonction
de volontaire.

L’OIF se réserve la possibilité de mettre fin par anticipation à
l’accord de volontariat et de rapatrier le volontaire en cas de crise
dans le pays d’affectation, de non respect par le volontaire de ses
engagements, ou de fin du projet.
Dossiers de candidature et fiches de postes
Formulaire de candidature

Chargé (e) de la documentation et de la communication BULGARIE
Assistant(e) à l’animation- documentation BULGARIE
Documentaliste / rédacteur (trice) BULGARIE
Chargé(e) de mission auprès du Directeur des études et des stages de
l’Ecole Royale d’Administration CAMBODGE
Assistant(e) de formations en français CAMBODGE
Assistant (e) du coordonnateur du Conseil international des
organisations de jeunes de la Francophonie (CIJEF) CANADA – (Canada-
Nouveau-Brunswick)
Journaliste_ LAOS
Chargé(e) des enseignements de français en appui aux filières
francophones LAOS
Bio-statisticien( ne)_LAOS
Chargé(e) d’animation et de coordination MOLDAVIE
Animateur (trice) «formations/emploi et vie étudiante francophone»
MOLDAVIE

Animateur (trice) Formateur (trice) en TIC NIGER
Chargé(e) de mission auprès de la communauté urbaine de Niamey
NIGER
Assistant(e) du chargé des formations NIGER

Assistant(e) à la production de contenus en ligne NIGER
Chargé (e) de mission pour l’appui à la gestion de projet ROUMANIE
Chargé(e) d’animation francophone ROUMANIE
Webmestre animateur de site TOGO
Chargé(e) de veille juridique VIETNAM
Assistant(e) pour l’emploi francophone VIETNAM
Conseiller(ère) pédagogique, appui du français par les TICE_VIETNAM

Contact

Volontariat francophone
Organisation internationale de la Francophonie
13 quai André Citroën • 75015 Paris (France)

Courriel volontariat- questions@ francophonie. org
Site internet www.francophonie. org/volontariat

Andy Roland Nziengui Nziengui

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Agence Universitaire de la Francophonie – http://www.auf. org
Campus Numerique Francophone de Libreville – http://www.refer. ga


BÉNIN: « J’ai dû vendre mes terres pour me soigner »

octobre 25, 2007

COTONOU, 23 octobre 2007

- Lorsqu’il évoque la question de l’impact du sida sur le monde rural, Comlan Houessou sait de quoi il parle. Cet agriculteur béninois a tout perdu à cause du VIH : le respect de ses voisins, ses économies et ses terres. Il se bat aujourd’hui pour tout reconstruire.

Il y a encore cinq ans, M. Houessou possédait deux hectares de terres dans la région de Couffo, dans le sud-ouest du pays, des terres héritées de sa famille sur lesquelles il cultivait du maïs, du manioc et du coton, pour subvenir aux besoins de ses deux épouses et de leurs six enfants.

Mais en 2003, sa santé commence à se dégrader. « Au début, c’était des maux de tête, je me suis dit que ça allait passer mais ça s’est aggravé », a-t-il raconté à IRIN/PlusNews, alors qu’il participait à la conférence ‘De la recherche à l’action : réduire l’impact du VIH/SIDA sur l’agriculture et la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest’, organisée début octobre à Cotonou, au Bénin.

Son entourage ayant attribué ses maux à de la sorcellerie, M. Houessou se rend d’abord chez un guérisseur traditionnel, pour tenter de soulager ses douleurs. Ces mois de visites successives l’obligent petit à petit à vendre des terres qu’il n’était de toute façon plus en état de cultiver.

« Il fallait payer mes soins, offrir des cabris, j’ai d’abord dépensé toutes mes économies mais ce n’était pas assez, alors j’ai dû vendre mes terres pour me soigner », a raconté cet homme, aujourd’hui âgé de 42 ans.

Son état de santé empirant de jour en jour, M. Houessou est finalement hospitalisé. Au bout de quelques mois, alors qu’il est alité et de plus en plus faible, mais toujours sans aucune idée du mal qui le ronge, il surprend une conversation entre deux médecins.

« J’ai entendu un médecin dire à un autre, en parlant de moi : ‘c’est celui qui a le VIH’ », a-t-il raconté. « J’ai fait du bruit. J’ai décidé de quitter l’hôpital pour rentrer à la maison et je suis allé faire le test de dépistage, puis la confirmation, c’était bien le VIH ».

