Paul Biya, homosexualité, sectes…: Les vérités de Mgr Bakot

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DOUALA – 16 OCT. 2007
© Valentin Siméon Zinga, La Nouvelle Expression

L’Archevêque de Yaoundé, président de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun a récemment accordé un entretien à Equinoxe Tv, dans le cadre de l’émission : “La vérité en face”.

 

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Vous êtes, pour l’archevêché de Yaoundé, à la tête de près d’un millier de prêtres, de religieux et religieuses fidèles, à peu près 832 et près d’une centaine de congrégations. C’est aussi parce que vous êtes arrivé à la tête de l’archidiocèse, dans un contexte où la succession de Monseigneur Jean Zoa et plus encore celle de votre prédécesseur, Monseigneur André Wouking. C’est un contexte difficile fait d’incompréhensions, de rejets. Mais, quand vous arrivez, manifestement, vous êtes accepté. Qu’est-ce qui a fait votre secret ?

Je ne pense pas que mes prédécesseurs aient été rejetés. Je pense que tout pasteur qui travaille dans une communauté ne peut pas être accepté à 100%. Puisque notre message est un message qui interpelle, il y en a qui acceptent, il y en a qui rejettent, il y en a qui contestent, il y en a qui adhèrent. Et quel que soit le cas, notre but est d’évangéliser. Et qu’il s’agisse de mes prédécesseurs ou de moi même, je dois rendre hommage à tout ce qu’ils ont fait et je me situe dans le prolongement de ce qu’ils ont fait et qui mérite notre respect.

Tout de même, on se souvient de cette vague assez triste de réactions vives contre la désignation de Mgr Wouking à l’archidiocèse de Yaoundé. Comment vous avez vécu cela ?

Je crois qu’il faut replacer le temps de Mgr Wouking dans un contexte ; et ce contexte a été celui d’un temps où on n’a pas tout à fait apprécié qu’un pasteur soit envoyé dans n’importe quelle communauté du Cameroun. Et je crois qu’il y eu l’effet de la surprise. Et aussi l’effet de la non préparation psychologique des fidèles. Et quand ils ont compris que cela pouvait se faire, et que cela devait se faire encore à l’avenir, les gens n’ont pas été radicaux. Et le message de Mgr Wouking a été bien accepté. Et vous savez que vers la fin de son ministère, ici, beaucoup de gens étaient ouverts à son message, même si ses déclarations n’étaient pas toujours applaudies. Mais c’était un maître qui enseignait.

Justement sur ces déclarations, Mgr Wouking avait eu une sortie assez délicate vis-à-vis du clergé diocésain. Il parlait des prêtres qui n’étaient plus adonnés à la vie de prière, à leur ministère. Ça a fait bouger les choses ici et là. Est-ce que aujourd’hui, vous pouvez dresser un portrait différent de celui là de tous ceux qui travaillent avec vous.

Le prêtre exerce un ministère. Et ce ministère est le même que celui des évêques : enseigner, sanctifier, gouverner. C’est une vocation qui est un don de Dieu et ils exercent ce ministère avec les grâces des cieux, avec les dons des cieux, avec les qualités qu’ils ont, mais aussi avec les défauts qui sont inhérents à la nature humaine. Ce que je pense devoir dire ici c’est que les prêtres sont des personnes très engagées, des personnes prêtes à faire des sacrifices pour leur peuple.

Vous le dites en tant que bon père qui protège une famille qui doit être à l’abri de toute critique ?

Je ne voudrais pas protéger les prêtres. Je dis ce que je vois. Depuis que je suis là, bientôt quatre ans, j’ai sillonné l’archidiocèse, j’ai été dans les zones rurales, j’ai été en ville ; et quand je vois comment certains travaillent dans des conditions exceptionnellement difficiles, sans véhicule, sans moto, devant prendre des occasions ou le bus comme les autres citoyens ; quand je sais que certains n’arrivent pas toujours à terminer financièrement le mois parce que les moyens sont très limités ; quand je sais que certains n’ont pas toujours une personne qui leur prépare la nourriture, je dois reconnaître que ces ministres de culte ont vraiment choisi de marcher à la suite du Christ. Tous ne travaillent pas dans des conditions très difficiles, parce que je sais que certains travaillent en ville ont de meilleures conditions. Mais, je pense à ceux-là qui sont très éloignés de Yaoundé. Et qui doivent faire peut-être cent cinquante kilomètres avant de rejoindre leurs paroisses, qui doivent parfois marcher à pied pour faire des tournées dans des villages, dans des brousses. Je crois que ces prêtres méritent notre soutien, notre prière, nos encouragements.

Peut-être n’avez vous pas lu en son temps ce livre intitulé ”Politiques et religions en Afrique subsaharienne”. C’est un livre co-dirigé par le politiste Jean François Bayart. Il reprend les propos du cardinal Manula, archevêque de Kinshasa, en juin 1997 : “ Les futurs prêtres doivent savoir que l’ordination sacerdotale ne vaccine pas contre l’idolâtrie de l’argent. On constate aujourd’hui que les prêtres de la nouvelle génération aiment beaucoup les titres. L’ordination sacerdotale ne vaccine pas contre l’idolâtrie de la femme.” Est-ce que ces échos peuvent être transposables à la situation de l’archidiocèse de Yaoundé ?

Dans l’archidiocèse de Yaoundé, les prêtres sont à leur travail. Ils enseignent, ils donnent des sacrements, ils cherchent à vivre leurs engagements. Dans le contexte qui est le nôtre, je dois dire que les fidèles du Christ, les fidèles laïcs ont le devoir de soutenir les prêtres. Par des conseils, par la prière, par toutes sortes de présences qui aident le prêtre à mieux servir. Lorsque, dans une paroisse, le curé reçoit 200 francs de quête le dimanche, que peut-il en faire ? Quand le curé manque de carburant pour faire son ministère, comment peut-il s’en sortir ? Quand le prêtre n’a pas de nourriture pour sa subsistance quotidienne, comment peut-il exercer son ministre ? C’est pourquoi je pense qu’au lieu de critiquer le prêtre, au lieu de manifester parfois de l’aversion pour ce qu’il est, posons-nous d’abord la question de savoir ce que nous faisons pour lui. Est-ce que nous prions pour ce prêtre ? Est-ce que nous l’encadrons ? Est-ce que nous l’aimons ? Est-ce que nous sommes proches de lui ? Est-ce que nous connaissons ses réalités de vie de tous les jours. Lorsque, par exemple, je demande aux prêtres de s’entourer de laïcs pour la gestion quotidienne de la pastorale, les fidèles disent non ; le prêtre a l’habitude de gérer. Qu’il le fasse. Parce qu’ils savent très bien que ce que le prêtre reçoit est parfois dérisoire.

Mais, est ce qu’on ne peut pas reposer ces questions à l’envers ? Est ce que les prêtres se font toujours aimer ? Est-ce qu’ils incitent toujours les ouailles à prier pour eux ? Est ce qu’ils se font toujours respecter eux-mêmes ?

Je conçois le prêtre comme un père de famille, de même qu’un évêque. Dans une famille, c’est l’entraide. C’est le soutien mutuel qui fait la force de la famille. L’esprit de la famille, c’est le rendez- vous du donner et du recevoir. Quand le prêtre sait qu’il peut compter sur les fidèles. Quand le laïc sait qu’il peut compter sur le prêtre ; quand le prêtre sait que les laïcs sont là pour participer à la construction de l’église ; quand le laïc sait que le prêtre est là pour le conseiller, pour le soutenir dans sa vie de foi, dans sa vie de tous les jours, ce soutien mutuel, cette coresponsabilité dans la vie de famille permet à chacun de se sentir à l’aise et d’être épanoui. Recommandons donc à tous, à vous, nos frères laïcs, recommandons aux prêtres de travailler en synergie pour construire l’église famille de Dieu. Cette famille de Dieu est la paroisse. Quand les joies, les peines, les souffrances sont également partagées, quand nous savons que le travail du prêtre est soutenu par les laïcs, je crois que même là où il y a des problèmes, ces problèmes deviennent relatifs parce que chacun porte une part de responsabilité dans la mission de l’église.

Il y a quelques années, un discret sondage avait été fait au grand séminaire de Nkolbisson. Parmi les questions, une avait un trait au modèle d’identification que les futurs prêtres considéraient comme accomplie parmi leurs aînés. Plusieurs d’entre eux avaient donné l’impression qu’ils s’identifiaient aux prêtres qui roulent carrosse, qui souhaitent vivre dans l’aisance. Est-ce que vous avez eu vent de ce sondage ?