« Je pense qu’ils [les médecins] n’ont pas réussi à m’informer parce qu’ils m’avaient fait le test de dépistage sans mon consentement, mais ils auraient dû me proposer de faire le test puisqu’ils savaient ! », s’est-il indigné.

Mis immédiatement sous traitement antirétroviral (ARV), ces médicaments qui permettent de prolonger et d’améliorer la vie des personnes vivant avec le VIH, M. Houessou, confiné chez lui, se retrouve alors, tout comme ses femmes également infectées au VIH, confronté au rejet de sa communauté.

« Mes voisins savaient, ils nous fuyaient, mes femmes et moi », a-t-il raconté. « Un matin, mes femmes avaient cuisiné 10 kilos de riz pour aller vendre au marché, mais des jeunes leur ont barré la route avec des chicots et les ont obligées à verser le riz par terre ».

Grâce aux ARV, M. Houessou reprend peu à peu des forces et décide alors de se battre, pour lui et pour les autres personnes dans son cas.

« J’ai commencé à faire des témoignages à visage découvert et à travailler en association, pour sensibiliser les populations aux problèmes qui touchent les personnes infectées, surtout en milieu rural où il y a peu d’information sur l’épidémie », a-t-il expliqué.

Des agriculteurs malades et démunis

Aujourd’hui à la tête du Réseau béninois des associations de personnes vivant avec le VIH, qui regroupe 46 organisations et revendique plus de 45 000 sympathisants -des personnes infectées ou affectées par le VIH/SIDA pour beaucoup issues du milieu rural-, M. Houessou milite en faveur de la réinsertion sociale et économique des personnes séropositives, dont beaucoup ont tout perdu.

« Souvent, avant même de faire le test de dépistage du VIH, les personnes sont déjà fatiguées, elles ont donc épuisé leurs ressources et vendu leurs terres pour tenter de se soigner », a-t-il expliqué. « Quand elles vont enfin faire le test, elles sont donc démunies, beaucoup sont indigents, c’est un vrai problème au Bénin ».

La stigmatisation liée au VIH/SIDA, très forte en milieu rural, est un autre souci majeur pour M. Houessou, car l’une des conséquences est que les personnes infectées hésitent à partager le résultat de leur test avec leur conjoint.

Une hésitation que la persistance de certaines traditions, telles que la polygamie et l’héritage des veuves, aggrave, selon lui.

« Lorsqu’un homme infecté qui a deux ou trois femmes décède, et que ses femmes doivent épouser le frère [du défunt] qui a lui-même deux ou trois femmes, sans que ces personnes soient informées [de leur statut sérologique], le nombre de personnes infectées va forcément augmenter », a-t-il noté.

Or les conditions socio-économiques difficiles encouragent la pratique de l’héritage des femmes, a dit M. Houessou.

« Si le mari a laissé des terres, à sa mort, les femmes doivent les vendre pour payer la cérémonie funèbre, et même si elles ne les vendent pas, il faut éviter de diviser ces terres entre les héritiers parce que sinon elles sont de plus en plus petites. Il faut aussi des bras valides pour les cultiver, donc tout cela pousse les femmes à se remarier », a-t-il expliqué.

Un autre souci de M. Houessou concerne le problème de la nutrition : selon une étude présentée à la conférence de Cotonou, 80 pour cent des quelque 8 420 patients aujourd’hui sous ARV au Bénin sont en situation d’insécurité alimentaire et près d’un sur quatre souffre de malnutrition.

Or une alimentation riche et variée est indispensable aux personnes dont le système immunitaire est affaibli, a-t-il rappelé, mais « les partenaires qui interviennent en milieu rural ne vont pas en profondeur, les [ruraux] sont désavantagés » par rapport aux populations urbaines, a-t-il regretté.

D’autre part, même si les antirétroviraux sont gratuits au Bénin depuis 2004 et si l’accès au dépistage et au traitement du VIH/SIDA s’est amélioré ces dernières années, le pays comptant aujourd’hui 48 centres de prise en charge sur tout le territoire, les ruptures régulières d’approvisionnement en ARV, notamment dans les centres ruraux, restent un souci majeur.

« Notre action [au sein du Réseau] est aussi d’interpeller le gouvernement sur la nécessité de pérenniser les traitements », a expliqué M. Houessou.