Malheureusement, je n’ai pas eu vent de ce sondage. Mais, c’est une perception erronée. Et si les jeunes qui ont été interrogés ont répondu de cette façon, c’est que justement qu’ils ont besoin de formation. Si les jeunes qui vont au séminaire considèrent comme modèles ceux qui roulent dans des carrosses, je crois qu’ils n’ont pas tout à fait compris la raison d’être du prêtre. Et je crois que ces jeunes arrivent dans nos maisons de formation avec ces idées. Il nous revient formateurs, prêtres, laïcs, l’évêque de leur donner le vrai visage de Christ. Christ était obéissant, pauvre, chaste. C’est lui notre modèle, le seul modèle à imiter. Il n’y en a pas d’autre. Celui qui veut être ministre du culte, c’est-à-dire serviteur, doit regarder ce que le Christ a fait, comment le Christ a vécu, comment le Christ a prêché.

Pour l’instant, vous avez l’impression que ce message est le plus entendu chez vos collaborateurs ?

Oui. Lorsque je vais dans des paroisses et vois comment les prêtres sont organisés en communauté, je dois reconnaître que beaucoup ont compris ce que c’est qu’un prêtre, un ministre, un serviteur. Leur ministère qui consiste à être proche des serviteurs, proche des associations, proche des difficultés des pères et des mères de famille, proche des couples, proche des enfants, proche des déshérités, des démunis, des malades. Je reconnais que la plupart ont compris et je les encourage à continuer.

Vous avez défrayé la chronique littéralement le 25 décembre 2005. Vous vous êtes attaché à l’effondrement des valeurs morales. Il n’y avait pas que l’insécurité, il n’y avait pas que la déstructuration de la famille. Il y avait, en toile de fond, les questions de pratiques homosexuelles. Sur le champ, certains des fidèles ont demandé pourquoi l’archevêque n’a-t-il pas essayé d’enlever la poutre dans les yeux de l’Eglise, mais il a plutôt essayé d’enlever la paille dans les yeux des autres. Que pouvez-vous répondre ?

L’évangile interpelle tout le monde : fidèles, laïcs et tout ceux qui vont vers le christ. Quand je prêche, l’évangile m’interpelle. Donc, quand je demande aux gens de prier, je dois être le premier à prier. Quand je dis aux fidèles d’être bons, charitables, je dois montrer le bon exemple. Et si je ne le fais pas, c’est que je ne corresponds pas à l’évangile que j’annonce. L’Eglise catholique enseigne que l’homosexualité est mauvaise. Lisez le catéchisme de l’Eglise catholique où il est dit que les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés et contraires à la loi naturelle, parce qu’ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Voilà l’enseignement de l’église ; et je ne peux pas enseigner autre chose que n’enseigne l’Eglise. Si vous voulez avoir beaucoup plus d’informations concernant ce sujet, vous pouvez venir prendre des archives de l’Eglise catholique où il y a beaucoup de développements sur le relativisme religieux. Il faut que notre société comprenne que l’homosexualité chez nous a été instrumentalisée…

A des fins de pouvoir…

A des fins de survie. Je m’explique : instrumentalisé à des fins de survie, parce que quand, aujourd’hui, certains posent comme condition de devenir homosexuel pour réussir un concours, pour être recruté quelque part, pour jouer dans une équipe de football. Quand l’homosexualité devient le moyen de gagner sa vie, de gagner un peu d’argent, je m’oppose à ce genre de comportement et d’avilissement de la personne humaine. Je sais que beaucoup de pays en Amérique du Nord et d’Europe ont réagi en disant qu’il faut laisser à chacun la liberté d’exercer ses droits. Donc, il s’agirait pour eux de défendre les droits de l’homme. Eh bien, je défends les droits de l’homme, les droits des faibles, les droits de ceux qui n’ont pas de travail, les droits de ceux qui pensent qu’ils doivent passer par l’homosexualité pour obtenir leur travail, pour avoir un peu d’argent. Nous devons défendre ces pauvres contre ceux qui possèdent, contre les riches, puisque c’est une façon d’exploiter le peuple et de l’obliger à faire n’importe quoi pour survivre.

A l’époque, beaucoup vous ont prêté d’avoir dit en petit comité que vous n’avez pas dit le dixième de ce que vous auriez pu dire sur le sujet. Qu’est-ce que vous pouvez ajouter à ce que vous avez dit, ce 25 décembre, sur ce sujet précisément ? Est-ce que la situation est si catastrophique ? Est ce que le profil de ceux qui font usage de cette pratique est inquiétant pour le Cameroun ?

Ce profil est inquiétant pour le Cameroun, parce que, au moment où je vous parle, je sais qu’il y a des lieux, des quartiers où l’homosexualité est pratiquée. Et si vous voulez, vous viendrez voir une lettre que je suis en train d’écrire à un responsable pour lui dire que je sais que l’homosexualité est pratiquée ouvertement dans telle avenue, dans telle maison. Je sais que dans telle ou telle rue par exemple, on oblige les filles à danser nue jusqu’à une heure tardive. C’est de l’exploitation de la personne humaine. C’est inadmissible pour la personne humaine. Ce que je sais est vrai et je sais que ceux qui ont écrit n’ont pas dit n’importe quoi. Je crois qu’il y a des choses qui devraient faire honte à notre pays et à notre société.

Est-ce que vous avez recueilli quelques confidences, sans vous amener à dévoiler les secrets de confession ?

C’est sûr que le pasteur que je suis a des confidences qu’il ne peut pas dévoiler au grand jour.

Elles sont troublantes ?

Je sais que le pasteur que je suis peut garder pour lui certaines confidences et ce que j’ai dit, je l’ai dit tout simplement pour dénoncer les fléaux sans entrer dans les détails.

Sur ce sujet, on reprochait à l’Eglise de poser des questions, alors qu’elle-même n’est pas épargnée. Peut-être pas l’église du Cameroun, mais d’autres communautés religieuses ne sont pas épargnées.

Jésus lui-même a dit : ”Je ne suis pas venu sauver les justes mais les pécheurs”. Ce qui veut dire que l’Eglise est composée de justes et de pécheurs. Et là où l’église annonce son message, elle interpelle tout le monde à se convertir. Qu’il s’agisse de clercs, de fidèles laïcs ou d’autres personnes. Le message n’épargne personne. Que celui qui a péché se convertisse. Je ne suis pas en train d’indexer qui que ce soit. Mais, si quelqu’un sait que son comportement est contraire à l’évangile, il doit tout simplement se convertir parce que l’évangile n’épargne personne. Ni les prédicateurs, ni les destinataires des messages. Et je pense d’ailleurs que ce message que nous annonçons est destiné à tous : aux laïcs, aux religieux et religieuses, aux prêtres que nous sommes, à tous. Et c’est nous tous qui devons nous convertir pour être sauvés.

Les autres fléaux sur lesquels l’Eglise catholique s’est déjà prononcée mille et une fois, c’est la Rose croix, la Franc maçonnerie, et toutes ces nouvelles églises et toutes nouvelles formes de religiosité qui ont de plus en plus prégnance dans la société camerounaise, en répondant au phénomène de globalisation. Est-ce qu’il vous arrive de savoir qu’il y a des Rosicruciens ou des Francs maçons qui, se foutant pas mal des incompatibilités avec la religion chrétienne, viennent communier ?

Il y a des Rosicruciens dans notre société, comme des Francs maçons. Je ne suis pas à la chasse des Rosicruciens ou des Francs-maçons, mais j’enseigne et je dis que on ne peut pas être rosicrucien et chrétien. Ou l’un ou l’autre pour éviter de n’être ni l’un, ni l’autre. Jésus est venu, il a souffert, il a été crucifié et il est mort pour nous. C’est cet enseignement que je continue de diffuser partout où je suis. Je ne pense pas que la Rose croix soit d’accord que Jésus est mort et ressuscité, puisque dans certains de leurs écrits, on dit qu’il est mort à soixante dix ans de vieillesse. Pensez-vous qu’on puisse être d’accord sur la personne de Jésus en disant qu’il est mort selon le cas, crucifié ou de vieillesse. Il y a incompatibilité. C’est pourquoi je confirme qu’on ne peut être rosicrucien et chrétien de peur de n’être ni l’un, ni l’autre. C’est ce que j’ai dit le 14 mai 2005, à la basilique Marie Reine des Apôtres.

Est-ce que l’assertion selon laquelle les forces gouvernantes au Cameroun sont essentiellement contrôlées par les forces sataniques vous paraît exagérée ?

Je n’ai pas vérifié l’information, je l’apprends de vous. Mais je dois dire que si quelqu’un pense que son pouvoir vient des forces du mal, il se trompe parce que toute autorité vient de Dieu. Et ceux qui nous gouvernent doivent savoir que César ne s’est pas créé, que César a été créé par Dieu et que César est un lieutenant de Dieu, qu’il a mission dans la société, qu’il a mission dans le peuple qui lui est confié. Cette mission est le bien-être, le bonheur de l’homme. Et cet homme, c’est le Camerounais qui vit ici ou ailleurs.

Une nouvelle fois, je ne vous amènerai pas à dévoiler les secrets de confession ou de ce que vous faites. Est-ce que vous n’êtes pas vous-même en train d’évaluer l’impact de l’explosion de ces nouvelles formes de religiosités sur la vie quotidienne des Camerounais ?