Grâce à son activité salariée au sein du Réseau, M. Houessou a réussi à faire quelques économies et à racheter un demi hectare de terres, sur lesquelles il cultive du maïs et du manioc pour nourrir ses épouses, dont l’une est sous ARV, et ses enfants, tous séronégatifs.

Mais il sait que sa situation est loin d’être celle de tous ses pairs agriculteurs infectés au VIH. « Nous avons besoin d’un appui pour retrouver nos terres et reprendre une activité », a-t-il plaidé.


MAURITANIE: La capitale s’attaque à la gestion de ses déchets

octobre 25, 2007

NOUAKCHOTT, 23 octobre

- Depuis les années 1970, Nouakchott, la capitale de la Mauritanie, a connu une croissance explosive. Aujourd’hui, cette ville insalubre, où se côtoient des baraques déglinguées recouvertes de toits en tôle ondulé et des édifices en béton, compte un million d’habitants. Mais les réseaux d’assainissement n’ont pas suivi et la capitale mauritanienne ressemble plus à une poubelle à ciel ouvert qu’à la vitrine du pays.

Les conditions d’hygiène font courir de graves risques pour la santé et les maladies respiratoires sont fréquentes. Mais les nouvelles autorités, élues en mars 2007, semblent avoir pris conscience de l’ampleur du problème. Leur crédo : « Une ville propre pour tous ».

« Notre souci est de faire de l’assainissement une priorité pour que nos populations vivent dans de meilleures conditions d’hygiène et de salubrité », affirme Yaye N’Daw Coulibaly, le maire de Tevragh Zeina, l’une des neuf communes qui composent Nouakchott.

Pourtant, la croissance anarchique de la ville, couplée à un laisser-aller des autorités, a rendu ingérable la collecte des déchets.

« Cela faisait des années que les bailleurs de fonds poussaient les autorités à élaborer une stratégie durable de collecte et de retraitement des déchets solides », explique Alain Gayrard, conseiller auprès du président de la Communauté urbaine de Nouakchott (CUN).

Aujourd’hui, les choses bougent enfin. Maître d’ouvre du projet de gestion des ordures ménagères à Nouakchott, la CUN a délégué ces compétences à l’Agence de développement urbain. Suite à l’appel d’offre lancé en 2006, le groupe français Pizzorno Environnement a remporté le contrat de collecte, de nettoiement et de transport des déchets solides jusqu’au centre d’enfouissement technique.

Ce centre, situé à une trentaine de kilomètres de la capitale, est entouré de grilles et de barbelés.

La notion de déchet

« Ville nouvelle », Nouakchott n’existait pratiquement pas avant 1960, année de l’indépendance de la Mauritanie vis-à-vis de la France. A cette époque, on recensait en ville environ 5000 habitants. Cinquante ans plus tard, la capitale flirte avec le million d’habitants et est au bord de l’asphyxie.

Ce sont les vagues successives de sécheresse, dans les années 70 et 80, qui expliquent en grande partie ce phénomène d’exode rural massif. Les nomades, en quête de moyens de subsistance, ont dû quitter leurs campements et sont venus grossir les rangs des bidonvilles de Nouakchott.

« Nous sommes un peuple de bédouins », explique posément Ahmed Hamza, le président de la Communauté Urbaine de Nouakchott. « Les nomades avaient l’habitude de jeter leurs déchets n’importe où et de déplacer leurs tentes dès que les poubelles devenaient trop volumineuses. Or, les citoyens doivent comprendre qu’on ne vit pas de la même manière en brousse et en ville ».

Une nouvelle gestion des ordures

Depuis le début du mois de septembre, des groupes de balayeurs en uniforme bleu et jaune arpentent les rues de Nouakchott, sous l’oil surpris des habitants. Ce sont les nouveaux salariés de la société Dragui-Transport (qui appartient au groupe Pizzorno Environnement), désormais chargée de la propreté de la capitale.

« Les nouakchottois n’en croient pas leur yeux », s’amuse Elymane Diallo, qui dirige une équipe d’une douzaine d’éboueurs. « C’est la première fois qu’une entreprise s’attaque à la question cruciale des déchets ici. En plus, c’est une entreprise française, sérieuse ».

Il serait faux de dire que rien n’existait auparavant dans ce secteur. Plusieurs systèmes parallèles de ramassage des déchets cohabitaient, mais ils étaient défaillants.

« Il y avait les enfants, qui opéraient une petite collecte de proximité à l’aide de charrettes, il existait aussi quelques petits contractants privés et enfin les mairies des neuf communes de Nouakchott sous-traitaient également cette activité à des sociétés privées », rappelle Serge Tiran, le responsable d’exploitation de Dragui-Transport en Mauritanie.