Je suis plus porté à évaluer l’activité de l’Eglise. Cela me semble plus cohérent, plus honnête, quand je sais que beaucoup de fidèles viennent me voir pour créer une paroisse, pour ouvrir une chapelle, pour rassembler les enfants de Dieu où il n’y a pas encore de chapelle, ni de prêtre. Cela m’interpelle. Donc, je suis comptable de ce que l’Eglise a fait et est en train de faire pour que l’évangile atteigne tous les coins et recoins de l’archidiocèse de Yaoundé. Et par le fait même, si les fidèles adhèrent à ce message, l’effet et le rayonnement des sectes et de tous les mouvements religieux va diminuer. Je dois donc resserrer les rangs des évangélisateurs, des prêtres, catéchistes, religieux et religieuses pour leur dire que la mission de Christ ne fait que commencer. Continuons à nous battre pied à pied pour que ce message puisse d’atteindre le maximum de citoyens dans notre pays, dans notre archidiocèse.

En droite ligne de cette situation morale totalement délabrée, il y a deux sujets qui ont déjà préoccupé l’ensemble de l’épiscopat, ainsi qu’on a pu l’apprendre à travers les lettres de l’épiscopat : la corruption et l’insécurité. D’une manière ou d’une autre, ces deux fléaux s’expliquent apparemment par l’impunité et par la paupérisation croissante des masses. C’est une explication qui vous semble aujourd’hui recevable ?

Je ne pense pas que la seule pauvreté puisse expliquer la corruption ou l’insécurité. Pensez-vous que les sociétés du Nord échappent totalement à la corruption ? Pensez-vous que les sociétés du Nord soient totalement sécurisées ? L’homme est pécheur et c’est tous les jours qu’il doit changer de conduite et se convertir. Les sociétés du Nord ont aussi des problèmes de corruption, des problèmes d’insécurité.

Vous n’avez pas peur de vouloir justifier tout ce qui se passe ici par ce type de comparaison ?

Non, j’en viens. Je voudrais dire que la corruption et l’insécurité ne sont pas le monopole des pays en voie de développement. Je ne voudrais pas excuser tout ce qui se fait chez nous, mais relativiser. Ce n’est pas nous qui les avons inventées. Ces réalités sont venues d’ailleurs comme elles sont vécues chez nous. Mais, ça ne doit pas s’expliquer seulement par la misère. Le cœur de l’homme a besoin de conversion. L’homme est pécheur et si l’homme est pécheur, c’est qu’il est limité. Et s’il est limité, il peut poser des actes qui montrent que son état demande à être amélioré, sinon à être parfait. La corruption peut s’expliquer par la misère. Oui, mais pensez-vous que ce sont les pauvres qui sont corrompus ? Peut-être ce sont les riches qui le sont davantage, puisqu’ils ont les moyens pour corrompre.

Où est donc le problème ?

Le problème est que chacun sache qu’il est intendant sur terre. Les biens que Dieu nous a donnés ne nous appartiennent pas. Nous ne sommes pas propriétaires des biens de la terre, ni de l’argent, ni des voitures. Nous sommes des intendants. Dieu dépose entre nos mains ce qu’il faut pour le bien-être de tous. Donc, qu’on soit pauvre ou riche, on doit apprendre à partager. Ce n’est pas parce qu’on est pauvre plus près de réalités morales, qu’on est meilleure que les autres. Ce n’est pas parce qu’on est riche qu’on est nécessairement mauvais, parce qu’il y a des riches qui sont généreux et savent ouvrir la main, partager. Qu’il s’agisse de riches ou de pauvres, que tous sachent qu’ils sont des intendants ; parce que les pauvres ont leur richesse comme les riches ont leur pauvreté. Nous devons donc être là pour partager le meilleur de ce que nous avons pour permettre à chacun de vivre épanoui. C’est pourquoi il faut interpeller à chacun afin qu’il sache que nous serons comptables de nos actes, riches et pauvres. Et si nous n’avons pas bien exercé notre intendance sur cette terre, nous rendons compte. La révision des comptes, c’est le jour du jugement. Le jugement se prépare aujourd’hui, car nous savons que le bien doit être poursuivi et le mal évité. Nous devons donc savoir que, que nous fassions le bien ou le mal, Dieu voit tout et c’est à lui qu’on rendra compte. Non pas au curé, non pas à l’évêque, non pas au prince.

Un des problèmes de l’Eglise catholique est son dénuement. Un des domaines où ce dénuement a un impact assez délicat est l’école catholique. Récemment, vous avez rencontré le président de la République, officiellement pour évoquer ce problème. Vous avez l’impression que vous avez une oreille attentive au niveau du président ?