« Mais ce n’était pas efficace. La ville ressemblait à un vaste dépotoir ».

Jusqu’ici, les habitants de Nouakchott soucieux de leur hygiène n’avaient souvent pas d’autre choix que de confier leurs poubelles à un charretier, qui passait une fois par semaine.

« Pour 1 500 ouguiya (quatre euros), un type emportait nos déchets, explique Moussa, qui vit avec sa femme dans un quartier résidentiel. « J’avais bien conscience que ce n’était pas une solution et que nos poubelles finissaient sur les plages ou sur la route de Nouadhibou ! ».

Avec un objectif de 650 employés, l’entreprise Dragui Transport devrait maîtriser à terme l’ensemble du cycle d’assainissement : de la collecte à l’enfouissement. Fini les odeurs pestilentielles dues aux poubelles éventrées en pleine rue. Fini peut-être aussi les maladies dues à cette négligence sanitaire.

Risques d’infections

Le quartier de Sebkha, qui longe quasiment la mer, fait partie des zones d’habitat populaire. Ici, pas de tout à l’égout. Les rues sont inondées à la moindre pluie. Les enfants pataugent dans une eau saumâtre où flottent canettes, sacs poubelles et excréments d’animaux.

Les déchets envahissent même le Centre de santé du quartier.

« Chaque année, quand arrive la saison des pluies, on observe une recrudescence des maladies dues à l’insalubrité », constate le professeur Abdel Khader ould Ahmed, cadre au ministère mauritanien de la Santé.

« On trouve d’abord les maladies hydriques comme les diarrhées aiguës et les dysenteries. Puis, en raison des vents de sable chargés de saletés, les infections respiratoires aiguës sont légions, surtout chez les enfants. Avec des bronchites et même des pneumonies ».

L’absence de gestion des déchets hospitaliers à Nouakchott constitue aussi une source d’inquiétude. « Les déchets biomédicaux ne sont pas traités de manière efficace et radicale, ce qui pose bien entendu des problèmes au niveau de la transmission des maladies », souligne M. Ahmed.

En Mauritanie, la diarrhée est la première cause de mortalité, suivie des infections respiratoires aiguës. « Mais si nous parvenons à maîtriser l’hygiène, la mortalité baissera c’est certain », estime encore ce spécialiste en santé publique. Une gestion pérenne des déchets aurait aussi des répercussions économiques, car la santé coûte très cher aux familles. « L’argent économisé pourrait servir à d’autres choses, comme à l’éducation par exemple ».

Un défi majeur

Pour le professeur Ahmed, même si les mentalités se mettaient soudainement à changer, il persistera toujours certaines contraintes structurelles.

« Le sable est partout ici et constitue une source de microbes. De la même manière, les marchés de poissons et de viandes continueront à rejeter leurs résidus organiques dans les rues et à attirer les parasites ».

Spécialiste en assainissement urbain auprès d’une ONG française, Bénédicte Château est elle aussi sceptique :

« Je pense que Pizzorno parviendra sans trop de mal à nettoyer le centre-ville. En revanche, l’entreprise rencontrera certainement plus de difficulté dans les zones reculées et dans les ruelles ensablées des bidonvilles. Là, je pense qu’ils seront obligés de trouver des accords avec les charretiers pour espérer remplir leur contrat ».

Chauffeur et balayeur chez Dragui-Transport, Mohammed Mangane est lui plus optimiste.

« Je suis certain que l’on peut rendre la Mauritanie propre ! », s’exclame-t-il avec fierté. « Bien sûr, il va falloir qu’on éduque les gens pour qu’ils cessent de mettre leurs poubelles partout et utilisent les conteneurs. Mais certains ont déjà commencé à nous aider et ça c’est vraiment encourageant ! »

Aujourd’hui, le contrat signé par la société française concerne la capitale et cinq kilomètres aux alentours. Question financement, l’Etat a accepté de se substituer à la Communauté urbaine de Nouakchott et de rémunérer durant un an Dragui-Transport.

« Toutefois, pour avoir de bons services publics il faut repenser le système fiscal, car aujourd’hui les recettes de l’Etat sont loin d’être maximisées », souligne Géza Strammer, actuellement chef de délégation par intérim de la Commission européenne en Mauritanie.

Les autorités mauritaniennes, elles, espèrent pouvoir tirer un premier bilan de cette nouvelle politique de gestion des déchets ménagers au printemps 2008.


RDC-OUGANDA: Des populations du Nord-Kivu se réfugient en Ouganda pour échapper aux combats

octobre 25, 2007

KAMPALA, 23 octobre

- Près de 8 000 habitants de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), se sont réfugiés en Ouganda depuis le 19 octobre, pour échapper aux récents combats dans la région, a révélé le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

« Les réfugiés congolais ont commencé à arriver vendredi soir [19 octobre] à Bunagana [une ville frontalière du district de Kisoro, dans le sud-ouest de l'Ouganda]. Ces habitants de villages proches de la frontière ougandaise sont entrés en Ouganda pour échapper aux combats entre les soldats gouvernementaux et les troupes fidèles aux général dissident Laurent Nkunda », a expliqué Robertta Russo, porte-parole du HCR à Kampala, la capitale ougandaise.

Les affrontements entre les troupes de M. Nkunda et l’armée gouvernementale, dans la province du Nord-Kivu, se sont intensifiés depuis le mois de septembre. D’après les estimations des Nations Unies, en décembre 2006, ces violences avaient contraint au moins 370 000 civils à fuir leurs habitations.

La plupart des réfugiés arrivés en Ouganda étaient en « relative bonne santé », mais certains souffraient de blessures par balle, a souligné Mme Russo.
« D’après leurs témoignages, ils auraient été pris entre deux feux pendant les combats qui se sont déroulés autour de leurs habitations dans la matinée de samedi [20 octobre] », a expliqué Mme Russo, ajoutant que de nouveaux groupes de déplacés pourraient arriver, car des combats étaient encore signalés dans la région de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu.

Un petit groupe de réfugiés est arrivé à Busanza, autre ville frontalière de l’Ouganda, située à une quinzaine de kilomètres au nord de Bunagana.

« Une équipe composée de représentants du gouvernement ougandais, de Médecins sans frontières et du HCR est partie dimanche [21 octobre] de Mbarara pour la ville frontalière de Bunagana pour évaluer la situation et préparer la distribution de l’aide aux réfugiés », a poursuivi Mme Russo.

Dans la récente vague de déplacés figuraient ceux qui avaient fui les combats dans les zones proches de la ville de Rutshuru, a fait remarquer Louis Igneault, porte-parole du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, à Goma, la capitale du Nord-Kivu.

Certains avaient trouvé refuge dans la ville de Rutshuru, tandis que d’autres s’étaient dispersés dans des localités proches ou avaient été hébergés par des familles, dans la région.

Selon un porte-parole de la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC), les récents combats auraient opposé une faction de la milice Mayi Mayi aux combattants de M. Nkunda, autour de Bunagana. Des accrochages avaient également eu lieu entre les forces gouvernementales et les troupes fidèles à M. Nkunda dans le village de Bukina, à 90 kilomètres au nord de Goma, a affirmé le major Prem Kumar Tiwari.

D’autres déplacements de population auraient été rapportés dans la région le 22 octobre, bien qu’aucun combat n’ait été signalé depuis la reprise par l’armée nationale de la RDC de villages contrôlés autrefois par des troupes fidèles à M. Nkunda.

« Les combats ont cessé à Bunagana et à Djemba car nous avons repoussé les insurgés dans les montagnes de la région », a déclaré le colonel Delphin Kahindi, commandant adjoint des forces gouvernementales dans le Nord-Kivu.

Les autorités ougandaises de Bunagana ont rendu visite aux déplacés le 22 octobre et leur ont conseillé, pour leur propre sécurité, de s’éloigner de la région frontalière. De nombreux réfugiés se sont dispersés dans la ville de Bunagana ou ont été hébergés chez des amis ou dans des familles de la ville.

Le 22 octobre, le HCR et le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies ont commencé à distribuer des biscuits à haute valeur nutritive et des produits de première nécessité à quelque 200 réfugiés du centre de transit. Des systèmes de distribution d’eau et des sanitaires ont également été aménagés pour faire face au nombre croissant de réfugiés.

La récente vague de déplacés du Nord-Kivu entrés en Ouganda est la troisième en plusieurs mois. Au mois d’août et de septembre, quelque 30 000 personnes s’étaient réfugiées en Ouganda pour échapper à une recrudescence de la violence dans la région. Elles étaient retournées chez elles quelques jours plus tard après la cessation des combats.