La mission de l’Eglise n’est pas d’abord de chercher les moyens. La mission de l’Eglise est d’enseigner, d’évangéliser. Les moyens viennent en appui, accompagner la mission d’évangélisation. J’ai rencontré le président, nous avons évoqué le problème de l’école, le problème de la santé.

Quelle est l’étendue du mal ?

Je ne sais pas s’il faut parler de mal. Peut-être faudrait -il parler d’insuffisance de moyens, de pénurie. Le mal serait plutôt dans le recul de l’effort à poursuivre pour que notre école soit toujours la meilleure. Pour nous, la mission première est d’éduquer, d’évangéliser Jésus Christ. Pour nous, la mission première est de former les hommes, de former l’homme intégral. De préparer pour demain des Camerounais à mesure de répondre à leurs missions comme citoyens, comme religieux. Alors, si nous demandons que les moyens accompagnent notre action, ce n’est pas pour aller revendiquer quelque chose qui ne nous reviendrait pas de droit. Ce n’est pas une exigence. C’est tout simplement la justice pour que, accompagnant le chef de l’Etat dans ses missions régaliennes que sont, par exemples, la santé, l’éducation, que l’Etat soutienne notre action pour que demain ou après demain, la société puisse bénéficier de notre concours pour avoir des citoyens bien formés.

Et vous êtes sortis de cette audience rassuré sur une action imminente, à brève échéance, à moyen ou à long terme ?

Le chef de l’Etat a été très attentif aux questions que j’ai soulevées et il a promis d’y trouver une solution dans de meilleurs délais. Ces solutions ne peuvent pas être pleinement satisfaisants dans l’immédiat, puisque c’est depuis très longtemps que les subventions ne sont plus versées aux églises protestantes et catholique comme cela a souvent été le cas par le passé. Donc, il y a une dette très importante qu’il faudrait négocier. Donc, même si l’Etat commence maintenant à payer, il faudrait attendre que l’Etat débloque les moyens pour rassurer les éducateurs, les églises pour que notre mission continue d’être une mission qui soit à la mesure des attentes de tous ; puisque nous formons tout le monde : les païens, les musulmans, les agnostiques et les athées. L’école est ouverte à tous. Donc, si nous sollicitons des moyens adéquats pour cette mission, c’est tout à fait normal.

L’Eglise catholique a besoin de combien pour couvrir ses besoins ?

Nos besoins sont fonction des ambitions poursuivies. Et nos ambitions sont de continuer à implanter des établissements maternels, primaires et secondaires. C’est d’avoir une école normale pour les enseignants. C’est de donner une formation humaine, morale, spirituelle, intellectuelle, digne de ce nom aux Camerounais qui s’adressent à nous. C’est très difficile à chiffrer. Si, déjà, on nous apporte ce qui nous a été promis, ce serait déjà un grand pas en avant.

Vous êtes très discret sur les chiffres…

Je ne suis pas discret sur les chiffres. Je ne connais pas très bien le langage des chiffres. Je connais le langage de la pastorale.

Depuis quelques années, l’église catholique est visible et audible sur le théâtre électoral au Cameroun. On peut remonter à 2004 pour ne pas remonter à Malthusalem, l’une des implications les plus retentissantes avec ce que la formation d’observateurs électoraux ; et un certain nombre de rapports dont certains remontent à 2002, rapports d’observation d’élections. Sur la validité des élections. Il est à peu près clair que l’Eglise catholique n’a pas toujours parlé d’une même voix. D’après vous, est-ce que les modérés se sont opposés aux plus exigeants au sein de la conférence épiscopale, s’agissant de l’amélioration du système électoral camerounais.

L’Eglise catholique qui est au Cameroun a toujours parlé d’une même voix.

Je peux me permettre de vous contredire

Si vous permettez, je vous concède de me contredire.

En 2004, au sortir de l’élection, le Cardinal Tumi, sur la base des rapports des observateurs électoraux dans l’archidiocèse de Douala, a dit tout le mal qu’il pense de ce scrutin en disant qu’il y a eu des fraudes. Vous tempérez un diagnostic qui avait été quasiment similaire à celui-là et qui avait été prononcé par le professeur Titi Nwel. Est-ce qu’on peut dire que là aussi, vous avez fait chorus ?

L’Eglise catholique a toujours parlé d’une seule voix. Le Cardinal Tumi avait tout à fait le droit d’exprimer une opinion sur la base des informations qu’il détenait. Et il a exprimé cette opinion en toue liberté, en toute responsabilité comme pasteur et comme citoyen. Lorsque j’ai pris la parole, j’ai relevé les dysfonctionnements qu’il y a eu. En français, dysfonctionnement n’est pas un terme laudatif. Je pense que la synthèse que nous avons faite tenait compte de tout ce que nous avons perçu, de tout ce que nous avions entendu, de tout ce que nous avions lu. Donc, si l’église a relevé des dysfonctionnements et les dérives, c’était justement pour interpeller tous les organisateurs des élections pour que une meilleure organisation, une meilleure gestion puissent se faire à l’avenir.

Et les élections qui ont suivi sont celles du 22 juillet, et, certainement les partielles du 30 septembre. Quel est le chemin parcouru au regard de ce que vous avez observé en 2004, par exemple ?

Je pense toujours que là aussi, si vous lisez le communiqué du secrétariat général, vous allez constater qu’il y a eu des aspects positifs de 2002 à 2004. Vous constaterez également qu’il y a eu des faiblesses. Je vous renvoie à ce communiqué final qui est très modéré, qui relève des aspects positifs, des aspects négatifs et qui encourage le processus démocratique parce que c’est un chemin long et ardu que nous devons tous accompagner ; citoyens, pasteurs et autres.

L’autre chantier sur ce terrain électoral est institutionnel. On sait que l’Eglise catholique a fait des propositions pour un code électoral unique en lieu et place des lois qui sont à la fois disparates et parfois contradictoires. On sait aussi que l’Eglise catholique a proposé la mise sur pied d’un Office national des élections (Onel). Entre temps, vous avez été consulté pour la mise sur pied d’une structure dite indépendante chargée de veiller au respect du processus électoral, puis on a entendu parler de Elections Cameroon. Sur ce point, deux questions, une est opérationnelle : est-il vrai que lors des consultations, vous avez refusé une enveloppe d’un million cinq cent mille francs qui avait été destinée sous prétexte de carburant ?

J’ai été consulté au nom de l’Eglise catholique et j’ai fait part aux responsables de notre désir de voir un code électoral unique, une commission électorale indépendante. Ce qui est le vœu de tous les évêques du Cameroun, puisque nous avons écrit et remis nos textes aux responsables de ce pays pour leur dire que c’était notre participation au processus démocratique. Non seulement le document est arrivé aux destinataires, ils ont accusé réception et nous ont remercié pour cette contribution appréciable. Quant à l’enveloppe, j’en ai et j’ai demandé qu’une trace soit laissée pour qu’il soit attesté que j’ai reçu quelque chose et que je devais rendre compte. Peut-être qu’il y a eu malentendu, mais j’ai écrit pour dire que cet argent ne pouvait pas être tout simplement du carburant. Et je l’ai remis au secrétaire général de la Conférence comme un aide à l’église. Donc, je n’ai rien gardé pour moi et j’ai rendu compte à l’institution et l’institution représentée par notre secrétaire général qui est notre permanent à la conférence et j’ai aussi rendu compte à l’autorité qui m’a remis l’enveloppe pour qu’il n’apparaisse pas que l’évêque ou le président de la Conférence épiscopale est allé prendre de l’argent pour une raison non élucidée.

Sur l’institution elle-même (Elections Cameroon), voyez-vous une différence entre elle et une commission électorale indépendante ?

Elections Cameroon a eu l’avantage de recevoir les contributions de toutes les couches sociales au Cameroun : la société civile, les partis politiques, l’administration, les églises. Chacun a participé à sa façon à l’élaboration de ce document, puisque les contributions diverses ont été portées à la connaissance de nos responsables. Et je ne doute pas que des éléments contenus dans nos documents puissent s’y retrouver. Et quand je lis ce document, je pense que il est assez équilibré, pourvu que les responsables qui seront nommés appliquent les textes.

C’est une réserve qu’il vaut mieux prendre très au sérieux.

Puisque les lois ne valent que dans la mesure où les hommes les appliquent. Une loi qui n’est pas appliquée n’a aucun effet. Mais, si ces lois sont bien gérées par ceux qui ont autorité de les faire appliquer et si les Camerounais adhèrent à cette loi, il n’y a pas de doute que nous aurons des avancées dans le processus démocratique dans ce domaine à partir de Elections Cameroon. Ce qui ne veut pas dire que l’Onel, n’a rien fait. Ce qui ne veut pas dire qu’avant l’Onel on n’a rien fait. C’est une marche qui se poursuit et nous l’accompagnons.

Vous êtes toujours parmi les dignitaires de l’Eglise catholique au Cameroun, l’un des rares à être, je ne dis pas assez souvent, mais facilement reçu par le président de la République. Comment vivez-vous ce privilège ?

Je pense que des problèmes de toutes sortes peuvent se poser à tout moment concernant l’Eglise ou même les réalités sociales de notre pays. Quand il y a un problème pour lequel j’estime que je peux solliciter une audience auprès du président de la République, je demande l’audience et je soumets ce problème. Concernant la santé, l’éducation, d’autres questions telles que la corruption. Parfois j’y vais avec d’autres collègues de l’épiscopat, comme en août 2005, je suis allé avec le Cardinal Christian Tumi et Mgr Owono Mimboé, avec le secrétaire général. Donc, parfois, je suis avec une délégation, parfois je suis seul. Cela dépend des circonstances et des nécessités.

La télévision vous a montré à une cérémonie de baptême, de première communion pour le compte de la famille présidentielle. Est-ce que tout chrétien peut bénéficier de cette sorte de bénédiction ?

Le prêtre ou le pasteur que je suis a la mission de sanctifier, d’enseigner et de gouverner. Et le ministère de sanctification concerne aussi les sacrements. Lorsque je vais en visite pastorale, je célèbre les mariages, je donne des confirmations, parfois je donne le sacrement d’eucharistie, parfois je baptise. Ce qui veut donc dire que le pasteur que je suis est appelé à donner des sacrements. Quand cela est nécessaire, j’ordonne des prêtres. Quand le couple présidentiel a éprouvé le besoin de se rapprocher de nous pour les sacrements de baptême, de première communion et de confirmation, il nous a demandé de lui envoyer un ou deux prêtres pour préparer ces enfants à la réception des sacrements. La demande m’a été notifiée au mois de janvier 2006 ; et j’ai détaché deux prêtres qui, pendant 11 mois et demi, se sont rendus régulièrement pour la préparation enfants aux sacrements. Ils avaient des livres de catéchisme et ces enfants, je peux vous l’assurer, étaient assidus à la doctrine qui les préparait au baptême, à la première communion et à la confirmation. Non seulement ils étaient assidus, mais au terme de cette préparation, on les a soumis à un examen et, appliqués qu’ils étaient, ils ont été admis. Et c’est après cela que leurs parents ont organisé la célébration des sacrements dans une chapelle aménagée à cet effet. Cérémonie au cours de laquelle ils ont invité des proches et des pasteurs, le nonce apostolique, des prêtres et autres. Donc tout s’est fait selon la pratique normale à l’Eglise. Un chrétien ou bien un parent qui veut faire recevoir des sacrements à ses enfants s’approche d’un prêtre et lui demande de préparer ces enfants à la réception de ces sacrements. Le temps de préparation a été tout à fait respecté et les enfants ont subi un examen qu’ils ont réussi. La préparation spirituelle a été faite, ils ont pris part à la fête, ils se sont confessés et ils ont reçu leur baptême, leur première communion et leur confirmation. C’est dire que ces parents ont montré que Dieu avant tout. Et c’était aussi pour eux et pour nous une profession de foi. Et chrétiens qu’ils sont, ils ont voulu accompagner leurs enfants dans cette église et que montré à leurs enfants où eux-mêmes sont des membres réguliers puisque ils ont communié comme ils l’ont fait par le passé et comme ils feront encore à l’avenir. Donc quand un chrétien vit et manifeste sa foi, nous devons plutôt l’en féliciter.

A ce rythme, beaucoup de chrétiens risquent de se bousculer à votre bureau pour cela. En un mot, est-ce que vous vous considérez comme un prince de l’église proche du pouvoir ?

Le prêtre ou le pasteur que je suis a des missions envers le peuple. Quand, dans l’épître aux Romains, Saint Paul dit que ”tout pouvoir vient de Dieu”, cela veut dire que l’autorité du prince, c’est l’autorité qui lui vient de Dieu. Je dois respecter le prince. Et le même apôtre Paul dit dans l’épître à Tite que nous devons prier pour nos gouvernants. Quand une autorité exerce sa mission dans un pays, cette autorité doit savoir que son pouvoir vient de Dieu. Que ce soit le maire, le préfet, le gouverneur ou le président, ces personnes doivent savoir que leur pouvoir vient de Dieu et nous devons respecter cette autorité. Et non seulement nous devons respecter cette autorité, mais nous devons aussi prier pour nos gouvernants afin qu’ils accomplissent leurs missions en toute honnêteté, toute sagesse et dans le respect de Dieu, pour le bonheur du peuple. Parce que, parfois, on dit toujours l’Eglise a [pactisé] avec l’autorité politique.

 
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